Après quatre jours d’apprentissage intensif, la session de formation dédiée aux veuves filles du département de la Mefou-et-Akono s’est achevée le 10 Juillet 2026. Portée par la Fondation Ulrich Chomche et l’Association Un Geste pour mon Prochain, avec l’appui du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), cette initiative vise en renforcer l’autonomisation économique des participantes à travers des filières agricoles innovantes et porteuses. La cérémonie de clôture s’est déroulée le 10 Juillet 2026 sous la présidence du Délégué Départemental de la Promotion de la Femme et de la Famille pour la Mefou-et-Akono, Vincent Atangana. Elle s’est tenue en présence de Régine Ndjiki Botol, présidente fondatrice de l’Association Un Geste pour mon Prochain (AGESPRO), et de Raymond Tsimi, Secrétaire général de la Fondation Ulrich Chomche
Durant quatre jours, les bénéficiaires ont été initiées à des techniques pratiques d’Entomoculture, à la production et à l’élevage des poulets africains ainsi qu’à l’élevage porcin. Des activités génératrices de revenus qui offrent de réelles perspectives d’insertion économique, notamment en milieu rural.
Au terme des travaux, les organisateurs ont insisté sur la nécessité pour les participantes de transformer les connaissances acquises en projets économiques viables.
La principale recommandation formulée à l’issue de la formation est la création d’une coopérative regroupant l’ensemble des bénéficiaires. Cette démarche permettra de mutualiser les moyens de production, de faciliter l’accès aux financements, d’améliorer la commercialisation des produits et de renforcer leur pouvoir économique.




Les acquis, désormais producteurs de résultats concrets
Prenant la parole au nom du MINPROFF, le Délégué Départemental a salué l’engagement des participantes et l’initiative des partenaires. Il a également encouragé les femmes à travailler en réseau afin de pérenniser les acquis de cette formation.
« La femme de la Mefou et Akono n’est pas très mal lotie que toutes les autres. Mais il reste que pour que cette autonomisation atteigne le niveau culminant il faudrait de multiples mains, et que la cible soit réceptive. Cela est déterminant. Nous pensons qu’à travers des sensibilisations comme celle-ci, elles commencent à comprendre la pertinence de se former, parce que la base est cet acquis. Quand on est formé on peut se déployer et forcément lutter contre la vulnérabilité », a-t-il souligné.
L’autonomisation passe par le savoir-faire
Pour la présidente fondatrice de l’AGESPRO, cette initiative répond à une volonté d’offrir aux femmes vulnérables des outils concrets pour leur indépendance financière. Un objectif atteint.
« Le nombre de femmes attendu est au-delà de ce que nous attendions et nous ne pouvons qu’être satisfaits de ce résultat. L’intérêt de l’Association Un Geste pour mon Prochain a été marqué du fait que dans l’un de nos objectifs nous collaborons avec d’autres associations qui ont les mêmes objectifs et la même vision avec l’AGESPRO, et il s’avère que la Fondation Ulrich Chomche a les mêmes objectifs que notre association », relève Régine Ndjiki Botol.
Le début d’un accompagnement
Le Secrétaire Général de la Fondation Ulrich Chomche a, pour sa part, souligné que cette cérémonie de clôture marque le début d’un processus que sa fin.
« Après cette formation, les femmes doivent se mettre en coopérative, leurs activités seront suivies. Après la mise en coopérative il y’a l’insertion. La Fondation Ulrich Chomche a ce défi majeur de former les jeunes, les femmes, les personnes vulnérables, afin de répondre au besoin de sortir les personnes de la précarité », Précise Raymond Tsimi.


Des bénéficiaires motivées
Au nom des participantes, plusieurs bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction au terme de cette formation, affirmant avoir acquis des compétences directement exploitables dans leurs communautés.
« Aujourd’hui nos cœurs débordent de joie et de reconnaissance. Vous nous avez offert une formation pluridisciplinaire. Grâce à vous, nous avons appris l’élevage des asticots, les poulets d’un jour, des procs, la gestion d’une provenderie et l’engraissement des poulets. Une que vous nous avez ouverte, une porte vers l’autonomisation, vers la connaissance, vers la dignité. Vous nous avez donné des outils concrets pour nourrir nos familles, scolariser nos enfants, porter des projets et prendre notre place dans le développement de notre département, mais aussi de notre pays », a témoigné Marcelline Owona, porte-parole des participantes.
Une dynamique à consolider
En encourageant la structuration des bénéficiaires en coopérative, les organisateurs entendent inscrire cette initiative dans une dynamique durable d’autonomisation économique. L’Entomoculture, l’élevage des poulets africains et la production porcine apparaissent aujourd’hui comme des filières porteuses, susceptibles de créer des emplois et de renforcer la sécurité alimentaire dans la Mefou-et-Akono.
La cérémonie s’est achevée dans une ambiance conviviale, marquée par la remise des attestations de participation et l’engagement collectif des bénéficiaires à mettre en pratique les enseignements reçus.
Judith Ndongo Ngoubè
