Le peau à peau, un geste simple qui accélère la montée de lait et renforce le lien mère-enfant

Quelques minutes après la naissance, un geste aussi simple que naturel peut transformer le début de l’allaitement : le contact peau à peau entre la mère et son nouveau-né. Recommandée par les professionnels de santé, cette pratique favorise une production plus rapide du lait maternel, tout en apportant des bénéfices physiologiques et émotionnels au bébé comme à sa mère. Éclairage avec la pédiatre Dr Clémence Vougmo, présidente de Vi Allaite Cameroun

Dès les premiers instants de vie, le contact direct entre la peau du nouveau-né et celle de sa mère déclenche une série de réactions biologiques essentielles. Cette proximité stimule la sécrétion d’ocytocine, souvent appelée « hormone de l’amour », qui favorise à la fois les contractions utérines et l’éjection du lait maternel.

Pour les spécialistes, le peau à peau n’est pas seulement un moment de tendresse : il constitue une véritable intervention de santé publique qui améliore les chances de réussite de l’allaitement maternel exclusif.

Le réflexe de succion du nouveau-né, associé au contact physique avec sa mère, agit comme un puissant stimulant de la production de prolactine et d’ocytocine. Ces hormones jouent un rôle déterminant dans l’installation et le maintien de la lactation.

Selon Dr Clémence Vougmo, retarder ce premier contact peut parfois compliquer les débuts de l’allaitement, notamment chez les mères qui accouchent pour la première fois.

« À la naissance d’un bébé, il faut que la sage-femme ou le prestataire de santé qui est présent fasse ce que nous appelons le contact peau à peau. Le peau à peau, c’est vraiment de laisser le bébé nu, en contact avec sa maman, et de le couvrir avec une serviette ou bien avec un paille. Ce peau à peau va permettre la sécrétion d’une hormone qu’on appelle l’ocytocine, et cette ocytocine-là va donc permettre la montée rapide du lait, et l’enfant pourra être mise au sein et pourra être allaité », explique la pédiatre, Dr Clémence Vougmo.

Des bénéfices bien au-delà de l’allaitement

Les avantages du peau à peau dépassent largement la seule production de lait. Cette pratique contribue à stabiliser la température corporelle du nourrisson, régule son rythme cardiaque et sa respiration, réduit son niveau de stress et favorise son adaptation à la vie extra-utérine.

Chez la mère, elle diminue également le risque d’hémorragie du post-partum grâce à l’action de l’ocytocine, tout en renforçant la confiance dans sa capacité à allaiter.

Une pratique à encourager dans toutes les maternités

Les professionnels de santé appellent les établissements sanitaires à faire du peau à peau une pratique systématique lorsque l’état de santé de la mère et de l’enfant le permet. Même après une césarienne, des dispositions peuvent être prises afin de favoriser ce premier contact.

Au-delà des maternités, les familles sont également invitées à soutenir les jeunes mères afin qu’elles puissent poursuivre cette proximité durant les premiers jours suivant la naissance.

« C’est donc pour attirer l’attention des prestataires de santé de pratiquer beaucoup le peau à peau au bébé. D’ailleurs, l’OMS demande que ce peau à peau doit durer au moins une heure en salle de naissance. Et quand les mamans, si les bébés sont mis en peau à peau, immédiatement le lait va couler et on n’aura plus besoin d’aller chercher des aliments totalement inappropriés pour donner à cet enfant-là », souligne la pédiatre.

Un investissement pour la santé de l’enfant

À l’heure où les campagnes de promotion de l’allaitement maternel se multiplient, le peau à peau apparaît comme un levier simple, peu coûteux et scientifiquement reconnu pour améliorer les indicateurs de santé maternelle et infantile.

En encourageant cette pratique dès les premières minutes de vie, les professionnels de santé rappellent qu’un geste aussi naturel peut avoir des effets durables sur la nutrition, le développement et le bien-être du nouveau-né.

Judith Ndongo Ngoubè

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