À quelques semaines de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, une mobilisation citoyenne s’est tenue à Nkolzo’o dans l’arrondissement de Yaoundé 7 le 26 Septembre 2026 autour de la justice climatique et de la transition énergétique. Femmes, jeunes, artistes et organisations de la société civile ont été invités à réfléchir aux alternatives énergétiques susceptibles d’améliorer durablement les conditions de vie des ménages camerounais. Une initiative portée notamment par l’Association des Acteurs de Développement (ADEV), dans un contexte marqué par des coupures intempestives d’électricité et leurs conséquences sur les populations.
À travers cette randonnée pour la justice climatique, les acteurs de la société civile entendent placer les préoccupations quotidiennes des populations au cœur des discussions sur le climat et l’énergie.
Pour Félicite Djoukouo, directrice exécutive de l’Association des Acteurs de Développement (ADEV), cette initiative se veut avant tout une mobilisation citoyenne en prélude à la COP31.
« La COP, généralement, c’est les États qui vont négocier », explique-t-elle, estimant que les priorités et préoccupations des citoyens doivent également être prises en compte dans les discussions internationales sur le climat.



La randonnée de Nkolzo’o a ainsi réuni des femmes, des jeunes, des artistes et des organisations de la société civile engagés sur les questions environnementales. L’objectif : réfléchir collectivement aux enjeux de la transition énergétique et formuler des propositions à porter auprès des pouvoirs publics.
Les coupures d’électricité ravivent le débat sur le modèle énergétique
Cette mobilisation intervient dans un contexte particulièrement difficile pour de nombreux ménages camerounais. Les interruptions de la fourniture d’électricité affectent plusieurs quartiers, avec des conséquences directes sur les activités quotidiennes et la conservation des denrées alimentaires.
Félicite Djoukouo en a elle-même fait l’expérience. Comme d’autres ménages, elle a été confrontée à la détérioration de provisions destinées à la consommation en raison des coupures de courant.
Au-delà du désagrément, ces pertes mettent en évidence la vulnérabilité des ménages lorsque l’approvisionnement électrique devient irrégulier. Elles posent également la question de la résilience du système énergétique et de la nécessité de disposer de solutions complémentaires capables de répondre aux besoins des populations.
« Est-ce qu’on doit toujours continuer » avec les énergies fossiles ?
Face à ces difficultés, l’ADEV souhaite remettre au centre du débat la question des sources d’énergie utilisées au Cameroun.
« Est-ce qu’on doit toujours continuer dans cette démarche de puiser nos sources d’énergie au travers des sources fossiles ou alors on devrait muter vers des énergies plus propres, des énergies plus durables ? », interroge la directrice exécutive de l’organisation.
Parmi les pistes évoquées figure notamment l’énergie solaire. Pour Félicite Djoukouo, le potentiel solaire du Cameroun constitue une piste à explorer davantage afin de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique.
L’énergie éolienne est également citée parmi les ressources renouvelables susceptibles de contribuer à cette diversification.
Du potentiel solaire à l’accès effectif à l’électricité
Pour les participants à cette mobilisation, l’enjeu ne consiste toutefois pas uniquement à identifier les ressources disponibles. Il faut également mettre en place les technologies et les infrastructures permettant de transformer ces ressources en une énergie accessible aux ménages.
« Il faut avoir une technologie derrière pour que ça arrive à desservir tous les ménages et que les gens puissent s’épanouir véritablement », souligne Félicite Djoukouo.
La transition énergétique est ainsi présentée comme une question à la fois environnementale, économique et sociale. Elle doit, selon les organisateurs, permettre de réduire la dépendance aux sources d’énergie polluantes tout en garantissant un accès fiable et abordable à l’électricité.




Un plaidoyer destiné au gouvernement
La randonnée de Nkolzo’o ne devrait pas rester sans suite. Les organisateurs annoncent la préparation d’un plaidoyer qui sera transmis aux autorités camerounaises, notamment au ministère en charge de l’Environnement.
L’objectif est de faire remonter les préoccupations exprimées par les citoyens et de demander que la transition énergétique et l’accès à des énergies plus propres soient davantage pris en compte dans les positions défendues par le Cameroun dans les négociations climatiques.
« C’est un plaidoyer qu’on va acheminer auprès du ministère de l’Environnement et du Développement durable », précise la directrice exécutive de l’ADEV.
À travers cette démarche, les participants souhaitent que la voix des citoyens camerounais soit entendue dans les débats liés à la COP31. Une manière, pour eux, de rappeler que les négociations climatiques internationales ont aussi des répercussions très concrètes dans la vie quotidienne : conservation des aliments, fonctionnement des ménages, activités économiques et qualité de vie.




La justice climatique comme enjeu du quotidien
À Nkolzo’o, la justice climatique n’est donc pas seulement abordée sous l’angle des émissions de gaz à effet de serre ou des engagements internationaux. Elle est également associée à l’accès à une énergie fiable, durable et adaptée aux réalités des populations.

La mobilisation portée par l’ADEV entend ainsi faire le lien entre les enjeux globaux de la COP31 et les difficultés quotidiennes vécues par les Camerounais. En mettant en avant les énergies renouvelables, les participants souhaitent ouvrir le débat sur un modèle énergétique capable de répondre aux besoins des ménages tout en prenant davantage en compte les impératifs environnementaux.
Judith Ndongo Ngoubè
