A l’heure du bilan stratégique, les partenaires d’ONU Femmes et du gouvernement camerounais se sont réunis les 27 et 28 Avril 2026 à Douala, autour d’un atelier d’évaluation et de revue de la coopération pour le compte de l’année 2025. Objectif : mesurer l’impact des interventions en faveur de l’égalité de genre, identifier les défis persistants et redéfinir les priorités pour une action plus efficace au service des femmes et des filles
Depuis son implantation au Cameroun en 2011, ONU Femmes accompagne l’Etat dans la mise en œuvre des politiques sensibles au genre, notamment dans les domaines du leadership féminin, de l’autonomisation économique et de la lutte contre les violences basées sur le genre.
L’atelier d’évaluation s’inscrit dans cette dynamique de redevabilité et d’amélioration continue, en cohérence avec le cadre de coopération des Nations Unies 2022-2026, et les orientations de la stratégie nationale de développement (SND30).
Des acquis notables, mais des défis persistants
Les échanges ont permis de mettre en lumière des avancées significatives :
- Renforcement des capacités institutionnelles en matière de genre ;
- Amélioration de l’accès des femmes aux opportunités économiques ;
- Déploiement de mécanismes de prévention et de prise en charge des violences.
- Des initiatives concrètes, comme la formation sur les violences basées sur le genre en contexte humanitaire, illustrent cette dynamique d’action multisectorielle.
« Nous avons travaillé en partenariat avec les institutions du gouvernement, que je remercie au passage. En ce qui concerne la promotion de l’accès des femmes aux instances décisionnelles, nous avons travaillé avec ELECAM, nous avons travaillé avec le MINDDEVEL, notamment sur le développement local. Nous avons travaillé avec l’association des femmes maires, ainsi que le MINPROFF. Et dans le domaine de l’autonomisation économique des femmes, nous avons beaucoup travaillé avec le MINADER sur le terrain, le MINTP dans le cadre des projets routiers. Dans le domaine de la prévention des violences faites aux femmes, nous travaillons beaucoup avec le MINPROFF, les réseaux de femmes, notamment l’ACAFEJ ici présente, l’association de lutte contre les violences faites aux femmes », précise Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante Résidente d’ONU Femmes au Cameroun.
Cependant, il est à relever plusieurs contraintes majeures :
- Insuffisance des ressources financières et humaines ;
- Persistance des normes socioculturelles discriminatoires ;
- Faiblesse des données statistiques sensibles au genre.
« Nous faisons face à quelques contraintes liées à la rareté des ressources, notamment financières. Parmi les contraintes et les défis nous avons la montée des violences faites aux femmes et aux filles. L’idée ici est de tirer toutes les leçons et de voir comment faire plus avec moins, comment adresser tous ces défis en tenant compte du potentiel de tous nos partenaires, du gouvernement, des ONG des réseaux de femmes, des institutions de recherche, comment tirer profit de leur présence, de leur expertise », souligne la Représentante Résidente ONU Femmes au Cameroun.

Une approche partenariale à consolider
L’atelier a insisté sur la nécessité de renforcer la synergie entre acteurs : administrations publiques, société civile, partenaires techniques et financiers.
Le rôle du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, en coordination avec ONU Femmes, apparaît central dans l’appropriation nationale des politiques genre.
« Beaucoup de partenariats sur le terrain, qui incluent la société civile, des institutions de recherche comme les universités de Yaoundé 1 et de Yaoundé 2. Nous travaillons aussi beaucoup avec toutes les institutions gouvernementales, puisque les questions de genre sont des questions transversales. Il est donc question aujourd’hui de nous asseoir, faire le bilan et écouter nos partenaires parce que rien n’est parfait. Il faut donner de l’espace au dialogue et nous assuré que nous avons bien écouté le feedback venant de nos partenaires », signale Marie Pierre Raky Chaupin.

Cap sur des interventions à fort impact
- Les assises de Douala ont fait émerger plusieurs orientations :
- Intensifier l’intégration du genre dans les politiques publiques ;
- Renforcer les mécanismes de suivi-évaluation ;
- Accroître l’autonomisation économique des femmes, notamment en zones vulnérables ;
- Promouvoir une participation accrue des femmes aux instances décisionnelles.
Des priorités qui s’inscrivent dans la vision globale d’ONU Femmes, qui vise à garantir une égalité réelle des chances et un développement inclusif.
Pour ONU Femmes Cameroun, il est indiqué de rester dans la même lancée, puisque le contexte global est le même que 2025. Les priorités n’ont pas beaucoup changé malgré les nouvelles données au niveau international
Plus qu’un simple exercice d’évaluation, cet atelier marque un tournant dans la coopération entre le Cameroun et ONU Femmes. Dans un contexte marqué par des défis socio-économiques et humanitaires complexes, l’enjeu est désormais clair : passer à l’échelle et garantir un impact durable, mesurable et inclusif.
Judith Ndongo Ngoubè
