Le 6è Congrès du Parlement camerounais s’est ouvert ce Jeudi 2 Avril 2026 sous la présidence de Théodore Datouo, président de l’Assemblée Nationale. Cette session extraordinaire est consacrée à l’examen d’un projet de modification de certaines dispositions de la Constitution camerounaise du 2 Juin 1972, déjà révisée en 1996 et en 2008. Parmi les principales innovations proposées figure l’institution d’un Vice-Président nommé par le Président de la République
En ouvrant les travaux, Théodore Datouo rappelle l’importance de cette session dans le fonctionnement des institutions nationales. Le Congrès réunit députés et sénateurs autour d’un texte appelé à modifier certaines dispositions du texte fondamental de l’Etat.
« Le projet de modification de certaines dispositions de la Constitution, soumis au présent Congrès du Parlement, intervient dans un contexte national particulier, marqué par les lendemains de l’Election Présidentielle du 12 Octobre 2025. Il va s’en dire, que les attentes sont nombreuses au sein de l’opinion. Le Président Paul Biya, toujours à l’écoute de ses compatriotes a ainsi décidé de prendre le taureau par les cornes à l’entame de son nouveau septennat. Il l’avait déjà presqu’annoncé en renouvelant ses engagements dans son discours d’investiture le 06 Novembre 2025 », rappelle le PAN.
Le projet de révision porte sur la loi constitutionnelle du 2 Juin 1972, modifiée et complétée par les textes du 18 Janvier 1996 et du 14 Avril 2008. Il propose des éléments significatifs, à savoir :
« Un Vice-Président peut être nommé par le Président de la République qui peut mettre fin à ses fonctions. Les attributions exercées sont celles que lui confère le Président de la République, dans le cadre d’une délégation expresse ;
La durée des fonctions du Vice-Président ne peut excéder celle du mandat du Président de la République lui-même ;
En cas de vacances, le Vice-Président achève le mandat du Président de la République, après prestation de serment dans les mêmes formes et conditions que celles du Président de la République. Dans ce cas, il nomme à son tour un Vice-Pour l’assister dans l’exercice de ses missions ;
Au cas où le Vice-Président est à son tour empêché, ou lorsque le poste n’est pas pourvu, un scrutin est alors organisé pour l’élection d’un nouveau Président de la République. Dans cette hypothèse, l’intérim est assuré de plein droit par le Président du SENAT ;
Le Vice-Président est assujetti au même régime d’incompatibilités tout en étant, comme le Président de la République, justiciable de la Haute Cour de Justice. Il est également astreint à la déclaration de ses biens et avoirs ;
Outre ces éléments de statut, le régime des immunités, des privilèges, des avantages et autres éléments de traitement du Vice-Président sera déterminé subséquemment par une loi », peut-on lire dans le document parvenu à notre rédaction.

Laurent Esso attendu devant la Commission Spéciale
Le projet de loi sera défendu devant la commission spéciale constituée ce jour, par Laurent Esso, ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des Sceaux.
Cette phase technique doit permettre aux parlementaires d’examiner les fondements juridiques et institutionnels des modifications envisagées avant leur adoption éventuelle.
« Ce projet de loi sera présenté et défendu par le ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des Sceaux. La Conférence des présidents s’est prononcée favorablement sur la recevabilité de ce projet de loi et a décidé, conformément aux dispositions des articles 9 et 11 du Règlement intérieur du Congrès du Parlement, de l’envoyer à la Commission Spéciale », précise Théodore Datouo.
La création d’un Vice-Président au cœur des débats
L’un des points majeurs du projet soumis au Congrès concerne la possibilité pour le Président de la République de nommer un Vice-Président. Cette disposition introduirait une nouvelle fonction dans l’organisation institutionnelle nationale.
« Je suis attentivement l’évolution des travaux. Le SDF prépare sereinement un amendement, le SDF va faire des propositions pour que toute la Constitution entièrement soit amendée, et non que cela soit amendé à des fins politiques », confie Bénilde Djeumeni, Député du Social Democratic Front, pour le Moungo Sud.
Pour Paulin Djorwe, Sénateur du Mouvement pour la Défense de la République (MDR), « Certaines dispositions qui intéressent les camerounais vont certainement être modifiées dans l’optique de renforcer notre démocratie et nos institutions ».
Le Président de la République, Paul Biya est dans l’exercice de ses fonctions et non dans la préparation de son départ du pouvoir, selon Gabriel Fandja, « En tant que Chef de l’Etat, il il vise le meilleur fonctionnement des institutions de la République, ce n’est pas préparer son départ », dira le Député du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) pour le Wouri Est.

Une attention particulière de l’opinion publique
Cette révision intervient dans un contexte où toute modification constitutionnelle attire l’attention des acteurs politiques, juridiques et de l’opinion publique, en raison de ses implications sur l’équilibre institutionnel du pays.
Judith Ndongo Ngoubè
