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Yabassi : AGESPRO fait battre le cœur de la solidarité à Ndogbélé

À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, l’Association Un Geste pour mon Prochain (AGESPRO), avec l’appui de l’ONG La Samaritaine et de la Fondation Graines de Baobab, a distribué des kits scolaires aux élèves vulnérables de deux établissements publics de Ndogbélé. Une action qui a suscité la reconnaissance des autorités et des communautés locales.

À Ndogbélé, dans l’arrondissement de Yabassi, la rentrée scolaire a pris des airs de fête le 11 septembre 2026. Au sein de la paroisse Antioche de Ndogbélé, des élèves des écoles publiques Caïman et CEBEC, issus de familles vulnérables ont reçu des kits scolaires dans le cadre de l’opération « Un cahier – Un livre », portée par l’Association Un Geste pour mon Prochain (AGESPRO).

La cérémonie, qui a connu la présence du représentant du Sous-préfet de Yabassi, du délégué départemental des Affaires sociales pour le Nkam, des autorités traditionnelles et religieuses, ainsi que de nombreux parents et enseignants, a été marquée par une forte émotion et une réelle satisfaction des bénéficiaires.

Un geste qui soulage les familles

Pour de nombreux parents, la rentrée scolaire constitue une période particulièrement éprouvante sur le plan financier. L’achat des cahiers, livres, stylos et autres fournitures peut devenir un véritable obstacle à la scolarisation des enfants.

C’est précisément pour répondre à cette réalité qu’AGESPRO et ses partenaires ont choisi de porter leur action vers les zones rurales.

Le représentant du Sous-préfet de Yabassi, Zibi Josué Cédric, premier adjoint au Sous-préfet, n’a pas manqué de saluer cette initiative.

« Nous sommes particulièrement heureux de constater qu’une association a pensé aux élèves vulnérables de deux établissements de notre arrondissement. Ce geste, empreint de générosité, mérite d’être salué et encouragé ».

Pour l’autorité administrative, l’initiative revêt une importance particulière dans la mesure où elle contribue à réduire la pression financière qui pèse sur certaines familles au moment de la rentrée.

« Certains enfants n’ont parfois même pas de quoi écrire. Grâce à ces kits, ils peuvent bénéficier, au même titre que les autres élèves, de meilleures conditions pour poursuivre leur cursus scolaire ».

Les autorités encouragent AGESPRO à poursuivre son action

Au-delà du don de fournitures scolaires, la cérémonie a permis aux autorités locales de découvrir les autres domaines d’intervention d’AGESPRO, notamment la promotion de la femme.

Le représentant du Sous-préfet a ainsi tenu à féliciter la présidente fondatrice de l’association pour son engagement sur plusieurs fronts sociaux.

« Nous avons également appris que l’association intervient dans la promotion de la femme. Dans le contexte actuel marqué par la recrudescence des féminicides et les différentes formes de discrimination dont les femmes continuent d’être victimes, nous saluons ce combat ».

L’autorité administrative souhaite désormais voir ces initiatives se multiplier dans l’ensemble de l’arrondissement.

« Qui dit merci en redemande encore plus. Nous souhaitons que ces actions se multiplient et continuent de se diversifier dans l’ensemble de l’arrondissement, au bonheur des élèves de notre circonscription ».

Un appel qui prend tout son sens lorsqu’on sait que, pour les autorités locales, l’éducation demeure le socle du développement.

« L’éducation, surtout au niveau de base, est le socle qui permet de bâtir l’avenir. Ces enfants sont l’avenir de la nation et c’est grâce à eux que nous pourrons relever les défis de demain ».

« Les enfants de la zone rurale ont encore plus de besoins »

Pour la présidente fondatrice d’AGESPRO, le choix de Yabassi et plus particulièrement de Ndogbélé n’est pas le fruit du hasard.

L’association avait jusqu’ici mené une grande partie de ses activités en milieu urbain. Mais une réflexion interne a conduit ses responsables à s’intéresser davantage aux populations rurales.

« L’association Un Geste pour mon Prochain a très souvent travaillé dans le centre urbain. À un moment, nous nous sommes dit que les enfants qui sont au centre urbain ont certes des besoins, mais que ceux qui vivent en zone rurale en ont encore davantage. Nous avons voulu venir apporter à ces enfants le sourire que nous apportons souvent ailleurs », a souligné Régine Ndjiki Botol.

C’est donc dans cette logique que les écoles publiques Caïman et CEBEC de Ndogbélé ont été retenues pour cette édition 2026.

 Et au terme de la cérémonie, la présidente fondatrice d’AGESPRO se dit satisfaite.

« Je suis une présidente fondatrice heureuse parce que j’ai vu les enfants sourire. Ils ont reçu un cahier, un Bic, et ils ont souri. Les parents aussi ont souri. Cela m’a profondément touchée et je me suis dit qu’AGESPRO avait atteint son objectif », s’en réjouit-elle.

Une fille du terroir au chevet de sa communauté

La cérémonie a également pris une dimension particulière lorsque les autorités ont découvert les liens de la présidente fondatrice avec la localité.

Originaire de Yabassi et de Ndogbélé, celle-ci assume désormais une responsabilité supplémentaire vis-à-vis de sa communauté d’origine.

« Je suis une digne fille de Yabassi et de Ndogbélé. Le Sous-préfet et les différentes autorités présentes ont découvert que j’étais une fille du terroir. La responsabilité est donc encore plus lourde. Dorénavant, lorsque je penserai à une ville ou à un village, je devrai également penser à Ndogbélé et à Yabassi de manière générale », reconnait-elle.

Une promesse est d’ailleurs faite : celle de revenir à Yabassi avec d’autres projets.

L’excellence comme mot d’ordre

Au-delà de la fourniture du matériel scolaire, AGESPRO a également appelé les bénéficiaires à faire bon usage des dons reçus.

La présidente fondatrice a insisté sur la discipline, l’obéissance et surtout le travail. Un message qui semble déjà avoir trouvé écho auprès des enfants. Les élèves promettent de travailler pour être parmi les meilleurs. Dans leurs mots d’enfants, les bénéficiaires ont exprimé leur joie et leur détermination. Léon Lavoisier, élève du Cours Moyen Première année à l’école CEBEC, âgé de presque 10 ans, ne cache pas sa satisfaction.

« Je suis content d’avoir reçu les cahiers. Je promets de bien travailler à l’école et d’être parmi les meilleurs. Je veux être parmi les cinq premiers », a-t-il lancé avec conviction.

Même enthousiasme chez Naelle, qui va en classe de 6e.

« Je me sens bien après avoir reçu ces cahiers. Je souhaite que Dieu donne encore des cahiers à ceux qui en ont besoin et que ces dons continuent chaque année », dit la jeune fille.

Des paroles simples, mais révélatrices de l’impact immédiat du geste posé par les donateurs.

Dans les écoles, une reconnaissance unanime

Du côté des enseignants, la satisfaction est également manifeste.

M. Ilandi Gabriel, enseignant et directeur adjoint à l’école publique Caïman de Ndogbélé, estime que les dons sont arrivés à point nommé.

« Je suis comblé de joie. Nos enfants ont été gâtés, comme on dit souvent au quartier. Ils ont reçu des cahiers et des stylos, parfois pour certains qui n’en avaient pas. Ces fournitures sont arrivées au bon moment, car les parents peinent eux-mêmes à acheter les fournitures scolaires ».

Il formule un vœu : que les bienfaiteurs continuent à penser aux enfants de Ndogbélé.

« Nous prions Dieu de continuer à soutenir ces âmes de bonne volonté qui ont pensé à nous ici à Ndogbélé », a-t-il souhaité.

Même son de cloche du côté de la direction de l’école CEBEC. La responsable de l’établissement remercie AGESPRO tout en attirant l’attention sur d’autres besoins urgents.

« Nous sommes très heureux de cette journée. Nous souhaitons que cette action perdure, à Yabassi comme ailleurs, car beaucoup d’enfants ont encore besoin de soutien », a déclaré Michelle Ngom, Epouse Songo’o.

Parmi les principales difficultés évoquées figurent notamment le manque de bancs et d’infrastructures scolaires.

« Nous avons un problème de bancs scolaires et de bâtiments. L’effectif ne cesse de croître, ce qui nous oblige parfois à avoir des classes jumelées avec des effectifs pléthoriques. Si nous pouvions bénéficier, à terme, de quelques bâtiments, voire d’un seul, cela nous aiderait énormément », a-t-elle précisé.

La Samaritaine élargit son champ d’action

Partenaire de cette opération, l’ONG La Samaritaine entend également inscrire son engagement dans une dynamique de solidarité envers les personnes vulnérables.

Son coordonnateur général des activités à l’échelle internationale, Youssoupha Hamadama, explique que l’organisation, créée en France et désormais présente dans plusieurs pays africains, intervient traditionnellement dans l’assistance sociale, notamment en faveur des femmes en difficulté.

« La Samaritaine est une association à but non lucratif qui intervient dans l’assistance sociale et l’accompagnement des personnes en difficulté, plus particulièrement des femmes. Nous sommes présents dans plusieurs pays africains, notamment au Maroc, au Togo, au Ghana, au Sénégal et au Cameroun », a-t-il précisé.

L’année 2026 marque cependant une évolution dans son approche.

« Nous avons décidé d’élargir notre champ d’action au-delà des femmes que nous assistions traditionnellement, afin de prendre également en compte les enfants et leurs besoins », a-t-il expliqué.

L’association a notamment accompagné des femmes en difficulté à travers plusieurs projets générateurs de revenus.

« Douze projets ont été retenus, avec des financements allant de 100 000 à 1 million de francs CFA. À ce jour, environ 85 % de ces projets ont déjà été mis en œuvre », a révélé le Coordonnateur national.

Avec la rentrée scolaire, La Samaritaine a également pensé aux enfants des femmes vulnérables, notamment dans les régions affectées par la crise sociopolitique.

« Nous avons assisté des femmes veuves ou abandonnées par leurs maris, ainsi que celles qui ont perdu leur conjoint dans la crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En les accompagnant, nous ne pouvions pas oublier leurs enfants qui devaient eux aussi aller à l’école », selon le responsable de l’ONG au Cameroun.

AGESPRO, un partenaire naturel

Pour Youssoupha Hamadama, l’engagement d’AGESPRO correspond pleinement aux valeurs défendues par La Samaritaine.

« AGESPRO fait partie de ces associations qui s’engagent aux côtés des personnes en difficulté et qui viennent en aide à ceux qui en ont besoin. La mobilisation observée ici est une preuve qu’AGESPRO est proche des populations vulnérables ».

Il assure que La Samaritaine entend poursuivre cet accompagnement.

Aux côtés de l’AGESPRO et La Samaritaine, la Fondation Graines de Baobab, présidée par le Révérend Paul Emmanuel Ntap Ekoue, participe à cette dynamique collective visant à réduire les difficultés matérielles auxquelles certaines familles sont confrontées à l’occasion de la rentrée scolaire. Son soutien témoigne surtout d’une conviction partagée: investir dans l’éducation des enfants, c’est investir dans l’avenir des communautés.

Cette collaboration ouvre également la voie à de nouvelles actions communes, susceptibles de renforcer l’accompagnement des enfants et des populations vulnérables dans les localités où les besoins demeurent importants.

Au-delà des cahiers, un message d’espoir

À Ndogbélé, l’opération « Un cahier – Un livre » aura donc dépassé le simple cadre d’une distribution de fournitures scolaires.

Elle aura permis de rapprocher les associations des populations rurales, de mettre en lumière les difficultés auxquelles sont confrontées certaines écoles et de rappeler que l’éducation demeure une responsabilité collective.

Pour AGESPRO et ses partenaires, le pari est désormais de transformer ce premier geste en une dynamique durable.

À travers un cahier, un livre, un Bic ou un banc scolaire, c’est en réalité une part d’avenir que les acteurs de cette chaîne de solidarité souhaitent offrir aux enfants de Ndogbélé.

À Yabassi, le sourire des enfants aura finalement été le meilleur indicateur de réussite de cette édition 2026.

Judith Ndongo Ngoubè

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