À l’approche de son 80ᵉ anniversaire, prévu le 11 décembre 2026, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) mise sur la culture et la créativité pour sensibiliser aux droits de l’enfant. Au Cameroun, un pagne symbolique présenté le 9 Octobre 2026, conçu à l’issue d’un concours auquel des jeunes ont participé, porte un message fort : les droits des enfants sont indissociables et leur avenir est une responsabilité collective.
Bien plus qu’un simple tissu, le pagne dévoilé dans le cadre des préparatifs du 80ᵉ anniversaire de l’UNICEF se veut un support de sensibilisation aux droits de l’enfant. Baptisé « Le fil de mes doigts », il illustre l’interdépendance des droits fondamentaux et rappelle la nécessité d’une approche globale pour assurer le bien-être des enfants.
Pour Nadine Perrault, représentante de l’UNICEF, le choix de ce symbole s’inscrit dans une démarche à la fois culturelle et sociale. Au Cameroun, le pagne occupe une place particulière dans les célébrations et les expressions de l’identité collective.
« Nous ne pouvons pas être ici au Cameroun et ne pas avoir un pagne pour marquer ce jour et symboliser ce que nous voulons promouvoir : les droits des enfants », explique-t-elle.
Le motif du tissu traduit une idée essentielle : aucun droit ne peut être défendu isolément au détriment des autres. L’éducation, la santé, la nutrition et la protection sont autant de dimensions complémentaires du développement de l’enfant.
« Nous ne pouvons pas faire attention seulement aux droits des enfants à aller à l’école et ne pas travailler sur leur santé ou leur nutrition », souligne la représentante de l’UNICEF.
À travers cette création, l’organisation invite ainsi les familles, les communautés et l’ensemble de la société à considérer les droits de l’enfant comme un tout cohérent.

Rosita Badane Gaïwe, une création porteuse d’espoir
Derrière ce pagne se trouve Rosita Badane Gaïwe, styliste-modéliste de 23 ans, dont la création a remporté le concours organisé dans le cadre de cette initiative.
Pour la jeune créatrice, cette expérience représente bien plus qu’une compétition artistique. Elle lui a permis de mettre son savoir-faire au service d’une cause qui concerne toute la société.
« Je suis très contente pour ce pagne que j’ai créé. Ce pagne raconte toute une histoire », confie-t-elle avec émotion.
Sa création puise notamment dans la diversité culturelle du Cameroun, en faisant écho aux traditions de plusieurs régions du pays. Elle évoque également l’enfance, l’éducation et les aspirations des jeunes générations.
Mais le message qu’elle souhaite transmettre dépasse l’univers de la mode. Rosita Badane Gaïwe espère que chaque personne qui portera ce tissu le fera avec la volonté de défendre les droits des enfants.
« J’aimerais que chacun porte ça en mettant dans sa tête que la personne défend les droits de l’enfant, les droits à la protection, les droits à l’avenir, au rêve », affirme-t-elle.
Très émue par sa victoire, la styliste reconnaît que les mots lui manquent pour exprimer sa joie. Son œuvre devient ainsi un moyen de conjuguer création artistique, identité culturelle et engagement citoyen.

Joseph Ivan, 13 ans, mise sur la créativité pour raconter l’histoire de l’UNICEF
Le concours a également donné une place aux enfants eux-mêmes. Parmi les participants figure Joseph, âgé de 13 ans, qui a choisi de traduire sa vision de l’UNICEF à travers un dessin symbolique.
Même s’il n’a pas remporté la compétition, le jeune participant retient une expérience encourageante, qui nourrit son envie de poursuivre dans la création.
« Je suis très honoré d’avoir participé à ce concours, mais je suis en fait déçu parce que je n’ai pas gagné. Mais ça m’a encouragé à continuer », témoigne-t-il.
Son engagement est né d’une observation simple : les difficultés que rencontrent les enfants dans différentes parties du monde. Les images d’enfants en situation de souffrance, qu’il découvre à la télévision, l’ont inspiré à prendre part à cette initiative.
Pour son dessin, Joseph a représenté le chiffre 80 sous la forme de racines. Une manière d’illustrer les origines de l’organisation et son évolution au fil des décennies. Des personnages représentant différentes générations complètent cette composition, tandis que le soleil symbolise l’espoir et un avenir prometteur.
À travers cette création, le jeune garçon rappelle que les enfants ne doivent pas seulement être les bénéficiaires des actions de sensibilisation : ils peuvent aussi en être les acteurs.
Son message à ses pairs est empreint de détermination : « Ils doivent toujours avoir foi en eux parce que n’importe quoi peut arriver dans la vie ».

Au-delà du pagne, une célébration tournée vers l’avenir
Le dévoilement du pagne constitue l’une des initiatives prévues dans le cadre du 80ᵉ anniversaire de l’UNICEF, qui sera célébré le 11 décembre 2026.
Selon Nadine Perrault, d’autres activités viendront accompagner cette commémoration, notamment une chanson et la présentation de 80 histoires mettant en lumière les droits des enfants, leurs aspirations et leur vision de l’avenir.
La participation des enfants occupe une place centrale dans cette démarche. Certains ont contribué à la réflexion artistique, tandis que d’autres, comme Joseph, ont proposé leurs propres créations.
Pour l’UNICEF, l’objectif n’est pas simplement de revenir sur huit décennies d’action en faveur de l’enfance. Il s’agit surtout de mobiliser les citoyens autour des défis à venir et de rappeler que la défense des droits de l’enfant incombe à tous.

Parents, voisins, membres des communautés, professionnels des médias : chacun a un rôle à jouer pour garantir aux enfants un environnement où ils peuvent grandir, apprendre, être protégés et réaliser leurs rêves.
En associant le pagne à cette campagne, l’UNICEF fait ainsi le pari d’un langage accessible, ancré dans les pratiques culturelles camerounaises et capable de toucher différentes générations.
Car, au-delà des motifs et des couleurs, le message est clair : les droits des enfants sont liés les uns aux autres, et leur avenir se construit collectivement.
Judith Ndongo Ngoubè
