Lutte contre le VIH : Le Cameroun avance malgré les vents contraires et rassure l’ONUSIDA

La célébration de la journée mondiale de lutte contre le SIDA au Cameroun a été marquée par une intervention très attendue du Représentant pays de l’ONUSIDA. Dans un discours empreint de réalisme mais aussi d’encouragement, Taoufik Bakkali salue les avancées significatives enregistrées par le pays, dans la riposte au VIH, affirmant que celui-ci est « en bonne voie » pour atteindre les objectifs fixés au niveau international

Tout en reconnaissant les progrès accomplis par le Cameroun dans la riposte au VIH SIDA, le Représentant pays de l’ONUSIDA attire l’attention sur les vulnérabilités persistantes, notamment chez les jeunes et les femmes, âgés de 15 à 24 ans, une tranche d’âge particulièrement exposée aux risques d’infection.

« Le pays reste toujours en bonne voie dans sa dynamique d’atteinte des objectifs 95-95-95 et d’élimination du SIDA comme menace de santé publique d’ici 2030. Il faut reconnaitre par ailleurs que les femmes et les jeunes, particulièrement de 15-24 ans restent vulnérables », rappelle Taoufik Bakkali.   

Il évoque également les défis actuels, parmi lesquels la suspension de l’aide américaine, qui soutenait plusieurs interventions clés. Mais malgré cette contrainte, il salue la résilience du pays et révèle la mise en œuvre des stratégies destinées à maintenir la dynamique de progrès, garantir l’accès aux traitements et améliorer la prise en charge des populations vulnérables.

« En 2025, la réponse mondiale au VIH a été marquée par une crise sans précédent. Des réductions abruptes de l’assistance internationale ont été enregistrées, aggravant des déficits de financement. L’OCDE estime une baisse de 30 à 40% en moyenne par rapport à 2023. Certains pays ont perdu presque 85 à 90% de leurs financements pour le VIH. Cette situation a entrainé des perturbations immédiates dans les services de santé et des mécanismes communautaires pour la santé dans les pays. Au Cameroun, certaines organisations communautaires ont complètement collapsé et se sont trouvées en très grande difficulté de continuer leurs missions en tant que partenaire national pour la riposte », révèle avec regret le représentant de l’institution onusienne.  

Il est désormais question de fonder l’action sur l’adaptation au présent en anticipant l’avenir, une approche indispensable pour consolider les acquis, combler les gaps et poursuivre la marche vers la réalisation des objectifs mondiaux d’ici 2030.

« Il faut penser aux transformations nécessaires pour assurer la durabilité de renforcer les acquis épidémiologiques en termes de réduction de la mortalité et des nouvelles infections, et éviter tout retour de l’épidémie. Cela veut dire assurer la durabilité programmatique qui assurerait l’accès continu aux services de prévention, de traitement et de support aux personnes vivant avec le VIH. Cela veut dire aussi la durabilité financière pour assurer le futur de la réponse, à travers les mécanismes innovateurs de mobilisation des ressources, la recherche d’une plus grande efficience, y compris à travers les efforts de plus d’intégration entre les programmes de lutte contre les maladies transmissibles », recommande Taoufik Bakkali.     

A travers ces orientations, la journée mondiale du SIDA rappelle l’urgence et la nécessité de poursuivre les efforts, mais aussi la détermination à bâtir une génération plus informée, mieux protégée et tournée vers l’éradication du VIH.

Judith Ndongo Ngoubè

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