Femmes, paix et sécurité : L’Université de Yaoundé 1 ouvre le débat sur la Résolution 1325 au Cameroun

Dans le cadre des activités marquant la 41è édition de la Journée internationale des droits de la femme, un atelier-débat consacré à la mise en œuvre de la United Nations Security Council, Résolution 1325 au Cameroun s’est tenue le 4 Mars 2026 à l’Université de Yaoundé 1. L’initiative en collaboration avec le ministère de la promotion de la femme et de la famille et ONU Femmes Cameroun a permis d’ouvrir un espace d’échanges entre universitaires, étudiants, experts et acteurs institutionnels sur les enjeux de la participation des femmes dans les processus de paix et de sécurité

Réunis dans l’enceinte de l’Université de Yaoundé 1, les participants ont examiné les avancées et les défis liés à l’application de la Résolution 1325, adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies en 2000.

Cette résolution historique reconnait l’importance de la participation des femmes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et les processus de reconstruction post-conflit.

L’université constitue ainsi un espace stratégique pour sensibiliser la jeunesse aux enjeux de la paix, de la sécurité et de l’égalité de genre.

« C’est une résolution qui, concrètement sur le terrain se traduit par des plans d’action et le Cameroun a son plan d’action national de mise en œuvre, que nous accompagnons. Il y’a des progrès énormes dans le sens du renforcement des capacités des acteurs, dans le sens d’une meilleure implication des politiques et de l’allocation des budgets, mais nous avons encore beaucoup de progrès à faire partout dans le monde », relève Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun.

Renforcer la participation des femmes dans les processus de paix

Les discussions ont également permis d’analyser les mécanismes mis en place au Cameroun pour promouvoir l’agenda Femmes, Paix et Sécurité.

Les experts ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer la représentation des femmes dans les instances de prise de décision et dans les initiatives de médiation et de gestion des conflits. La ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa a rappelé le rôle déterminant que jouent les femmes dans les processus de consolidation de la paix au Cameroun, non sans rappeler les efforts constants du gouvernement, en ce qui concerne le renforcement de la participation des femmes dans la gouvernance et la prévention des conflits.

L’implication des femmes dans les processus de paix constitue un facteur déterminant pour la stabilité et la cohésion sociale. Cependant,

« Un des défis aujourd’hui est de faire qu’au niveau des collectivités locales il y’ ait des plans d’action régionaux et que la résolution se traduise par des actions concrètes à la base. Nous n’arrivons forcément pas à mettre tout ça en œuvre, ça demande énormément d’énergie, mais aussi des ressources et la participation de plusieurs acteurs. Il y’a également tout un volet de renforcement de compétences des forces de défense et de sécurité qui doit se faire en partenariat avec le ministère de la défense, mais aussi les autorités de la police nationale. Il y’a des projets en cours », souligne la représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun.

L’université, un cadre propice au dialogue et à la réflexion

Au-delà des échanges institutionnels, l’atelier-débat a offert aux étudiants l’opportunité de s’approprier les enjeux liés à la Résolution 1325 et de partager leurs réflexions sur les défis de la participation des femmes dans la gouvernance et la sécurité.

Les débats ont également mis en lumière l’importance de la recherche académique et de la sensibilisation pour soutenir la mise en œuvre effective de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité au Cameroun.

Briser le silence face aux VBG et promouvoir la masculinité positive

Les discussions ont également abordé la thématique des violences basées sur le genre (VBG), qui demeurent une réalité préoccupante dans plusieurs contextes sociaux. On ne dira jamais assez sur la nécessité d’encourager les femmes victimes de violences à briser le silence et à recourir aux mécanismes d’accompagnement et de protection existants.

Présentée comme levier essentiel pour prévenir les violences et promouvoir l’égalité entre les sexes, la masculinité positive est cet idéal qui demande d’impliquer les hommes et les garçons dans les initiatives visant à promouvoir le respect des femmes et la culture de la paix.

« Les femmes ne doivent plus subir dans le silence, elles doivent dénoncer, il y’a des centre d’écoute qui ont été créés par le Minproff. Autre terme à retenir : la masculinité positive, une initiative des Chefs d’Etat de l’Union Africaine qui consiste pour les hommes à tenir les femmes par la main pour qu’ils progressent ensemble, afin d’éviter les discriminations et les inégalités qui engendrent parfois des conflits », rappelle Pr Solange Essomba de l’Université de Yaoundé 1.

Une initiative en prélude au 8 Mars

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique des activités organisées au Cameroun à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

A travers cet atelier-débat, l’Université de Yaoundé 1, le ministère de la promotion de la femme et de la famille et ONU Femmes Cameroun entendent renforcer la sensibilisation autour de la mise en œuvre de la Résolution 1325, afin de promouvoir une participation plus active des femmes dans la construction d’une paix durable au Cameroun.

Judith Ndongo Ngoubè    

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