À l’occasion de la Journée internationale de la canne blanche, célébrée le 15 octobre, le Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC) a organisé un atelier de renforcement des capacités consacré au respect du code de la canne blanche. L’initiative vise à promouvoir la mobilité sûre et autonome des personnes aveugles et malvoyantes, tout en renforçant la sensibilisation des usagers de la route. Des responsables de la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) et du ministère des Affaires sociales ont pris part à cette activité.
« Le code pour tous et une route sûre pour chacun ». C’est autour de cette préoccupation que le CJARC a placé son plaidoyer à l’occasion de cette édition de la Journée internationale de la canne blanche. À travers cet atelier, l’organisation entend promouvoir une meilleure compréhension du rôle de cet outil de mobilité et encourager son respect par l’ensemble des usagers de la route.
Pour Coco Bertin, directeur général du CJARC, la particularité de cette édition réside également dans la mobilisation des représentants, des antennes et des organisations partenaires issus des dix régions du Cameroun. Une démarche qui vise à étendre la sensibilisation au-delà des grandes agglomérations et à faire parvenir le message jusque dans les localités les plus reculées du pays.
« Nous nous réjouissons d’avoir pu faire cette mobilisation et nous sommes sûrs que le message véhiculé aujourd’hui va se poursuivre jusqu’à l’arrière-pays », souligne le responsable, pour qui la sécurité des personnes déficientes visuelles repose sur une meilleure connaissance du code de la canne blanche, mais aussi sur l’adoption de comportements responsables par les automobilistes, les conducteurs de motos-taxis et les autres usagers de la route.
Les auto-écoles appelées à intégrer un module sur la canne blanche
Au-delà de la sensibilisation du grand public, le CJARC interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité de renforcer la formation des futurs conducteurs. L’organisation souhaite que les auto-écoles intègrent un module consacré à la canne blanche, afin de familiariser les candidats au permis de conduire avec les règles de sécurité liées aux déplacements des personnes aveugles et malvoyantes.
Pour Coco Bertin, l’apprentissage du code de la route doit également inclure la prise en compte des besoins spécifiques des personnes déficientes visuelles. Une meilleure connaissance de la signification de la canne blanche permettrait aux conducteurs d’adopter les bons réflexes et de contribuer à réduire les risques d’accidents.
« Nous avons interpellé le gouvernement afin qu’il amène les auto-écoles à prendre en considération un module destiné à la canne blanche dans les auto-écoles », rappelle-t-il.
Le CJARC encourage par ailleurs les personnes déficientes visuelles à utiliser effectivement leur canne blanche lors de leurs déplacements.
« Ce n’est pas pour garder dans les sacs, mais c’est pour se déplacer ».
Selon son directeur général, cet outil ne doit pas rester rangé dans un sac : son utilisation visible permet aux autres usagers d’identifier une personne aveugle ou malvoyante et d’adapter leur comportement.
Des accidents qui rappellent l’urgence de sensibiliser
Le plaidoyer du CJARC s’appuie sur des situations préoccupantes vécues par les personnes déficientes visuelles. Coco Bertin évoque notamment la perte de camarades victimes d’accidents de la circulation alors qu’ils se déplaçaient avec leur canne blanche.
Il rapporte également des cas de cannes blanches brisées par des conducteurs de motos-taxis ou de taxis. Des incidents qui illustrent, selon lui, la persistance d’un déficit de sensibilisation et la nécessité de poursuivre les actions d’éducation des usagers de la route.
« La canne blanche, c’est comme le feu rouge », explique le directeur général du CJARC. Par cette comparaison, il insiste sur la nécessité pour les conducteurs de reconnaître le signal donné par une personne déficiente visuelle et de lui accorder la priorité et la protection nécessaires lors de ses déplacements.
Une mobilisation à poursuivre dans les dix régions
La participation des représentants régionaux et des organisations partenaires constitue un levier important pour amplifier le message de sensibilisation. Le CJARC entend ainsi faire du respect de la canne blanche une responsabilité collective, impliquant les pouvoirs publics, les structures de formation à la conduite, les transporteurs et les citoyens.
La présence des responsables de la Commission des droits de l’homme du Cameroun et du ministère des Affaires sociales témoigne également de l’importance des enjeux liés à l’inclusion, à l’autonomie et à la protection des droits des personnes handicapées.
À travers cette célébration, le CJARC rappelle que la mobilité des personnes aveugles et malvoyantes ne dépend pas uniquement de leur capacité à se déplacer de manière autonome. Elle exige aussi un environnement accessible, des infrastructures adaptées et des usagers conscients de leurs responsabilités.
« Il va falloir continuer à travailler, continuer à sensibiliser pour que les gens comprennent ce code de la canne blanche », souhaite Coco Bertin.
Le respect de la canne blanche apparaît ainsi comme une condition essentielle pour prévenir les accidents, protéger les personnes déficientes visuelles et garantir à chacune et à chacun une route plus sûre.
Judith Ndongo Ngoubè
