De l’orphelinat Ngul Zamba au Foyer de l’Espérance de Mvolye, en passant par le Centre d’accueil des enfants en détresse, la fondation veut faire de la rentrée scolaire un moment de solidarité. Trousseaux scolaires, kits médicaux et sanitaires, denrées alimentaires : la campagne de fundraising se poursuit jusqu’au vendredi 4 septembre à 18 heures
À Yaoundé, la rentrée scolaire ne se prépare pas partout de la même manière. Pendant que de nombreuses familles s’affairent autour des fournitures et des uniformes, d’autres enfants attendent encore le nécessaire pour franchir le portail de l’école dans des conditions dignes. C’est à cette réalité que veut répondre Kids Cries in Africa, engagée depuis plusieurs années auprès des enfants vulnérables, sous la houlette de sa fondatrice, Suzy Thérèse Atangana.
Pour son édition 2026, la fondation a décidé d’élargir son champ d’action en ciblant trois structures : l’orphelinat Ngul Zamba, le Foyer de l’Espérance de Mvolye et le Centre d’accueil des enfants en détresse.
L’objectif est clair : mobiliser les personnes de bonne volonté afin de réunir des trousseaux scolaires, des kits médicaux et sanitaires ainsi que des denrées alimentaires.
« Cette année sera différente des autres années dans la mesure où, au lieu d’un seul orphelinat comme à l’accoutumée, nous avons choisi trois établissements », signale Suzy Thérèse Atangana, fondatrice de Kids Cries in Africa.
Trois établissements, trois formes de vulnérabilité
Ce choix n’est pas le fruit du hasard. Selon les responsables de la campagne, un travail de terrain a été effectué en amont afin d’identifier les besoins spécifiques des enfants accueillis dans chacune des structures.
Au Centre d’accueil des enfants en détresse, la situation des tout-petits interpelle particulièrement. La structure accueille notamment une vingtaine de bébés, dont certains sont encore loin de l’âge de la scolarisation.
Au Foyer de l’Espérance, l’attention est portée sur des enfants en situation de handicap, qui nécessitent un accompagnement adapté, notamment dans le domaine de la scolarisation spécialisée.
« On essaye d’accompagner comme on peut chaque souche de vulnérabilité pour cette rentrée scolaire », indique Suzy Thérèse Atangana.
Cette approche permet à la fondation de ne pas considérer la vulnérabilité comme une réalité uniforme. Les besoins d’un enfant scolarisé ne sont pas nécessairement ceux d’un bébé ou d’un enfant vivant avec un handicap.


Des kits pensés à partir des réalités du terrain
La campagne repose ainsi sur un recensement préalable des bénéficiaires.
« Les kits correspondent véritablement aux enfants en fonction de leur situation ».
Cette précision est importante pour les organisateurs. Depuis plusieurs années, Kids Cries in Africa accompagne des enfants confrontés à différentes formes de fragilité : orphelinat, handicap, maladies rares ou encore difficultés sociales.
La campagne de cette année entend donc associer éducation, santé et alimentation, trois dimensions essentielles pour permettre aux enfants de commencer l’année dans de meilleures conditions.

La santé, l’autre urgence
Derrière la rentrée scolaire se trouve également une autre préoccupation : celle de la santé.
La fondation indique accompagner depuis 2020 des enfants confrontés à des pathologies lourdes ou particulières, notamment des maladies rares, l’autisme, le handicap et le cancer.
« Depuis 2020, nous apportons du soutien médical pour les enfants qui sont très malades », souligne William Romuald Ngoudjou, responsable de la Communication à la fondation.
Cette dimension médicale donne à la campagne une portée qui dépasse la simple distribution de fournitures scolaires. Il s’agit également de répondre, dans la mesure des moyens disponibles, à des besoins sanitaires parfois urgents.

Quand l’histoire personnelle devient une source d’engagement
Si la fondation appelle aux dons, elle bénéficie aussi de l’engagement de plusieurs entrepreneurs et personnalités qui ont choisi de s’associer à cette initiative.
Chez certains participants, la solidarité trouve une résonance particulière dans leur propre histoire.
Maeva Manga Ambella, PDG de Bidzi Ya Dzal, elle-même orpheline de père et de mère, explique avec émotion :
« Ça me touche particulièrement parce que je suis orpheline complète de père et de mère. Aucun projet caritatif ne peut passer devant moi sans que je mette du mien. Voir un enfant souffrir, je sais ce que ça fait de vivre sans parents ».
Son engagement s’est notamment traduit par une contribution en denrées alimentaires et en repas.
Pour elle, la question n’est pas seulement de donner. C’est aussi de comprendre ce que vivent les enfants privés de soutien familial.

« Et si c’était moi ? » : le cri du cœur d’une autre donatrice
Xaverie Gladys Mbon, PDG de Les Saveurs du Littoral, également marquée par la perte de sa mère, raconte ce que provoque chez elle la rencontre avec les enfants vulnérables.
« Je me sens heureuse parce que moi, je suis orpheline de mère. Je me pose la question : si c’était moi ? ».
Son témoignage se transforme en une interrogation qui résume toute la portée humaine de la campagne :
Cette identification à la situation de l’autre nourrit son engagement. Pour elle, contribuer à la prise en charge des enfants malades, handicapés ou orphelins est une manière de redonner ce qu’elle a elle-même reçu.


Une nouvelle génération d’entrepreneurs entre dans la danse
La mobilisation dépasse également le cercle des habitués de l’action sociale. Des chefs d’entreprise ont choisi de mettre leurs moyens et leur influence au service de cette campagne.
Noé Eddy Essama, dirigeant de The Cleaners, une structure spécialisée dans l’hygiène professionnelle, explique avoir rejoint le mouvement par l’intermédiaire de sa tante, Suzy Thérèse Atangana.
Son engagement est motivé par une valeur qu’il considère fondamentale : la gratitude.
« On m’a toujours donné. Et je me sens obligé maintenant de donner aussi en retour ».
Son message aux personnes de bonne volonté est sans détour :
« J’encourage les gens à donner. Parce qu’un monde sans amour n’est pas un vrai monde »
Donner, même modestement, pour faire sourire
Thérèse Claudia Mbon, PDG de Scandalous by KM, fait également partie des personnes mobilisées. Son histoire personnelle explique son attachement à cette cause.
« J’ai perdu ma maman à l’âge de 14 ans et je sais ce que ça fait de vivre dans le manque ».
Pour elle, la contribution n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être utile. L’essentiel est de participer.
« J’ai vu qu’apporter ma petite touche à ces enfants allait beaucoup les rendre heureux. Il y a quoi de mieux que de les voir sourire ? »
Une philosophie qui résume finalement l’esprit de cette campagne : chacun peut donner selon ses possibilités.
Une collecte jusqu’au vendredi 4 septembre
La mobilisation se poursuit jusqu’au Vendredi 4 septembre 2026 à Awae IAI. Les contributions doivent permettre de préparer les différents dons destinés aux trois structures bénéficiaires.
À travers cette initiative, Kids Cries in Africa veut rappeler que la rentrée scolaire ne doit laisser aucun enfant au bord du chemin.
Un cahier, un uniforme, un kit sanitaire, un repas ou une contribution financière peuvent sembler modestes pris individuellement. Mais mis bout à bout, ces gestes peuvent changer le quotidien d’un enfant.
Dans cette campagne 2026, le message est donc simple : la solidarité n’est pas seulement une affaire de moyens. Elle est aussi une affaire de volonté, d’empathie et de cœur.


L’appel de Christ Twice in Africa
Alors que la date de clôture approche, la fondation invite les philanthropes, entreprises, associations et personnes de bonne volonté à rejoindre le mouvement.
Pour ces enfants, la rentrée n’est pas seulement une date sur le calendrier. C’est une nouvelle chance. Et cette chance peut commencer par un geste.
Judith Ndongo Ngoubè
