A l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre le SIDA ce 1er Décembre 2025, le Réseau Camerounais des Adolescents et Jeunes Positifs (RECAJ+) a livré une évaluation précise de la riposte nationale. C’était en présence du Ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, des représentants de l’ONUSIDA et de l’OMS, ainsi que des acteurs institutionnels et des organisations à base communautaire, engagés dans la riposte à la pandémie au pays
Prenant la parole au nom du RECAJ+, la Vice-Présidente du Conseil d’Administration salue les progrès enregistrés ces dernières années au Cameroun, notamment en matière de prise en charge, de dépistage et de mise sous traitement antirétroviral. Mais malgré ces avancées encourageantes, le réseau relève des difficultés persistantes qui continuent de fragiliser les efforts déployés.
« Ces améliorations-là n’ont pas pallié à tous les problèmes que les adolescents et jeunes rencontrent dans les formations sanitaires. Nous avons par exemple l’absence des intrants pour les charges virales. Lorsqu’on veut se faire dépister, on nous dit parfois de revenir plus tard parce qu’il n’y a pas suffisamment de matériel. Nous constatons aussi le retard dans la restitution des résultats des charges virales émises. Nous rencontrons également des problèmes liés à certains protocoles antirétroviraux », relève-t-elle.
Face à ces insuffisances, la Vice-PCA formule un plaidoyer structuré, car l’ajustement des mécanismes est indispensable pour garantir l’efficacité de la lutte, protéger les jeunes et atteindre les objectifs fixés pour 2030.
« Le plaidoyer que nous émettons aujourd’hui se résume en la participatif quantitative et qualitative des jeunes et leur intégration dans la prise des décisions qui nous concerne en particulier. Egalement l’engagement massif et continuel du gouvernement et de la société civile », précise-t-elle.
Portée par la voix des jeunes eux-mêmes, cette évaluation vient rappeler que le lutte contre le VIH/SIDA reste un combat collectif, nécessitant écoute, réactivité et engagement constant.
Il faut noter que la lutte contre le VIH chez les jeunes montre des progrès, mais reste un défi. En 2024, l’Organisation Mondiale de la Santé a enregistré 3220 nouveaux cas. Des initiatives de sensibilisation et de dépistage visent spécifiquement les jeunes, avec des campagnes comme « Vacances sans SIDA », ayant touché plus de 4,8 millions de jeunes, et des programmes qui incluent la formation sur la santé reproductive et les moyens de subsistance pour les filles adolescentes.
Judith Ndongo Ngoubè
