Yaoundé, 19 août 2026. À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, un chiffre rappelle l’ampleur des défis auxquels le Cameroun reste confronté : 2,9 millions de personnes ont encore besoin d’une assistance humanitaire en 2026. Derrière cette statistique se trouvent des familles, des enfants, des adolescentes et des jeunes dont les conditions de vie demeurent fragilisées par des crises qui s’inscrivent dans la durée
Dans l’Extrême-Nord, comme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les conséquences des conflits continuent de peser sur les communautés. À ces crises s’ajoutent l’accueil de réfugiés et les chocs climatiques, qui accentuent la vulnérabilité des populations et compliquent l’accès aux services essentiels.
Les enfants et les jeunes en première ligne
Dans ce contexte, les enfants et les jeunes figurent parmi les populations les plus exposées. La protection contre les violences, l’accès à l’éducation, la santé et la nutrition deviennent des enjeux humanitaires majeurs.
Présente au Cameroun depuis 1996, Plan International Cameroon intervient aujourd’hui dans huit régions du pays aux côtés des communautés affectées. Son action s’articule notamment autour de la protection des enfants et des filles contre les violences, de l’accès à une éducation inclusive et de qualité, y compris dans les situations d’urgence, ainsi que du soutien à la santé, à la nutrition et à la résilience des jeunes.
L’organisation apporte également une réponse aux besoins immédiats des populations à travers la distribution de kits de dignité, destinés notamment aux personnes confrontées aux conséquences humanitaires des crises.
Le pari de l’éducation avec le projet READ
Parmi les initiatives mises en œuvre figure le projet READ – Refugee Education and Development, financé par Affaires mondiales Canada. Lancé pour la période 2022-2027, le projet entre désormais dans sa dernière année.
Le bilan de sa quatrième année, présenté en juillet 2026, fait état d’une progression importante vers ses objectifs en matière d’éducation inclusive. Une avancée qui prend une dimension particulière dans un contexte où les déplacements forcés et les crises prolongées peuvent interrompre durablement la scolarité des enfants.
Pour les communautés concernées, l’enjeu dépasse ainsi le simple accès à une salle de classe. Il s’agit de permettre aux enfants, y compris ceux issus des populations réfugiées et déplacées, de poursuivre leur parcours éducatif dans un environnement plus inclusif et protecteur.
De l’urgence à la résilience
La Journée mondiale de l’aide humanitaire est donc l’occasion de rappeler que l’action humanitaire ne se limite pas à répondre à une urgence ponctuelle. Au Cameroun, la persistance des crises impose également de renforcer les capacités des communautés à faire face aux chocs et à construire leur avenir.
Alors que le projet READ aborde sa dernière année et que des millions de personnes ont encore besoin d’assistance, la question reste entière : comment garantir aux enfants et aux jeunes les conditions nécessaires pour apprendre, se protéger et construire leur avenir malgré les crises ?
La réponse passe par l’aide d’urgence, mais aussi par l’éducation, la protection, la santé et le renforcement de la résilience. Autant de leviers qui, au-delà des chiffres, placent les communautés au cœur de la réponse humanitaire au Cameroun.
Judith Ndongo Ngoubè
