Cancer du sein et du col de l’utérus : « Oui, on peut guérir du cancer », rassure la gynécologue Nadia Tétinou

Le cancer n’est pas toujours synonyme de condamnation. Détectés précocement, les cancers du sein et du col de l’utérus peuvent être traités avec des chances de guérison importantes. Nadia Tétinou, gynécologue au Centre hospitalier African Genesic Health (CH-AGH), explique l’importance du dépistage précoce, du suivi médical et les défis financiers liés à la prise en charge.

« Oui, on peut guérir du cancer », affirme Nadia Tétinou. Pour la gynécologue, les chances de guérison dépendent principalement du stade de la maladie au moment du diagnostic.

Dans le cas du cancer du col de l’utérus, plusieurs traitements peuvent être envisagés selon les lésions et leur évolution : cryothérapie, conisation ou chirurgie plus importante. Lorsque la maladie est plus avancée, une radiothérapie ou d’autres traitements peuvent être nécessaires.

Pour le cancer du sein, une intervention conservatrice permettant de retirer la tumeur sans enlever tout le sein est parfois possible, avec des traitements complémentaires selon les indications médicales.

Le message de la spécialiste est clair : plus le cancer est détecté tôt, plus les possibilités de traitement sont favorables.

« Lorsqu’il est dépisté à un stade précoce, on peut garder son sein. On peut juste retirer la masse, retirer les ganglions et faire une radiothérapie par la suite », expliquel’experte.

Pourquoi le cancer peut-il récidiver ?

La disparition apparente de la tumeur ne signifie pas toujours que le risque de récidive est nul. Certaines cellules cancéreuses peuvent persister dans l’organisme, notamment lorsque la maladie était déjà avancée au moment du diagnostic.

Nadia Tétinou souligne également l’importance des consultations de contrôle. Certaines patientes interrompent leur suivi, parfois en raison de difficultés financières ou parce qu’elles pensent être définitivement guéries après une opération.

Pourtant, des traitements complémentaires, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, peuvent être nécessaires pour réduire le risque de récidive. Le suivi médical doit donc se poursuivre même après la fin du traitement initial. Selon Nadia Tetinou, « Le risque de récidive dépend notamment du stade auquel le cancer a été diagnostiqué. Lorsque la maladie est déjà avancée et que des métastases sont présentes, le risque de réapparition demeure. C’est pourquoi le suivi médical régulier est essentiel, même après la fin du traitement ».

Le coût des traitements, un défi majeur

La prise en charge du cancer représente également un enjeu financier pour les patientes. D’après les estimations communiquées par la gynécologue, une séance de cryothérapie peut coûter environ 42 000 FCFA, une conisation près de 250 000 FCFA et une hystérectomie autour de 500 000 FCFA.

Lorsque plusieurs traitements sont nécessaires, notamment la chimiothérapie, les dépenses peuvent atteindre plusieurs millions de FCFA, voire environ 10 millions dans certains cas.

Ces montants restent indicatifs et varient selon le stade de la maladie, les examens et le protocole thérapeutique.

« C’est difficile d’estimer parce que tout dépend aussi du stade du cancer », souligne Nadia Tetinou.

Dépistage précoce et suivi : deux réflexes essentiels

À travers son intervention, Nadia Tetinou rappelle que la lutte contre les cancers féminins repose sur deux piliers : le dépistage précoce et la continuité des soins.

« Il faut se faire dépister précocement afin de bénéficier d’une prise en charge rapide et d’augmenter ses chances de survie. Le suivi médical reste également essentiel, même après le traitement, car le risque de récidive dépend notamment du stade de la maladie », précise-t-elle.

Se faire dépister, respecter les traitements prescrits et honorer les rendez-vous de suivi sont autant de gestes essentiels pour améliorer les chances de guérison. À l’occasion d’Octobre Rose, ce message rappelle qu’une détection précoce peut changer le cours de la maladie.

Judith Ndongo Ngoubè

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