RDUE et cacao : Le Congo sollicite l’appui du Cameroun pour une filière conforme

Dans le cadre de la lutte contre le commerce illégal du cacao et de la mise en conformité des petits producteurs au Règlement zéro déforestation de l’Union Européenne (RDUE), le Forum pour la Gouvernance et les Droits de l’Homme (FGDH), appelle à une collaboration renforcée entre les Organisations de la société civile congolaises et celles du Cameroun. Cette initiative s’appuie sur des données de terrain révélant des dysfonctionnements dans la production et la commercialisation du cacao en Afrique centrale

Le Forum pour la Gouvernance et les Droits de l’Homme indique disposer de données issues du terrain, issues d’une étude sur le flux transfrontalier sur le cacao, mettant en évidence des pratiques contraires aux exigences du RDUE. Ces données font état de failles dans la traçabilité, de circuits informels et de cacao issus de zones à risque de déforestation, exposant la filière à des sanctions et à une perte de crédibilité sur le marché européen.

Entre 2015 et 2020, les quantités de cacao exportées vers le Cameroun s’élèvent à 43%, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FA0).

« Près de la moitié du cacao congolais traverse illégalement la frontière pour être recyclé au niveau du Cameroun. C’est donc un flux illicite du cacao congolais vers le Cameroun, ce qui est contraire au Règlement européen sur les produits issus de la déforestation ; qui exige que le cacao de chaque pays qui exporte vers l’Union Européenne soit bien tracé et respectent toutes les lois du pays », révèle Maixent Fortunin Agnimbat Emeka, expert au FGDH.  

Le caractère transfrontalier du commerce illégal du cacao

Selon le FGDH, le commerce illégal du cacao dépasse les frontières nationales, rendant toute réponse strictement nationale insuffisante. Les flux transfrontaliers non contrôlés entre la République populaire du Congo et le Cameroun par exemple constituent un défi majeur, nécessitant une approche concertée des acteurs de la société civile des deux pays.

Mutualiser les efforts pour renforcer la conformité au RDUE

La collaboration souhaitée vise à mutualiser les données, partager les alertes de terrain et harmoniser les stratégies de plaidoyer. L’objectif est d’appuyer les efforts de mise en conformité du RDUE, tout en protégeant les petits producteurs engagés dans des pratiques durables et responsables.

« La société civile congolaise doit collaborer avec la société civile camerounaise pour endiguer ce phénomène qui nuit à nos deux pays, en ternissant l’image du cacao camerounais et provoque une perte de revenus pour la République du Congo », souligne l’expert

Un plaidoyer pour une filière cacao durable en Afrique centrale

A travers cet appel, la société civile congolaise entend contribuer à la construction d’une filière cacao plus transparente, durable et respectueuse des forêts en Afrique centrale. La coopération avec les organisations camerounaises apparaît comme un levier essentiel pour lutter efficacement contre la destruction et le commerce illicite.

Judith Ndongo Ngoubè  

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