Nouvel ambassadeur national de l’Unicef Cameroun, Emmanuel Eseme entend faire de son engagement un véritable levier de transformation sociale. À travers la Fondation Eseme Alobwede (EAFoundation), il mise sur le sport, l’éducation et la protection de l’environnement pour encourager la scolarisation des enfants, sensibiliser les parents et révéler les talents dans les communautés défavorisées. Une démarche qui ambitionne de dépasser les discours pour apporter des réponses concrètes aux difficultés des enfants camerounais, confrontés notamment à la pauvreté, aux crises sécuritaires et aux changements climatiques.
Pour Emmanuel Eseme, l’engagement en faveur des enfants ne doit pas se limiter aux campagnes de sensibilisation. Il doit surtout se traduire par des initiatives concrètes, capables de transformer leur quotidien et de leur offrir de meilleures perspectives d’avenir.

Cette conviction constitue le fondement de son engagement au sein de la Fondation Eseme Alobwede, dont l’objectif est de contribuer au développement des capacités des jeunes.
« Le but de notre fondation, c’est de développer la capacité des enfants. Beaucoup de jeunes ont du potentiel », explique-t-il.
Fort de ses expériences et de ses déplacements dans plusieurs pays africains, notamment au Cameroun, au Nigeria, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, le nouvel ambassadeur dit avoir été marqué par les nombreuses potentialités observées chez les jeunes.
« J’ai fait quelques pays et j’ai réalisé que le Cameroun, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, il y a beaucoup de talents », souligne-t-il.
Pour lui, ce potentiel mérite d’être accompagné et valorisé à travers des programmes adaptés aux réalités des différentes communautés.
Le sport, l’éducation et l’environnement comme leviers d’action
Pour concrétiser cette ambition, Emmanuel Eseme entend s’appuyer sur trois domaines essentiels : le sport, l’éducation et la protection de l’environnement.
« Nous encourageons le développement du sport, nous encourageons l’éducation, nous encourageons la protection de l’environnement », précise-t-il.
Cette approche repose sur la conviction que l’épanouissement des enfants ne dépend pas uniquement de leur accès à l’école, mais également des possibilités qui leur sont offertes pour développer leurs aptitudes physiques, intellectuelles et citoyennes.
EAFoundation entend ainsi intervenir directement dans les communautés, particulièrement dans les zones où les difficultés économiques peuvent compromettre la scolarisation des enfants.
Sensibiliser les parents pour combattre les obstacles à la scolarisation
Dans certaines localités, les contraintes économiques conduisent des parents à privilégier les activités immédiatement rémunératrices au détriment de la scolarisation de leurs enfants.
Le travail aux champs et les petites activités génératrices de revenus peuvent ainsi prendre le dessus sur la fréquentation scolaire.
Face à cette réalité, Emmanuel Eseme préconise une démarche inclusive, qui associe aussi bien les enfants que leurs parents.
« Nous partons dans ces zones pour sensibiliser non pas seulement les enfants, mais aussi les parents », insiste-t-il.
L’enjeu est de faire comprendre aux familles que l’éducation constitue un investissement essentiel pour l’avenir de leurs enfants, même lorsque les retombées économiques ne sont pas immédiates.
Des activités incitatives pour encourager la réussite scolaire
Au-delà des messages de sensibilisation, EAFoundation mise sur l’organisation d’activités concrètes pour motiver les enfants et encourager leur maintien dans le système éducatif.
L’une des stratégies évoquées par Emmanuel Eseme consiste à associer les récompenses à la progression scolaire des bénéficiaires.
« Nous organisons des activités pour que les vainqueurs aient des récompenses, si et seulement s’ils parviennent à être promus au niveau supérieur », explique-t-il.
Il s’agit ainsi de créer une dynamique dans laquelle les performances et les efforts scolaires deviennent des facteurs de motivation pour les enfants, mais aussi pour leurs familles.
Le promoteur de cette initiative affirme avoir déjà observé des changements encourageants dans certaines communautés où cette approche a été expérimentée.
« Cette semaine où il y avait cette condition, les parents ont envoyé les enfants à l’école. Ils ont insisté pour que les enfants aillent à l’école », rapporte-t-il.
Un résultat qu’il considère comme un signe positif de l’efficacité d’une démarche qui responsabilise les parents et place l’intérêt de l’enfant au centre des initiatives communautaires.
Une ambition qui vise toutes les régions du Cameroun
Fort de ces premières expériences, Emmanuel Eseme souhaite désormais étendre cette approche à l’ensemble du territoire national.
Son ambition est de multiplier les initiatives dans les différentes régions du Cameroun afin de toucher davantage d’enfants et de familles.
« Si on continue à le faire dans toutes les différentes régions du Cameroun, on aura beaucoup plus d’enfants qui partent à l’école », projette-t-il.
Cette perspective traduit sa volonté de faire du sport, de l’éducation et de la protection de l’environnement des instruments de transformation sociale, particulièrement dans les communautés les plus vulnérables.
Dans un pays où de nombreux enfants restent exposés aux conséquences de la pauvreté, des crises sécuritaires et des changements climatiques, l’enjeu est de développer des réponses qui tiennent compte des réalités locales.
Faire de la sensibilisation un véritable bénéfice pour les enfants
Pour le nouvel ambassadeur national de l’Unicef Cameroun, la réussite de son engagement se mesurera avant tout à ses retombées sur la vie des bénéficiaires.
Il ne s’agit donc pas uniquement de transmettre des messages, mais de mettre en place des mécanismes permettant aux enfants de bénéficier directement des actions entreprises en leur faveur.
Une vision qu’il résume en insistant sur la nécessité d’aller au-delà de la sensibilisation :
« Tout ça va contribuer non pas seulement à une sensibilisation, mais aussi à une activité qui soit à leur bénéfice ».
À travers cette démarche, Emmanuel Eseme entend contribuer à bâtir un environnement dans lequel chaque enfant peut accéder à l’éducation, développer ses talents et disposer des opportunités nécessaires pour construire son avenir.
Reste désormais le défi de la continuité et de l’élargissement de ces initiatives, afin que cet engagement se traduise par des changements durables et mesurables dans toutes les régions du Cameroun.
Judith Ndongo Ngoubè
