L’installation solennelle le 21 Juin 2026, du nouveau Bureau Exécutif de l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun (UEBC) chapeauté par Raphaël Ziloua Zoumvouta, dépasse largement la cadre d’une simple cérémonie administrative ou ecclésiastique. Après plusieurs années de crise ayant fragilisé la cohésion interne de cette importante communauté chrétienne, ce culte revêt une portée symbolique, spirituelle et sociale majeure. Placée sous le signe de la réconciliation, la cérémonie a rappelé que la paix demeure la condition essentielle de toute reconstruction durable, qu’elle soit institutionnelle, communautaire ou nationale
Le choix du texte biblique tiré de l’Evangile selon Matthieu n’avait rien d’anodin. En proclamant : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu », le prédicateur, Jacques Réné Balehen, a replacé la réconciliation au cœur même du message chrétien.
Dans une société où les divisions, les incompréhensions et les conflits peuvent fragiliser les institutions, ce rappel apparaît comme une invitation à privilégier le dialogue plutôt que l’affrontement.
Au-delà des murs de l’église, ce message trouve un écho particulier dans un contexte où la cohésion sociale demeure un enjeu majeur.
Tourner la page sans oublier les leçons du passé
Toute crise laisse des traces. L’UEBC n’échappe pas à cette réalité. Toutefois, l’installation d’un nouveau Bureau Exécutif marque la volonté collective de regarder vers l’avenir sans nier les épreuves traversées.
La prière consacrée à la nouvelle mandature a traduit l’espoir de voir émerger un leadership capable de rassembler, d’écouter et de restaurer la confiance entre les différentes composantes de l’institution.
« Nous plaçons ce mandat sous le signe de la paix et de la réconciliation. Nous avons traversé un moment assez difficile, mais nous avons réussi à mettre sur pied un Bureau Exécutif. Nous en appelons donc à tous les enfants de l’UEBC afin que tous soient réconciliés et que nous puissions vivre la paix. Le temps de la guerre est terminé. Que chacun apporte du sien pour la construction de la paix et le développement de notre Eglise », a confié le président Raphaël Ziloua Zoumvouta ;
L’enjeu est désormais de transformer l’élan de réconciliation en actions concrètes au quotidien.




Une leçon pour les institutions et la société
La forte mobilisation observée lors de ce culte, avec la présence de nombreuses personnalités religieuses, administratives et politiques, ainsi que de membres du gouvernement, témoigne de l’intérêt accordé à cette dynamique de retour à la paix.
« Nous sommes les enfants de Dieu parce que nous recherchons la paix. La crise nous a permis de grandir, de mûrir, et nous allons travailler pour mettre des bases encore plus solides pour notre union, en invoquant le Saint Esprit, la parole de Dieu et en travaillant dans un esprits d’humilité, de communauté, de solidarité et de réconciliation. Le comité que nous avons mis en place a beaucoup travaillé dans le sens de mobiliser et rassurer tous ceux qui avaient perdu espoir », a relevé Erik Essoussè, président du Comité d’organisation.
A côté de cette sphère religieuse, l’événement rappelle que les institutions, quelles qu’elles soient, se renforcent lorsqu’elles privilégient le dialogue, la médiation et la recherche du consensus.
« Lorsque des hommes et des femmes choisissent la réconciliation plutôt que la division, ils ouvrent la voie à un avenir plus serein pour tous » a lancé un invité à l’issue de la cérémonie.
Cette leçon mérite d’être méditée bien au-delà du cadre de l’UEBC.

Une responsabilité historique pour le nouveau Bureau Exécutif
L’installation du nouveau Bureau Exécutif ne constitue pas un aboutissement, mais le point de départ d’une nouvelle étape. Les attentes des fidèles sont nombreuses : consolidation de l’unité retrouvée, renforcement de la gouvernance, restauration de la confiance et poursuite de la mission spirituelle de l’Eglise.
La réussite de cette mandature dépendra de la capacité des dirigeants à faire vivre les valeurs proclamées lors de ce culte solennel, à savoir paix, justice, écoute, pardon et fraternité.
« La réconciliation n’est pas un événement ponctuel. C’est un processus qui exige de la patience, de la persévérance et un engagement permanent », a rappelé un fidèle.
L’espérance d’une église renouvelée
En définitive, le bien-fondé de ce culte d’installation réside dans sa capacité à redonner un cap à une institution éprouvée par les divisions. En plaçant la réconciliation au centre de son message, l’UEBC envoie un signal fort à ses membres, mais également à l’ensemble de la société camerounaise.
Dans un contexte où les fractures semblent parfois prendre le dessus sur les rapprochements, cette célébration rappelle une vérité essentielle : aucune communauté ne peut durablement prospérer sans paix, et aucune paix véritable ne peut s’établir sans réconciliation.
L’UEBC ouvre ainsi une nouvelle page de son histoire. Une page que ses dirigeants et ses fidèles sont désormais appelés à écrire ensemble, dans l’unité retrouvée et la fidélité à leur mission spirituelle.
Judith Ndongo Ngoubè
