Comment garantir que les projets financés pour lutter contre les changements climatiques respectent les droits des populations ? C’est autour de cette interrogation que l’ONG Jeunesse Volontaire pour l’Environnement (JVE) a réuni le 21 Juillet 2026 à Yaoundé, des journalistes et des représentants d’organisations de la société civile. Au cœur des échanges : le Mécanisme de Recours Indépendant (IRM), un dispositif encore peu connu mais essentiel pour renforcer la transparence, la redevabilité et la participation citoyenne
Dans un contexte où les financements climatiques prennent une place grandissante dans les politiques de développement, la maîtrise des mécanismes de contrôle devient un impératif. L’atelier organisé au siège de JVE visait à doter les professionnels des médias et les acteurs de la société civile des connaissances nécessaires pour comprendre le fonctionnement du Mécanisme de Recours Indépendant.



Les participants ont été sensibilisés aux conditions de saisine, aux procédures de traitement des plaintes et au rôle de cet organe dans la résolution des différents liés aux projets financés par le Fonds Vert pour le Climat.
« Les journalistes et les membres de la société civile présents à cette activité ont appris comment déposer une plainte, comment suivre la plainte et comment obtenir réparation », explique Mamout Oumarou, Expert Junior en Mécanisme de Recours Indépendant.



Les médias, acteurs de la redevabilité
Au-delà de l’information, les journalistes sont appelés à jouer un rôle de veille citoyenne. En maîtrisant les mécanismes de recours, ils pourront produire des contenus plus documentés, expliquer les droits des communautés et contribuer à une meilleure compréhension des enjeux de gouvernance climatique.
« Les journalistes ont appris comment relayer l’information auprès des communautés victimes des projets financés par le Fonds Vert pour le Climat », souligne le facilitateur.
Les organisations de la société civile, quant à elles, constituent un relais indispensable entre les institutions et les populations, notamment dans l’accompagnement des communautés susceptibles d’être concernées par les projets climatiques.
« Les OSC peuvent désormais se charger de se rapprocher des populations cibles afin de mieux vulgariser le Mécanisme de Recours Indépendant, afin de permettre à celles-ci de connaitre leurs droits », précise Mamout Oumarou.
Pour Enesto Yene de la Fondation Conseil Jeunes,
« Un atelier comme celui-ci est important parce que les pays en voie de développement reçoivent beaucoup de fonds, mais généralement il y’a une faiblesse au niveau des mécanismes de recours. Pour un fonds comme celui-ci est évalué à des montants colossaux, il était de bon ton que les journalistes et la société civile s’approprient ce mécanisme, et le déclenchent désormais à chaque fois qu’ils se trouveront face à des populations lésées ».


La culture de la transparence à consolider
Les échanges ont mis en évidence la nécessité de vulgariser davantage les outils de gouvernance mis en place par les institutions internationales. Pour les participants, une meilleure connaissance du Mécanisme de Recours Indépendant contribuera à renforcer la confiance entre les bailleurs, les porteurs de projets et les bénéficiaires.
L’atelier a également permis de rappeler que les financements climatiques ne se limitent pas à la mobilisation des ressources. Ils impliquent aussi des exigences de transparence, de responsabilité et de respect des droits humains.
« Cette formation enrichit ma compréhension des mécanismes de recours et me permettra de mieux informer le public sur les possibilités offertes aux communautés affectées », signale Odile Pahai, Directrice de Publication de Recapdelactu.com.

Une initiative porteuse d’avenir
En organisant cette rencontre, JVE confirme son engagement en faveur d’une gouvernance climatique inclusive. En renforçant les capacités des journalistes et des organisations de la société civile, l’ONG contribue à faire émerger une culture de la redevabilité, indispensable à l’efficacité et à la crédibilité des investissements climatiques.
A l’heure où les financements verts se multiplient en Afrique, la diffusion de ces connaissances apparaît comme un levier essentiel pour garantir que les projets de développement bénéficient effectivement aux populations, dans le respect de leurs droits et des principes de bonne gouvernance.
Judith Ndongo Ngoubè
