Avec plus de 70 féminicides recensés au Cameroun en 2026, selon les chiffres relayés par les médias à partir des données officielles, la protection des femmes est devenue une urgence nationale. Face à cette tragédie et à quelques jours de la session parlementaire du mois de Novembre, et la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes et des filles, la Task force sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) au Cameroun prend un engagement : maintenir la veille citoyenne, accélérer le plaidoyer pour l’adoption d’une loi spécifique et veiller à ce que les promesses de protection se traduisent en actes. Ses responsables veulent rassurer les femmes et les familles victimes : elles ne seront pas abandonnées. Déclaration faite le 2 Novembre 2026, à la faveur d’un point presse à Yaoundé.
Face aux questions des journalistes qui interpellent sur l’engagement concret des organisations de la société civile envers les femmes victimes de violences et de féminicides, la présidente de la Task force sur la lutte contre les VBG au Cameroun se veut rassurante.
Le message d’Elise Pierrette Mpoung Meno, repose sur la vigilance citoyenne et le suivi des engagements institutionnels.
« La société civile, qui est dans son rôle de veille citoyenne, ne doit plus cesser de suivre ».

Pour la présidente de l’Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes (ALVF), l’enjeu est désormais de s’assurer que les propositions consensuellement retenues pour renforcer la protection des femmes soient effectivement intégrées dans le futur dispositif législatif.
Elle insiste :
« La société civile doit intégrer le processus de ce projet pour veiller à tout ce qui vient d’être dit et qui est pour la protection de ces femmes ».
Aux victimes et à leurs familles, elle adresse une promesse :
« Vous pouvez dire aux femmes qu’elles soient rassurées, qu’elles ont les organisations de la société civile, qui ne vont pas baisser la garde et qui vont continuer leur rôle de veille citoyenne ».
Mais l’engagement ne s’arrête pas à l’adoption d’une loi. La Task force entend également interpeller le gouvernement sur l’effectivité des mesures annoncées et leur mise en œuvre sur le terrain.
« Au-delà de nous battre pour obtenir la loi, nous allons demander aussi que le gouvernement se rende compte de ce qui est effectivement fait ».
Une démarche qui traduit la volonté de passer du plaidoyer à l’évaluation concrète des politiques publiques de protection des femmes.

Régine Ndjiki Botol : « Nous sommes engagés pour que cette loi spécifique soit adoptée »
Membre du bureau de la Task force et présidente de l’Association Un Geste pour mon Prochain (AGESPRO), Régine Ndjiki Botol précise la nature de cet engagement.
Pour elle, la mobilisation actuelle marque le début d’un combat collectif pour faire aboutir le projet de loi spécifique sur les violences basées sur le genre.
« Nous sommes engagés dans le plaidoyer pour que cette loi spécifique puisse être très prochainement adoptée au niveau de l’Assemblée nationale ».
Elle évoque également l’attente d’une promulgation rapide, afin que les femmes victimes de violences puissent bénéficier d’une protection juridique renforcée.
Son intervention porte un message ferme à l’endroit des auteurs de violences :
« Que les femmes qui dorénavant seront victimes des violences basées sur le genre soient protégées et que les bourreaux payent très fort de ce qu’ils auront fait à ces femmes ».
Pour la responsable associative, l’engagement de la Task force consiste donc à accompagner le processus législatif jusqu’à son aboutissement.
Plus de 70 féminicides : l’urgence d’une protection effective
Les chiffres donnent la mesure de l’urgence. Le Cameroun a enregistré 77 féminicides en 2025, selon les données gouvernementales. En 2026, 50 cas avaient déjà été recensés entre janvier et avril. Des données relayées en septembre faisaient état de 73 victimes entre janvier et septembre.
Ces statistiques rappellent que derrière chaque féminicide se trouvent une vie brisée, une famille endeuillée et une société interpellée.


Dans ce contexte, la future loi spécifique sur les VBG apparaît comme un chantier majeur. Mais son adoption ne saurait constituer une fin en soi.
La prévention, l’accompagnement des survivantes, la prise en charge des victimes, la sensibilisation et la sanction des auteurs devront également suivre.
La promesse de la Task force est donc claire : ne pas relâcher la pression jusqu’à ce que les engagements deviennent des garanties concrètes de protection.
Car les femmes ne demandent plus seulement des déclarations de solidarité. Elles attendent des mécanismes efficaces pour vivre, dénoncer les violences et obtenir justice.
Judith Ndongo Ngoubè
