À Biteng dans la ville de Yaoundé, l’Association Émergence Sans Frontière (AESF), en collaboration avec la chefferie du quartier, entend faire de la propreté et de la gestion responsable des déchets un véritable levier de développement communautaire. Baptisé « Mon quartier, un modèle », le projet mise sur la sensibilisation, la mobilisation des populations et particulièrement des jeunes, ainsi que sur la collecte, le tri et la transformation des déchets ménagers
Le constat à l’origine du projet est sans détour. Pour Bertrand Mvondo, président exécutif de l’AESF, la dégradation progressive du cadre de vie constitue une préoccupation majeure.
« J’ai constaté la montée de l’insalubrité et de l’incivisme urbain dans ce beau village », explique-t-il.
C’est donc à partir de cette réalité que l’AESF a choisi d’agir aux côtés de la chefferie de Biteng. L’objectif n’est pas seulement de débarrasser les rues des déchets, mais de provoquer un changement durable dans les comportements et dans la manière dont les habitants appréhendent leur environnement.
Faire de Biteng un quartier modèle
À travers cette initiative, l’AESF nourrit une ambition claire : faire de Biteng une référence locale en matière de propreté et de gestion des déchets ménagers.
« L’ambition principale est de rendre ce village un modèle positif en propreté et gestion des déchets ménagers », souligne Bertrand Mvondo.
Cette ambition repose sur une approche qui associe amélioration du cadre de vie et responsabilisation citoyenne. Pour les promoteurs du projet, un environnement propre ne peut être durablement garanti que si les populations elles-mêmes deviennent actrices de sa préservation.
Sensibiliser, collecter, trier et transformer
Le projet « Mon quartier, un modèle » entend passer de la sensibilisation à l’action. Plusieurs interventions sont ainsi envisagées : sensibilisation des populations, collecte des déchets, tri sélectif et transformation des déchets ménagers.
Cette chaîne d’actions vise à faire évoluer la perception des déchets, considérés non plus uniquement comme une nuisance, mais aussi comme une ressource pouvant être valorisée.
L’initiative veut ainsi installer progressivement de nouvelles habitudes dans le quotidien des habitants : produire moins de déchets, mieux les gérer, les trier et favoriser leur valorisation.

Les jeunes au cœur de la mobilisation
La réussite du projet dépendra largement de l’implication de la communauté. Une attention particulière est accordée aux jeunes, qui constituent, selon l’AESF, un maillon essentiel de cette dynamique.
« Les jeunes sont au cœur de ce projet qui aidera aussi à lutter contre l’oisiveté en milieu jeune », affirme le président exécutif de l’AESF.
Au-delà de la question environnementale, le projet entend donc offrir aux jeunes des possibilités d’engagement et de participation à une action collective utile à leur communauté.
La chefferie, un catalyseur de l’action collective
La collaboration avec la chefferie de Biteng constitue un autre pilier du projet. Dans une communauté villageoise, l’autorité traditionnelle joue un rôle important dans la mobilisation et la sensibilisation des populations.
Pour Bertrand Mvondo, cette collaboration est déterminante :
« La chefferie est le père dans un village, c’est-à-dire c’est la chefferie qui est le catalyseur des populations dans ce village ».
L’association entre l’AESF et la chefferie vise ainsi à créer les conditions d’une appropriation locale du projet, indispensable à sa pérennisation.
Des rues propres et des citoyens engagés
À terme, les promoteurs de « Mon quartier, un modèle » souhaitent voir un changement visible dans le paysage de Biteng, mais également dans les comportements.
« Je souhaiterais voir un village où les populations jouent un rôle important dans la lutte contre l’incivisme environnemental, où on retrouve des rues sans déchets », confie Bertrand Mvondo.
L’enjeu est donc double : améliorer l’environnement physique et faire émerger une véritable culture citoyenne autour de sa protection.
Un modèle à reproduire ailleurs
Le choix du terme « quartier modèle » traduit également la volonté de l’AESF de dépasser le seul cadre de Biteng. Si l’expérience porte ses fruits, elle pourrait servir d’exemple à d’autres communautés confrontées aux mêmes difficultés.
« Nous voulons un quartier où nous pourrons inciter les autres à réaliser la même chose que nous ici pour reproduire chez eux », explique le président exécutif.
Biteng pourrait ainsi devenir un laboratoire communautaire dont les bonnes pratiques seraient progressivement transposées dans d’autres quartiers.
« Notre santé dépend de notre environnement »
Pour encourager les habitants à s’approprier le projet, Bertrand Mvondo livre un message simple, mais essentiel :
« Notre santé dépend de notre environnement », martèle-t-il.
Une formule qui résume l’esprit de l’initiative : la propreté n’est pas uniquement une question d’esthétique urbaine. Elle touche directement à la qualité de vie, à la santé publique et au bien-être collectif.

Un challenge pour le bien-être commun
Pour l’AESF, « Mon quartier, un modèle » constitue finalement bien plus qu’une campagne de nettoyage. C’est un pari sur la capacité d’une communauté à prendre en main son environnement et à faire de cette mobilisation un moteur de développement.
« L’initiative « Mon quartier, un modèle » représente un challenge pour garantir le bien-être commun et ceci permettra d’avoir un environnement agréable et propre pour assurer un développement socio-économique dans notre quartier », conclut Bertrand Mvondo.
À Biteng, le défi est désormais de transformer cette ambition en habitudes durables. Car au-delà des rues propres, c’est une nouvelle manière de vivre ensemble et de préserver le cadre de vie que l’AESF et la chefferie souhaitent progressivement installer.
Marie Judith Ndongo
