À l’approche de la rentrée scolaire, Hope Innovation Hub, une organisation non gouvernementale dirigée par des réfugiés au Cameroun, s’apprête à lancer la 4ᵉ édition de son projet « Back to School ». Cette initiative vise à offrir des fournitures scolaires aux enfants réfugiés les plus vulnérables afin de leur permettre de reprendre le chemin de l’école dans de meilleures conditions. À quelques jours du lancement, Emery Ndayizeye, Directeur Exécutif de l’organisation, revient sur les enjeux de cette campagne, les défis auxquels font face les familles réfugiées et l’importance de la solidarité pour garantir à chaque enfant son droit à l’éducation
La quatrième édition du projet « Back to school » sera bientôt lancée. Quels sont les principaux objectifs de cette initiative cette année ?
Cette année, « Back to school » vise avant tout à garantir que les enfants réfugiés et vulnérables de nos communautés puissent démarrer la rentrée scolaire dans de bonnes conditions, en recevant les fournitures scolaires essentielles. Notre objectif est de réduire la barrière matérielle qui pousse trop souvent les familles à retarder ou renoncer à l’inscription de leurs enfants.
Pourquoi est-il important de soutenir les enfants réfugiés à travers la distribution de fournitures scolaires avant la rentrée ?
Pour de nombreuses familles réfugiées, le coût des fournitures scolaires représente le premier obstacle à l’inscription. Distribuer ce matériel avant la rentrée permet d’éviter le décrochage précoce et donne à chaque enfant la possibilité de commencer l’année scolaire en même temps que les autres, sans stigmatisation ni retard.


Quels sont les principaux défis auxquels ces enfants et leurs familles sont confrontés pour accéder à une éducation de qualité ?
Les familles des réfugiés font face à plusieurs défis combinés : le coût des fournitures et des frais annexes, l’absence de documents administratifs pour certains enfants, l’éloignement géographique de certaines écoles, ainsi que la barrière de la langue pour les familles nouvellement arrivées. A cela s’ajoutent parfois des besoins psychosociaux liés au déplacement, qui affectent la stabilité scolaire des enfants.
Quelles sont les innovations ou les nouveautés prévues pour cette 4e édition par rapport aux précédentes ?
Cette année, nous prendrons en charge les frais de scolarité des élèves qui se sont démarqués avec une moyenne de 18/20.
Quels impacts les trois premières éditions ont-elles eu sur les bénéficiaires et leurs communautés ?
Depuis son lancement, « Back to school » a permis à plusieurs centaines d’enfants réfugiés de rejoindre l’école dès la rentrée, avec le matériel nécessaire pour suivre les cours dans de bonnes conditions. Au-delà du matériel distribué, ces éditions ont renforcé la confiance des familles envers l’école et allégé une charge financière importante pour des ménages souvent en situation de grande précarité.

En tant qu’organisation dirigée par des réfugiés, en quoi cette proximité avec les communautés renforce-t-elle l’efficacité de vos actions ?
Etant nous-mêmes issus des communautés réfugiées que nous servons, nous comprenons directement leurs réalités, leurs besoins et leurs priorités. Cette proximité nous permet de cibler les familles les plus vulnérables avec justesse, d’instaurer un un climat de confiance, et d’agir rapidement sans intermédiaires ni lourdeurs administratives qui ralentissent l’aide.
Qui sont les partenaires qui accompagnent cette initiative et comment les citoyens, les entreprises ou les organisations peuvent-ils contribuer à sa réussite ?
Les citoyens, entreprises et organisations peuvent contribuer de plusieurs façons : par des dons de fournitures scolaires, un appui financier, ou en devenant partenaires logistiques pour la distribution sur le terrain. Chaque contribution, quelle que soit sa taille, a un impact direct sur la scolarisation d’un enfant.

Quel message souhaitez-vous adresser aux autorités, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’au grand public à l’approche de cette nouvelle campagne « Back to school » ?
Nous appelons les autorités, les partenaires techniques et financiers, ainsi que le grand public, à se joindre à cet effort collectif. L’éducation reste le levier le plus puissant pour l’avenir des enfants réfugiés, et chaque geste de solidarité, aussi modeste soit-il, permet à un enfant de retourner à l’école dans la dignité. Ensemble, nous pouvons faire de cette 4e édition la plus impactante à ce jour.
Propos recueillis par Judith Ndongo Ngoubè
