Lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : ONUFEMMES Cameroun valide les résultats d’une étude clé

L’agence du Système des Nations Unies a organisé le 16 Décembre 2025 à Ebolowa dans la région du Sud, un atelier de validation du rapport de l’étude qualitative sur les violences faites aux femmes et aux filles. Cette rencontre a réuni des acteurs institutionnels, des organisations de la société civile et des experts, avec pour objectifs d’améliorer les connaissances et la compréhension des différentes formes de violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun, d’examiner les résultats de la collecte, et d’apprécier la cohérence et la solidité des différents constats qui en ont découlé au regard de la littérature et des autres sources de données, afin d’orienter des réponses plus efficaces face à un phénomène encore largement préoccupant au Cameroun

L’atelier de validation a servi de cadre d’échanges techniques et participatifs autour des résultats de l’étude qualitative menée sur les violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun. Les participants ont passé en revue la méthodologie, les principaux constats ainsi que les analyses proposées, afin de s’assurer de la pertinence, de la fiabilité et de la cohérence des données collectées sur le terrain. Cette étape est essentielle pour garantir que le rapport final reflète fidèlement les réalités vécues par les femmes et les filles, tout en intégrant les contributions et observations des parties prenantes.

« L’étude qualitative est très particulière parce que pour la première fois à travers tout le pays, une étude a concerné l’ensemble des régions du Cameroun, a donné la parole aux victimes, a également apprécié la qualité des services, apprécié les types de violences faites aux femmes et aux filles, aussi les profils des bourreaux ou des auteurs, ainsi que le profil des victimes. C’est une étude très fouillée qui s’est déroulée dans tout le Cameroun à travers une grande équipe de chercheurs, de sociologues et qui aujourd’hui nous présentent les premiers résultats de cette étude », indique la Représentante résidente d’ONUFEMMES au Cameroun, Marie Pierre Raky Chaupin.

Des violences multiformes mises en lumière

Les résultats présentés ont mis en évidence la persistance de différentes formes de violences, notamment les violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques. L’étude souligne également l’impact des normes socioculturelles, des inégalités de genre et de la précarité économique dans la perpétuation de ces abus, souvent vécus dans le silence.

Les échanges ont permis d’approfondir l’analyse des facteurs de vulnérabilité et des obstacles à l’accès à la justice et aux services de prise en charge pour les survivantes.

« Les données manquent cruellement, parce que les victimes n’ont pas tendance à reporter les cas quand ça arrive, par peur de la stigmatisation, par peur de représailles », regrette Marie Pierre Raky Chaupin.

Vers des recommandations opérationnelles et concrètes

Au-delà du diagnostic, l’atelier a permis d’enrichir les recommandations formulées dans le rapport. Celles-ci visent à renforcer les mécanismes de prévention, de protection et de réponse aux violences, à améliorer la coordination entre les acteurs et à soutenir des politiques publiques sensibles au genre. La Représentante résidente d’ONUFEMMES au Cameroun rappelle d’ailleurs l’investissement indéfectible de l’institution aux côtés du gouvernement camerounais.

« Nous avons, avec le gouvernement du Cameroun, à travers le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, engagé une série d’actions avec d’autres agences du système des Nations Unies. Nous avons mis en place une disposition qui accompagne l’Institut National des Statistiques, pour la collecte des données quantitatives à travers les enquêtes mixtes qui sont en cours et qui vont bientôt produire des statistiques. Nous avons aussi décidé d’accompagner le gouvernement du Cameroun à travers également le MINPROFF et l’INS, pour la réalisation d’étude qualitative », souligne-t-elle.

ONUFEMMES réaffirme à travers cette initiative, son engagement à accompagner le gouvernement et ses partenaires dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, en s’appuyant sur des données probantes pour des actions plus ciblées et durables.

Judith Ndongo Ngoubè

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