Le Parlement camerounais réuni en Congrès a adopté ce Samedi 4 Avril 2026, la réforme constitutionnelle instituant un poste de Vice-Président de la République. Le projet de loi, défendu devant la Commission Spéciale par Laurent Esso, ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, met ainsi un terme aux travaux du 6è Congrès du Parlement
Au terme des débats parlementaires, députés et sénateurs ont accordé une large majorité au projet de loi visant à modifier et compléter certaines dispositions de la Constitution, relativement à la création d’un poste de Vice-Président de la République du Cameroun.
Le scrutin a enregistré 200 suffrages favorables, 18 votes contre et 4 abstentions, traduisant un soutien majoritaire à cette nouvelle orientation institutionnelle.
« En majorité nous avons choisi de suivre le gouvernement, et surtout de donner au Président de la République la légitimité nécessaire pour opérer les transformations qu’il souhaite. C’est d’abord cela qu’il faut retenir. La deuxième chose est qu’au fond il faut bien comprendre qu’une loi, qu’elle soit constitutionnelle ou, ordinaire, n’est pas gravée sur du marbre, et qu’elle répond en général à des préoccupations du moment. S’agissant de la Constitution, elle-même prévoit les modalités de son adaptation aux réalités contextuelles. Il ne faudrait donc pas qu’on se focalise sur ce qui a été fait là, qui répond aux nécessités du moment et qui peuvent éventuellement changer en cas de nécessité », signale Laurent Charles Boyomo Assala, Sénateur du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).

Laurent Esso présente les fondements du projet
Face à la Commission Spéciale, Laurent Esso, ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a défendu le texte en mettant en avant ses implications institutionnelles.
Le membre du gouvernement a expliqué devant le Congrès que cette révision vise à adapter l’organisation de l’Etat aux nouvelles exigences de continuité institutionnelle.
« Il s’agit de résoudre un problème de fonctionnalité en harmonisant le fonctionnement de l’Etat au plus haut niveau. Les problèmes soulevés peuvent être débattus plus tard et faire l’objet d’une proposition de loi », a-t-il indiqué.
Le poste de Vice-Président désormais inscrit dans l’architecture institutionnelle
L’innovation du texte adopté réside dans l’instauration d’un poste de Vice-Président, nommé par le Président de la République.
Cette nouvelle fonction ouvre une nouvelle séquence dans l’évolution constitutionnelle du pays et suscite déjà de nombreuses analyses quant à son rôle futur dans l’équilibre des pouvoirs.
« La vérité est qu’une personne a pris le pouvoir par nomination. Le Chef de l’Etat du Cameroun, le successeur conciliateur était issu du Parlement. Cependant cette décision a été annulée and le Premier ministre a été désigné pour assurer l’intérim à la présidence. Je suis persuadé qu’il s’agit d’une volonté du même président de se maintenir au pouvoir, car auparavant, avant cette réforme, le successeur pressenti provenait du Sénat, donc une personnalité élue. Désormais, cette disposition est écartée au profit d’une personne nommée, non issue du suffrage. Ce n’est pas approprié. C’est un choix de convenance, mais cela n’est pas bénéfique pour le pays », relève Evaristus Njong, député du Social Democratic Front (SDF)
Clôture du 6è Congrès du Parlement
Avec l’adoption de cette réforme, le 6è Congrès du Parlement prend fin après 3 jours de travaux consacrés à l’examen de ce projet de révision constitutionnelle.
La session restera marquée comme une étape importante dans l’évolution du cadre institutionnel camerounais.
Judith Ndongo Ngoubè
