Pendant deux jours, des journalistes de Yaoundé ont renforcé leurs compétences en matière de couverture des droits humains, de traitement des conflits et de sécurité numérique. Organisé dans un contexte marqué par la montée de la désinformation et des menaces en ligne, cet atelier a rappelé qu’une presse libre repose autant sur l’accès à l’information que sur l’éthique, la protection des journalistes et la résilience numérique
Le Vendredi 24 Juillet 2026 a marqué la clôture d’un atelier de renforcement des capacités réunissant des journalistes de Yaoundé autour de trois thématiques majeures : la documentation des violations des droits humains, commises à l’encontre des professionnels des médias, la couverture responsable des conflits et la sécurité numérique.
Durant les travaux, les participants ont approfondi leurs connaissances sur les mécanismes de collecte et de vérification de l’information, tout en développant des outils pratiques pour exercer leur métier dans un environnement de plus en plus complexe.
« Au fil du temps nous avons constaté que les droits des journalistes sont violés. En tant qu’organisation de la société civile, nous leur demandons de quelle manière leurs droits sont bafoués, mais ils sont souvent incapables de l’expliquer, tout simplement parce qu’ils ne savent pas comment documenter ces violations. C’est dans cette optique que Civic Watch a organisé cet atelier de deux jours, réunissant des journalistes de Yaoundé. Tout au long des différentes sessions, nous leur avons montré comment documenter les violations de leurs droits lorsqu’elles surviennent. Nous les avons également aidés à mieux comprendre comment évoluer de manière responsable sur les réseaux sociaux et à renforcer leurs compétences pour exercer leur métier dans un environnement numérique en constante évolution. En complément, nous avons fait intervenir des experts de plusieurs domaines clés, notamment les droits numériques, les droits humains et la sécurité numérique, afin d’offrir aux participants des connaissances pratiques et des outils adaptés aux défis auxquels les journalistes sont confrontés aujourd’hui », souligne Nange Mbehni, responsable de la Communication à Civic Watch.


Une couverture des conflits fondée sur l’éthique
L’atelier a également insisté sur la responsabilité des médias dans le traitement des conflits. Les participants ont été sensibilisés aux risques liés à la diffusion de contenus pouvant alimenter les discours de haine, la stigmatisation ou la désinformation.
Les échanges ont mis en évidence l’importance d’un journalisme rigoureux, fondé sur la vérification des faits, la pluralité des sources et le respect de la dignité des personnes concernées.
« Je pars de cet atelier en ayant un peu plus d’informations sur les droits des journalistes, les droits des sources d’information. Le concept de cybersécurité est plus clair pour moi. C’est le module qui a le plus attiré mon attention et j’espère pouvoir désormais appliquer les bonnes pratiques y relatives dans ma vie quotidienne en qualité de journaliste », s’en réjouit Grace Homotsi, journaliste en service à Afrique Diplomatie 24.
Face à la multiplication des cybermenaces, une attention particulière a été accordée à la sécurité numérique. Les journalistes ont été initiés aux bonnes pratiques permettant de protéger leurs appareils, leurs communications et les informations sensibles détenues dans le cadre de leurs enquêtes.


Cette composante apparaît désormais comme un pilier essentiel de la protection des journalistes, dans un contexte ou le harcèlement en ligne, les tentatives de piratage et des atteintes à la confidentialité des sources deviennent de plus en plus fréquents.
« Parce que les journalistes travaillent de plus en plus en ligne, leur travail les expose à un certain type d’attaques. Ça peut être l’espionnage, ça peut être la surveillance ciblée, ça peut être le harcèlement en ligne, ça peut être la diffusion d’informations personnelles, ou même la saisie de leurs appareils de travail. Il est désormais question de mettre en place des mécanismes de protection », explique Fotso Fonkam, Media trainer à Code for Africa.


Des médias plus résilients au service de la démocratie
Au-delà du renforcement des compétences techniques, cet atelier s’inscrit dans une démarche plus large de consolidation de la liberté de la presse et de la participation démocratique. Dans un environnement marqué par la mésinformation, la désinformation et le rétrécissement de l’espace civique, les organisateurs estiment que les journalistes mieux formés sont mieux préparés à produire une information fiable et d’intérêt public.

A l’issue de la formation, l’engagement a été réaffirmé de poursuivre l’accompagnement des professionnels des médias en leur fournissant les connaissances, les outils et les ressources nécessaires pour exercer leur mission dans le respect des droits humains, de l’éthique journalistique et des principes démocratiques.
Judith Ndongo Ngoubè
