À l’occasion de la 9ᵉ édition du World Clean Up Day, organisée par le groupe CFAO, acteurs publics, entreprises, associations et artisans se sont retrouvés autour d’un même enjeu : donner une seconde vie aux déchets plastiques. Au terme d’une visite guidée des différents stands le 17 Septembre 2026 au centre commercial Playce à Yaoundé, le constat est partagé : le Cameroun progresse dans la collecte, le recyclage et surtout la valorisation du plastique, même si d’importants défis restent à relever.
La visite guidée des stands aura permis de mesurer concrètement les avancées réalisées dans le domaine de la gestion et de la valorisation des déchets plastiques au Cameroun.
Pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, représenté par M. Hamadjoda, sous-directeur chargé de la gestion des déchets et des produits chimiques toxiques et dangereux, les efforts engagés commencent à produire des résultats visibles.
« Le ministère de l’Environnement, c’est une satisfaction. C’est une réelle satisfaction », a-t-il souligné, estimant que les initiatives observées sur le terrain témoignent du chemin parcouru par les différents acteurs du secteur.
À travers les objets et produits présentés dans les stands, le responsable a également salué « l’ingéniosité des Camerounais » et leur volonté de s’attaquer à la problématique de la pollution plastique.

Le plastique, désormais perçu comme une ressource
Au-delà de la simple collecte des déchets, c’est surtout le changement de paradigme qui semble retenir l’attention.
Pour Maximilien Yves Ze, directeur adjoint de la Bourse nationale des déchets, la visite a permis de constater « énormément de progrès dans le domaine de la transformation et du recyclage du plastique ».
Upcycling, objets issus de plastique valorisé, créations artisanales : les initiatives présentées montrent, selon lui, que les acteurs de l’écosystème commencent à considérer le déchet plastique autrement.
L’objectif est désormais de dépasser la seule logique d’assainissement pour entrer dans une démarche de valorisation et de transformation. Une évolution qui s’inscrit pleinement dans le concept d’économie circulaire, où les déchets deviennent des matières susceptibles d’intégrer de nouveaux cycles de production.
« Le déchet a désormais une valeur économique », a rappelé le directeur adjoint de la Bourse nationale des déchets. Pour cette structure, cette nouvelle perception ouvre également la voie à la structuration d’un véritable marché du déchet.
Le tri, un défi encore majeur
Si les progrès sont visibles, les acteurs rencontrés ne minimisent pas les difficultés qui persistent.
Parmi elles, figure en bonne place la question du tri des déchets. Pour Maximilien Yves Ze, la sensibilisation demeure indispensable, notamment parce que la qualité du tri conditionne directement les possibilités de valorisation.
La sensibilisation doit donc être permanente et concerner l’ensemble de la chaîne : ménages, établissements scolaires, associations, entreprises et autres acteurs de l’écosystème.
La promotion des activités de transformation constitue, elle, une étape complémentaire. Il s’agit désormais de faire connaître davantage les initiatives existantes et d’encourager leur développement.
CFAO mise sur la mobilisation de l’écosystème
Pour le groupe CFAO, cette dynamique constitue précisément l’un des objectifs du World Clean Up Day, dont l’édition actuelle marque la neuvième année.
Selon la Responsable Marketing et Communication, l’initiative était à l’origine davantage centrée sur les opérations de nettoyage, notamment des drains à Douala. Après l’installation du groupe à Yaoundé en 2019, les activités ont progressivement évolué.
« Depuis l’année dernière on a instauré cette plateforme, cette exposition de trois jours, où on donne la visibilité à des associations, à des entreprises puisque ça concerne tout le monde. Cette année, on est très heureux parce qu’on a le ministère de l’environnement », signale Florence Etong Ngome.
Producteurs, distributeurs, recycleurs et organisations de la société civile sont ainsi invités à prendre part à cette dynamique et à montrer que le déchet plastique peut connaître « une seconde vie ».

Des acteurs de plus en plus nombreux
Cette édition bénéficie notamment de la présence du ministère de l’Environnement et de la Bourse nationale des déchets, aux côtés de plusieurs entreprises et associations engagées dans la filière.

Des structures telles que Eco Green, ICRAFON et d’autres acteurs du recyclage et de la valorisation participent à cette exposition, aux côtés d’associations venues présenter des solutions parfois particulièrement créatives.
Pour CFAO, l’enjeu est justement de créer une plateforme où les différentes composantes de l’écosystème peuvent se rencontrer, présenter leurs initiatives et contribuer à une prise de conscience collective.

Une dynamique à amplifier
À l’issue de la visite, le message des différents intervenants converge vers une même nécessité : poursuivre et amplifier les efforts.
Le représentant du ministère appelle d’autres acteurs à rejoindre cette dynamique afin d’intensifier la collecte et le recyclage des déchets plastiques, qui constituent un enjeu environnemental et sanitaire.
La Bourse nationale des déchets insiste, de son côté, sur la nécessité de faire progresser simultanément la sensibilisation, le tri et la transformation.
Quant à CFAO, l’entreprise entend continuer à offrir de la visibilité aux initiatives qui contribuent à cette transition.
Les réalisations présentées lors de cette édition montrent ainsi qu’au Cameroun, le plastique usagé n’est plus seulement considéré comme un problème à éliminer. Il commence aussi à être perçu comme une matière à valoriser, une ressource et une opportunité pour l’économie circulaire.
Judith Ndongo Ngoubè
