Du 11 au 13 Juin 2026, chercheurs, producteurs, organisations de la société civile, décideurs publics, partenaires techniques se retrouvent autour de l’atelier de présentation et de capitalisation des résultats du projet Réseau régional de la recherche multi-acteurs sur l’agroécologie en Afrique de l’Ouest et du Centre (RADIUS), mené au Cameroun par l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD). Au-delà de la simple restitution, cette rencontre est significative pour valoriser les connaissances produites, mesurer les impacts obtenus sur le terrain et préparer l’avenir de l’agroécologie dans une région confrontée à de multiples défis climatiques, environnementaux et alimentaires
Dans un contexte où les systèmes agricoles africains doivent répondre simultanément aux impératifs de productivité, de durabilité et de résilience, le projet RADIUS a misé sur une approche collaborative réunissant l’ensemble des acteurs du secteur agricole.
L’atelier de présentation des résultats offre ainsi une occasion unique de mettre en lumière les innovations développées dans les différents pays participants, les expériences réussies ainsi que les changements observés au sein des communautés bénéficiaires.
Pour le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le développement agricole (CORAF), cette étape est indispensable afin de démontrer la valeur ajoutée de la recherche participative dans l’accompagnement de la transition agroécologique.
« L’agroécologie est un concept avec beaucoup de pratiques et plus de 13 principes. L’agroforesterie se pratique déjà au Cameroun. Nous sommes en train de promouvoir les produits biofertilisants et les technologies développées sont durables, non dépendantes des produits chimiques, nocifs à la fois pour l’homme, les ravageurs et les plantes. Nous sommes en train de développer ces produits bio, à des prix accessibles », souligne Emmanuel Njukwe, Directeur de la Recherche et de l’Innovation au CORAF.
Capitaliser pour préserver et transmettre les savoirs
L’un des principaux objectifs de la rencontre est la capitalisation des acquis. Une démarche qui consiste à recueillir, analyser et documenter les expériences vécues tout au long du projet afin d’en tirer des enseignements utiles pour l’avenir.
Cette phase permet non seulement d’identifier les pratiques ayant favorisé l’adoption de solutions agroécologiques, mais également de mieux comprendre les contraintes rencontrées sur le terrain.
Les enseignements issus de cet exercice pourront servir de référence pour la conception de nouveaux projets et l’élaboration de politiques agricoles plus adaptées aux réalités locales.
« Les acteurs sont en train de mettre à échelle des innovations par exemple sur l’utilisation des plans de services dans la production, qui permet de gérer les bio agresseurs. Il y’a des pratiques d’introduction des légumineuses, pour renforcer la fertilité des sols. Il y’a également la promotion de la biodiversité à travers diverses associations culturales, des plantes répulsives qui peuvent permettre de gérer l’agression des insectes sur les bio agressions. L’agro écologie offre d’énormes opportunités aujourd’hui pour les bio pesticides, les bio intrants, qui favorisent l’entrepreneuriat des jeunes par exemple, qui s’engagent à offrir des produits comme les pesticides biologiques, qui peuvent être des bio stimulants pour la fertilité des sols, ou des bio insecticides pour la lutte contre les insectes dans les plantations », précise Fructueuse Ouidoh Agbodjogbe, Manager du projet RADIUS CORAF.


Donner une voix à tous les acteurs du changement
La spécificité du projet RADIUS réside dans son approche multi-acteurs. Producteurs, chercheurs, organisations paysannes, institutions publiques et partenaires au développement ont contribué ensemble à la production des résultats présents.
L’atelier constitue ainsi un espace de dialogue où chaque partie prenante peut partager son expérience, exprimer ses attentes et contribuer à la réflexion collective sur les perspectives de l’agroécologie.
Cette diversité d’acteurs enrichit les débats et favorise l’émergence de solutions adaptées aux réalités des territoires.
Renforcer l’influence de l’agroécologie dans les politiques publiques
A côté de la valorisation des résultats, la rencontre vise également à alimenter les réflexions stratégiques sur l’avenir de l’agriculture en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Les données stratégiques, les innovations testées et les enseignements tirés du projet constituent des outils précieux pour orienter les politiques publiques en faveur d’une agriculture plus résiliente et plus inclusive.
Les participants sont ainsi appelés à identifier les mécanismes permettant de renforcer l’intégration de l’agroécologie dans les stratégies nationales et régionales de développement agricole.
« L’objectif principal du projet est de diffuser les technologies et les innovations en agroécologie. Nous voulons renforcer les capacités de tous les acteurs, principalement les petits producteurs qui sont la cible. Parce que pour une transition agroécologique, nous devons commencer par la base, et montrer au petit producteur qu’il y’a des technologies et des innovations faciles d’usage, qu’ils peuvent adopter, et qui peuvent également leur permettre non seulement de protéger leur environnement, mais aussi de produire en quantité et en qualité. Avec le Minader, nous sommes en train d’élaborer une feuille de route pour la stratégie nationale d’agroécologie, déjà élaborée dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre », Affirme Eunice Golda Banièle Ndo, Point Focal RADIUS à l’IRAD Cameroun.

Construire les perspectives de demain
L’atelier de présentation et de capitalisation des résultats du projet RADIUS ne marque pas une fin, mais plutôt le début d’une nouvelle phase de réflexion et d’action.
Les échanges des 11, 12 et 13 Juin 2026 permettront d’identifier les opportunités de collaboration future, les axes prioritaires de recherche et les mécanismes nécessaires pour accélérer la transitions agroécologique dans la région.
Pour les acteurs réunis, l’enjeu est clair : faire en sorte que les connaissances produites au cœurs du projet continuent de nourrir l’innovation, d’influencer les politiques publiques et d’améliorer durablement les conditions de vie des producteurs.
A travers ce partage et cette capitalisation, RADIUS confirme sa contribution à l’émergence de systèmes alimentaires plus résilients, plus équitables et mieux adaptés aux défis du 21è siècle en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Judith Ndongo Ngoubè
