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Peace Bus Association : La presse embarquée pour combattre les violences scolaires et bâtir la paix

Face à la montée des violences en milieu scolaire et familial au Cameroun et en Afrique, Peace Bus Association entend faire de l’éducation à la paix une réponse durable. À la faveur d’une concertation stratégique avec les professionnels des médias le 28 Octobre 2026, Viviane Clémence Nguimeya Demefack ambitionne de transformer les journalistes en véritables acteurs de prévention, de sensibilisation et de construction d’une culture de paix.

La violence s’installe progressivement dans les espaces censés protéger et éduquer les enfants. Coups, injures, harcèlement, humiliations, agressions et violences basées sur le genre constituent désormais des préoccupations majeures pour les communautés éducatives. Au Cameroun, comme dans plusieurs pays africains, cette réalité interpelle parents, enseignants, responsables éducatifs et acteurs de la société civile.

C’est dans ce contexte que Peace Bus Association inscrit son action. L’organisation fait le pari d’une transformation sociale qui commence au sein de la famille et se consolide à l’école. Sa conviction est simple : la paix ne peut être durable si elle n’est pas enseignée, pratiquée et vécue au quotidien.

Loin des discours théoriques, l’association privilégie une approche préventive fondée sur l’éducation, le dialogue, le respect des droits humains et la gestion pacifique des conflits. Il s’agit notamment d’apprendre aux enfants à exprimer leurs émotions sans violence, aux parents à privilégier le dialogue et aux enseignants à promouvoir une discipline respectueuse de la dignité de chaque apprenant.

Un guide pratique pour faire de l’éducation à la paix une réalité

Au cœur de cette dynamique figure l’ouvrage intitulé « Éducation à la paix et aux droits de l’homme en milieu scolaire : Guide des méthodes et activités ».

Ce document se veut un instrument pédagogique au service des enseignants, des parents et de tous les acteurs de l’encadrement des enfants. Il propose des méthodes concrètes et accessibles pour installer progressivement des comportements pacifiques dans les établissements scolaires.

Parmi les approches mises en avant figurent les « 5 minutes de la paix », la discipline sans violence, la communication non violente et les techniques de résolution pacifique des conflits.

L’intérêt de cette démarche réside dans son caractère pratique. La paix cesse d’être une notion abstraite pour devenir un apprentissage quotidien, à travers des gestes, des attitudes et des pratiques éducatives.

Mais encore faut-il que cet outil dépasse les frontières du livre et atteigne les familles, les établissements scolaires et les communautés. C’est précisément à ce niveau que l’intervention des médias devient déterminante.

Journalistes et médias : passer du récit de la violence à la culture de la prévention

En convoquant les professionnels des médias à une concertation stratégique, Peace Bus Association fait un choix qui mérite une attention particulière. L’association reconnaît à la presse un pouvoir considérable dans la formation des consciences et l’évolution des comportements sociaux.

Trop souvent, les violences en milieu scolaire sont abordées sous l’angle du fait divers : une agression, une humiliation filmée, un enseignant pris à partie ou un élève victime de brutalités. Ces événements méritent naturellement d’être rapportés. Cependant, informer ne devrait pas se limiter à exposer le drame et à susciter l’indignation.

Le véritable enjeu est aussi de questionner les causes, d’expliquer les mécanismes de la violence, de donner la parole aux spécialistes et de mettre en lumière les initiatives qui produisent des résultats.

C’est cette évolution du traitement médiatique que souhaite encourager Peace Bus Association : faire de l’information un instrument de prévention et d’éducation à la paix.

La radio pourrait ainsi diffuser des capsules de sensibilisation dans les langues locales. La télévision pourrait valoriser les établissements scolaires qui développent des mécanismes de médiation et de dialogue. La presse écrite et numérique pourrait consacrer des chroniques aux droits de l’enfant, à la responsabilité parentale et aux pratiques éducatives non violentes.

Autrement dit, le journaliste n’est plus seulement celui qui raconte les conséquences de la violence. Il devient aussi celui qui contribue à prévenir son apparition.

Une concertation pour construire un réseau durable de journalistes engagés

L’ambition de Peace Bus Association ne se limite pas à obtenir une couverture médiatique ponctuelle autour de la dédicace du guide. L’association entend inscrire cette mobilisation dans une démarche structurée et pérenne.

La concertation ainsi envisagée doit permettre de bâtir un réseau de journalistes engagés pour la promotion de l’éducation à la paix. Une telle dynamique suppose une coordination, un mécanisme de partage d’informations, un calendrier d’activités et un dispositif d’évaluation des engagements.

L’objectif est de passer de la sensibilisation occasionnelle à une véritable collaboration entre les médias et les acteurs de la promotion de la paix.

Chaque professionnel de la presse est ainsi appelé à devenir un relais actif de cette cause, avec des responsabilités et des actions concrètes. Une manière de donner du contenu à l’engagement citoyen des médias et de renforcer leur contribution à la prévention des violences scolaires et familiales.

Une initiative camerounaise aux enjeux profondément africains

Si cette mobilisation prend forme dans le contexte camerounais, les problématiques soulevées dépassent largement les frontières nationales.

Dans plusieurs sociétés africaines, l’école et la famille subissent les effets de tensions sociales, de fragilités éducatives, de crises d’autorité et de discours haineux amplifiés par les réseaux sociaux. La banalisation de la violence comme moyen de règlement des différends constitue également un défi majeur.

Dans ce paysage, promouvoir l’éducation à la paix revient à agir sur les racines des conflits sociaux dès le plus jeune âge.

Les thématiques portées par Peace Bus Association sont, à cet égard, particulièrement révélatrices : prévention des violences scolaires et familiales, protection des droits de l’enfant, responsabilité parentale, lutte contre le harcèlement et promotion de la communication non violente.

Ces préoccupations appellent une mobilisation collective dans laquelle les médias ont toute leur place.

Faire de la paix une pratique quotidienne, et non un simple slogan

Au fond, l’initiative de Peace Bus Association pose une question essentielle : quelle société voulons-nous construire si les lieux d’apprentissage et de socialisation deviennent eux-mêmes des espaces de violence ?

La réponse ne peut reposer uniquement sur les sanctions ou les discours de condamnation. Elle exige un travail de fond sur les mentalités, les comportements et les pratiques éducatives.

En associant les journalistes à la promotion de son guide, Mme Viviane Clémence Nguimeya Demefack et Peace Bus Association ouvrent une perspective intéressante : celle d’une presse qui ne se contente pas de documenter les fractures sociales, mais qui participe également à leur résorption.

Car la paix commence dans les gestes les plus ordinaires : une parole respectueuse, une écoute attentive, une sanction non violente, un conflit résolu par le dialogue.

Faire de la presse une alliée de cette transformation est donc plus qu’une stratégie de communication. C’est un choix de responsabilité sociale.

La paix ne se décrète pas. Elle s’apprend, se transmet et se construit. Et si les médias devenaient l’une de ses plus grandes écoles ?

Judith Ndongo Ngoubè

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