Le premier symposium national et table ronde pour l’action contre les maladies non transmissibles (MNT), à l’initiative de Reconciliation and Development Association (RADA), s’est ouvert à Yaoundé ce Mercredi 8 Avril 2026, dans un contexte marqué par la montée en puissance des pathologies liées à l’alimentation et aux changements de modes de vie. Cette rencontre de haut niveau de deux jours réunit décideurs publics, experts de santé, parlementaires et partenaires techniques autour d’un même objectif : renforcer les politiques nationales de prévention face à un enjeu sanitaire devenu majeur au Cameroun, où maladies cardiovasculaires, diabète et cancers représentent 43% des décès annuels
C’est le Coordonnateur du Secrétariat technique du Comité interministériel de lutte contre la malnutrition, service rattaché au premier ministère, représentant le Premier ministre, qui a procédé à l’ouverture officielle des travaux, en lieu et place du Premier ministre empêché.
Dans son intervention, il a rappelé l’urgence d’une réponse multisectorielle face à la progression des maladies non transmissibles, en soulignant que nutrition, prévention et gouvernance publique doivent désormais avancer de manière coordonnée.
Le Professeur Mbanya appelle à des décisions concrètes
Claude Mbanya, président du comité technique du symposium insiste sur la nécessité de transformer les données scientifiques en décisions politiques applicables.
Selon lui, le Cameroun fait face à une évolution rapide des habitudes alimentaires qui expose davantage les populations au diabète, à l’hypertension artérielle et aux maladies cardiovasculaires. Il est donc temps d’accélérer la mise en œuvre des mesures politiques nationales en matière de prévention des MNT, mais aussi de réduire le fardeau sur la population.

L’OMS plaide pour des politiques nutritionnelles fortes
Le représentant pays de l’Organisation Mondiale de la Santé au Cameroun, rappelle pour sa part que les MNT représentent une part croissante de la mortalité dans plusieurs pays.
Il met l’accent sur les instruments déjà recommandées au niveau international : étiquetage nutritionnel simplifié, limitation du marketing alimentaire destiné aux enfants et taxation des produits à risque.
« Aujourd’hui manger des aliments ultra transformés est considéré comme un luxe, un signe d’aisance. Mais en le faisant, nous détruisons notre santé. Nous appelons les décideurs politiques à augmenter les taxes sur les aliments importés pour promouvoir la circulation et la commercialisation des aliments qui sont sains et produits localement », souligne Magaran Monzon Bagayoko.

Le parlement appelé à soutenir le financement de la santé
Prenant la parole au nom du caucus parlementaire pour le financement de la santé, Njume Peter, qui en est le chef, insiste sur le rôle des élus dans l’adoption des mesures budgétaires adaptées. La lutte contre les MNT exige un engagement législatif durable, notamment en matière de fiscalité sanitaire et de protection des consommateurs.

Une plateforme de dialogue pour des recommandations nationales
De cette première journée d’assises, on retient qu’experts, institutions et société civile devront formuler des recommandations destinées à renforcer la politique nutritionnelle nationale et à soutenir la future feuille de route camerounaise contre les MNT.
« Depuis 2021 RADA a commencé à travailler sur les politiques, dont la première a été l’étiquetage nutritionnel sur l’emballage des produits malsains. Egalement la politique fiscale sur la taxation de ces produits. La raison pour laquelle nous avons regroupé tous les membres multisectoriels, y compris le Minsanté et les différents ministères est de voir dans quelles mesures adopter ces politiques fiscales et alimentaires saines, et implémenter cela comme les pays africains d’expression anglaise où l’application de ces mesures améliore visiblement la vie des populations », signale Merveille Ngueubou, responsable de la Communication à RADA.
Le symposium se veut ainsi un espace de convergence entre savoir scientifique, volonté politique et mobilisation citoyenne.
Judith Ndongo Ngoubè
