Comment se déroule le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus ? Quels examens faut-il réaliser et combien peuvent-ils coûter ? Dans un entretien accordé à l’occasion d’Octobre Rose 2026, Gabriel Mbarga, responsable des projets au Centre hospitalier African Genesic Health (CH-AGH), explique le parcours médical du dépistage du cancer du sein et plaide pour un meilleur accès aux intrants médicaux afin de réduire les coûts supportés par les femmes.
Le dépistage du cancer du sein repose sur plusieurs étapes, selon les résultats des examens et le niveau de suspicion clinique. Au CH-AGH, le parcours commence par une consultation générale, suivie d’une orientation vers la gynécologue.
Le spécialiste procède ensuite à un examen clinique, notamment à la palpation des seins. En cas de suspicion, une échographie mammaire peut être prescrite. Selon Gabriel Mbarga, cet examen, dont le coût habituel serait compris entre 10 000 et 13 000 FCFA, a été proposé à 7 500 FCFA pendant la campagne Octobre Rose 2026.
Si les résultats nécessitent des investigations supplémentaires, une mammographie peut être réalisée, puis une biopsie lorsque celle-ci est indiquée, afin de rechercher une éventuelle présence de cellules cancéreuses.
Ce parcours peut donc impliquer plusieurs dépenses successives. Selon le responsable de projets, le coût global des examens nécessaires à l’exploration d’une suspicion de cancer du sein peut atteindre environ 50 000 FCFA, en fonction des investigations requises.
Dépistage : le coût des examens, un obstacle pour les femmes
Si le dépistage précoce augmente les possibilités d’une prise en charge adaptée, le coût des examens demeure une difficulté pour certaines patientes. Consultation, échographie, mammographie et biopsie peuvent alourdir la facture, même si tous ces examens ne sont pas systématiquement nécessaires pour chaque femme.
Face à cette réalité, le CH-AGH entend poursuivre ses efforts pour rendre le dépistage plus accessible. Les campagnes ponctuelles de réduction des tarifs constituent une réponse, mais la pérennisation de ces initiatives nécessite des moyens supplémentaires.
Des intrants médicaux pour élargir l’accès au dépistage
Pour le CH-AGH, l’amélioration de l’accès au dépistage passe notamment par un meilleur approvisionnement en intrants médicaux. Gabriel Mbarga estime qu’un accompagnement des partenaires pourrait permettre à la structure de renforcer ses activités et de toucher davantage de femmes.
« Si on met à notre disposition des intrants, je pense qu’on pourra aller peut-être au-delà de ce que nous offrons déjà dans le cadre de ces campagnes », souligne-t-il.
Le responsable évoque également les charges liées au fonctionnement des équipements médicaux, à leur maintenance et à l’électricité. Il appelle ainsi à une mobilisation des acteurs compétents, notamment le Comité national de lutte contre le cancer, afin d’explorer des solutions durables.
Cancer du col de l’utérus : faciliter également le dépistage
La lutte contre les cancers féminins ne concerne pas uniquement le cancer du sein. Le cancer du col de l’utérus constitue également un enjeu majeur de santé publique et nécessite un accès adapté aux examens de dépistage.
Pour améliorer la couverture, la disponibilité des intrants, l’information des femmes et la réduction des barrières financières sont des leviers essentiels. Le CH-AGH souhaite pouvoir renforcer ses capacités grâce à des partenariats et à un accompagnement institutionnel.
Au-delà d’Octobre Rose, le défi consiste donc à inscrire le dépistage dans une dynamique durable : informer, faciliter l’accès aux examens et orienter les patientes vers les services appropriés.
Judith Ndongo Ngoubè
