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JIF 2026 : CAMFAIDS mobilise la communauté pour l’autonomie et les droits des femmes à Yaoundé

A l’occasion de la commémoration de la 41è édition de la Journée internationale des droits de la femme, la Communauté en Action pour la Mobilisation, l’Inclusion, le Développement et la Solidarité (CAMFAIDS) a organisé le 8 Mars 2026 à Yaoundé, une table ronde autour du thème « De la parole à l’autonomie : droits, justice sociale et savoir-faire économique au service des femmes ». L’initiative visait à la promotion des droits des femmes et à l’initiation de 20 femmes vulnérables aux opportunités de savoir-faire socio-économiques

Les échanges ont principalement porté sur les dispositifs institutionnels et juridiques qui protègent les femmes et garantissent leurs droits. Les intervenants ont notamment évoqué les dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale relatives à la protection des femmes et à la répression de certaines infractions commises à leur encontre.

Un accent particulier a été mis sur la protection de la femme enceinte. Pour illustrer ces dispositions, Ebenezer Munkam, Directeur des droits humains et du plaidoyer à la CAMFAIDS s’est appuyé sur les articles 27 et 338 du Code pénal, qui encadrent la protection spécifique accordée aux femmes, notamment en matière de respect de leur intégrité et de leurs droits fondamentaux.

« Il est impératif que les hommes, comme les femmes prennent pleinement conscience des droits des femmes afin de contribuer efficacement à leur promotion et à leur protection. Plusieurs femmes se plaignent d’abus et de violation de leurs droits, mais ignorent le plus souvent ce que prévoit concrètement la loi ainsi que les mécanismes juridiques leur permettant de faire valoir leurs droits et d’obtenir justice. C’est dans cette optique que nous avons décidé, à l’occasion de cette activité, de mettre en lumière les dispositions constitutionnelles et pénales qui protègent les femmes contre les atteintes à leur intégrité physique et morale », a-t-il souligné.

Lutter contre les pratiques sociales abusives

Les discussions ont également abordé les dispositions juridiques qui protègent les femmes contre certaines pratiques sociales néfastes, telles que le mariage forcé, les exigences abusives de dot ou encore l’expulsion du domicile conjugal.

A ce sujet, les articles 356, 357 et 358 alinéa 1 du Code pénal ont nourri les échanges et permis de rappeler que ces pratiques sont encadrées et sanctionnées par la loi.

L’autonomisation économique au cœur des échanges

Au-delà des aspects juridiques, la rencontre a également consacré un moment important à la question de l’autonomisation économique des femmes. Ebenezer Munkam a invité les participantes à engager une réflexion personnelle sur leurs potentialités et leurs projets d’investissement, afin de favoriser leur indépendance financière.

Les experts présents aux assises ont par ailleurs partagé des opportunités de formation et d’activités génératrices de revenus dans plusieurs domaines, notamment la santé, le bâtiment et le secrétariat.

« Nous avons également tenu à attirer leur attention sur le rôle déterminant de certaines institutions, notamment le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), le Ministère des Affaires Sociales (MINAS), le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (MINEFOP), le Fonds National de l’Emploi (FNE), ainsi que la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) », a expliqué Ebenezer Munkam.

Vers des stratégies concrètes d’autonomisation

Cette table ronde a suscité un réel intérêt parmi les participantes, plusieurs d’entre elles exprimant leur volonté de développer des stratégies concrètes d’autonomisation et de s’engager dans des initiatives économiques, à la grande satisfaction des organisateurs. Aurélie Abanda, Directrice des programmes à la CAMFAIDS dira d’ailleurs :

« Je suis particulièrement heureuse de constater que cette activité a suscité un véritable déclic chez les participantes. Leur enthousiasme à l’idée de bénéficier d’un accompagnement actif de la part de la CAMFAIDS et des professionnelles présentes témoigne de l’importance de telles initiatives pour renforcer l’information, la confiance et les perspectives d’autonomisation ».

A travers cette initiative, la CAMFAIDS entend renforcer la mobilisation communautaire, la solidarité et l’inclusion, tout en contribuant à l’amélioration des conditions de vie des femmes vulnérables de la ville de Yaoundé.

Judith Ndongo Ngoubè

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