Face à la montée en puissance de l’économie numérique, l’Afrique intensifie ses efforts pour réduire les inégalités de genre dans les métiers technologiques. A travers l’initiative African Girls Can Code (AGCCI), des camps de codage seront organisés dans cinq pays, dont le Cameroun, pour former une nouvelle génération de jeunes filles aux compétences numériques et à l’innovation
Dans un contexte où les technologies de l’information et de la communication (TIC) s’imposent comme un levier de croissance incontournable, le continent africain fait face à un paradoxe : une forte demande en compétences numériques, mais une faible représentation des femmes dans ce secteur.
Portée par l’Union internationale des télécommunications (UIT), en partenariat avec ONU Femmes et la Commission de l’Union Africaine, l’initiative AGCCI entend inverser cette tendance. Elle cible spécifiquement les jeunes filles âgées de 14 à 25 ans, souvent marginalisées dans les filières scientifiques et technologiques.
« A travers cette initiative, nous réaffirmons avec force un message clair et puissant : les filles africaines ont toute leur place dans l’espace numérique, dans l’innovation et dans l’avenir de la technologie. Les camps de codage AGCCI constituent une réponse au défi de l’égalité des sexes. Ils visent à doter les jeunes filles de 14 à 25 ans de compétences essentielles en numérique et en programmation, à renforcer leur confiance en elles et à les inspirer à poursuivre des carrières dans la programmation, l’intelligence artificielle, la robotique et l’entrepreneuriat numérique », souligne la Représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun, Marie Pierre Raky Chaupin.

Des camps intensifs pour apprendre en pratiquant
Au cœur du dispositif : des camps de codage d’une semaine, prévus entre 2025 et 2026 dans cinq pays africains, dont le Cameroun. Ces sessions combinent apprentissage théorique exercices pratiques, avec des modules allant du développement web à la programmation scratch, en passant par l’intelligence artificielle et la robotique ?
Mais au-delà des compétences techniques, l’accent est également mis sur :
- Le développement personnel ;
- L’entrepreneuriat,
- Et la compréhension des enjeux globaux comme les Objectifs de Développement Durable.
« Cette édition des camps de codage est particulièrement innovante. Elle combine un programme d’apprentissage en ligne renforcé et multilingue, hébergé sur la plateforme ITU Academy, avec des sessions de formation intensives en présentiel », explique la représentante résidente d’ONU Femmes.
Lever les obstacles à l’apprentissage numérique
L’un des principaux défis auxquels répondent ces camps reste l’accès limité aux outils technologiques et à Internet.
En offrant un cadre d’apprentissage encadré, avec équipements et connexion, l’AGCCI permet de contourner ces barrières.
Autre enjeu majeur : le taux d’abandon des formations en ligne. Les camps viennent ainsi renforcer l’engagement des participants en leur offrant un accompagnement direct.

Former les formateurs pour un impact durable
En parallèle, un programme de formation des formateurs (ToT) sera déployé afin de garantir la pérennité de l’initiative. L’objectif : doter les encadreurs locaux des compétences nécessaires pour reproduire ces formations à grande échelle.
« Le volet « Formation des formateurs » est essentiel pour garantir la qualité, la durabilité et la mise à l’échelle de cette initiative. En renforçant les capacités locales, nous investissons dans un impact à long terme et à une appropriation nationale », insiste Marie Pierre Raky Chaupin.

Un enjeu stratégique pour l’avenir du continent
Alors que les métiers du numérique évoluent rapidement, la question de l’inclusion devient centrale. Sans une participation accrue des femmes, l’Afrique risque de se priver d’un potentiel humain essentiel à son développement.
A travers l’AGCCI, les partenaires ambitionnent non seulement de former des jeunes filles, mais aussi d’influencer les politiques éducatives, afin d’intégrer durablement les compétences numériques dans les programmes scolaires.

Vers une nouvelle génération d’innovatrices africaines
A côté des chiffres et des programmes, c’est une transformation sociale qui est en jeu. En donnant aux jeunes filles les moyens de s’approprier les outils numériques, l’Afrique prépare le terrain pour une génération d’innovatrices capables de relever les défis du XXIe siècle.
Judith Ndongo Ngoubè
