Cameroun-OMS : une nouvelle feuille de route pour renforcer la coopération sanitaire

Le Cameroun et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) renforcent leur cadre de coopération à travers un nouveau plan stratégique. L’objectif est d’aligner l’appui de l’OMS sur les priorités nationales de santé, tout en améliorant l’impact des interventions sur le terrain et l’accès des populations aux soins.

Le Cameroun entend donner davantage de cohérence et d’efficacité à sa coopération avec l’Organisation mondiale de la santé. Le nouveau plan stratégique de coopération doit permettre de mieux articuler les priorités nationales avec l’accompagnement technique de l’OMS et celui des autres partenaires du secteur de la santé.

Pour le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, cette démarche constitue une étape importante dans la consolidation du partenariat entre le Cameroun et l’organisation onusienne.

« Cette cérémonie est très importante pour le Cameroun parce que cela nous permet d’agir en toute cohérence avec l’Organisation mondiale de la santé, mais davantage avec l’ensemble de nos partenaires techniques et financiers », a-t-il indiqué.

La stratégie repose ainsi sur une volonté de faire converger les priorités locales et nationales avec les interventions des partenaires. L’enjeu est notamment de garantir que les ressources mobilisées se traduisent par des résultats concrets au bénéfice des populations.

Faire de l’impact sur le terrain une priorité

Au-delà de la planification, les autorités camerounaises insistent sur la nécessité d’améliorer les performances des interventions sanitaires sur le terrain.

Le ministre de la Santé publique souligne la nécessité d’une approche concertée et durable, permettant de mieux utiliser les financements consacrés au secteur.

« Il s’agit ici de tout mettre ensemble d’une manière cohérente, d’une manière durable, pour que le dollar qui a été investi produise l’impact qu’il faut auprès des populations camerounaises ».

Le nouveau cadre de coopération doit donc servir de référence pour mesurer les progrès accomplis au terme de la période couverte par la stratégie. L’ambition affichée est de pouvoir identifier clairement les résultats obtenus et leur contribution à l’amélioration de la santé des populations.

Trois piliers pour guider l’action de l’OMS

Du côté de l’OMS, le représentant résident au Cameroun, Bagaran Monzon Bagayoko, explique que le nouveau plan constitue la déclinaison nationale du Programme général de travail de l’organisation.

Cette feuille de route s’articule autour de trois grands axes, présentés comme les « trois P » : promouvoir, pourvoir et protéger la santé.

Le premier pilier, consacré à la promotion de la santé, vise notamment à agir sur les déterminants de santé. Le deuxième concerne l’accès aux soins et la progression vers la couverture sanitaire universelle. Le troisième porte sur la protection des populations face aux menaces sanitaires.

« Le premier P, c’est promouvoir la santé. En d’autres termes, agir sur les déterminants de la santé. Le deuxième pilier, c’est pourvoir la santé ou assurer la santé, améliorer l’accès aux soins et améliorer la couverture santé universelle », a-t-il expliqué.

Le troisième axe concerne plus particulièrement la préparation et la réponse aux urgences sanitaires.

« Le troisième pilier, c’est Protect Health, protéger la santé, qui vise à lutter contre les urgences sanitaires, à renforcer la surveillance des maladies, à renforcer le laboratoire, préparer des équipes contre la lutte contre les épidémies et répondre efficacement aux urgences sanitaires », précise le représentant de l’OMS.

Quatre priorités adaptées au contexte camerounais

Si les grandes orientations sont définies au niveau mondial, leur mise en œuvre doit tenir compte des réalités et des besoins propres au Cameroun. Le plan stratégique traduit ainsi les orientations générales de l’OMS en priorités adaptées au contexte national.

Pour le représentant de l’OMS, cette adaptation doit permettre de passer d’une stratégie globale à des interventions concrètes sur le terrain.

« C’est ça le contenu du quatrième Programme général de travail de l’OMS, et qui est décliné ici au niveau du Cameroun en quatre priorités ».

Ces priorités constituent le cadre autour duquel devraient s’organiser les interventions de l’OMS au cours de la période couverte par la stratégie, en lien avec les autorités camerounaises et les différents partenaires du secteur.

L’OMS au cœur de l’architecture mondiale de la santé

Pour le ministre de la Santé publique, cette nouvelle étape de la coopération intervient également dans un contexte de réflexion plus large sur l’architecture mondiale de la santé.

Il réaffirme, à cette occasion, l’importance accordée par le Cameroun au rôle de coordination de l’OMS.

« Au moment où nous sommes en train de discuter sur l’architecture mondiale de la santé, la place que devra occuper l’OMS est centrale. C’est une instance faîtière de la santé », a souligné le Minsanté., qui estime que les différentes organisations et initiatives spécialisées doivent pouvoir s’inscrire dans un dispositif cohérent, avec l’OMS comme acteur central de la coordination sanitaire internationale.

Cette position s’appuie notamment sur l’expérience acquise lors de la pandémie de Covid-19 et dans la réponse aux différentes épidémies et autres menaces sanitaires auxquelles le pays a été confronté.

Tirer les leçons des crises sanitaires

La pandémie de Covid-19 a rappelé l’importance de la coordination entre les États, les organisations internationales et les partenaires techniques et financiers. Pour le Cameroun, cette expérience renforce la nécessité de disposer d’un cadre de coopération permettant d’anticiper les crises et d’y répondre plus efficacement.

Le nouveau plan stratégique Cameroun-OMS se veut ainsi à la fois un instrument de planification et un cadre de convergence des interventions. Il doit permettre de mieux articuler les ressources, les expertises et les priorités afin de produire des résultats mesurables.

À travers cette nouvelle feuille de route, le Cameroun et l’OMS affichent donc une ambition commune : transformer la coopération sanitaire en résultats concrets pour les populations, tout en renforçant la préparation du pays face aux futures urgences sanitaires.

Judith Ndongo Ngoubè

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