En marge de la 51è session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF), le Réseau des femmes parlementaires s’est réuni ce Mercredi 6 Juillet 2026, sous la présidence de Lydienne Epoube, première Vice-présidente du Réseau des Femmes Parlementaires. En présence de la Représentante résidente d’Onufemmes Cameroun, cette rencontre a constitué un espace privilégié de dialogue, de partage d’expériences et de solidarité entre élues. Au cœur des échanges : les stratégies à mettre en œuvre pour accélérer l’accès des femmes aux postes de décision politique, alors que leur représentation dans les institutions parlementaires demeure encore en deçà des objectifs d’égalité
Le Réseau des femmes parlementaires poursuit une ambition constante : promouvoir une participation accrue des femmes à la vie politique et renforcer leur influence dans les processus de décision.
Réunies à Yaoundé, elles ont échangé sur les défis communs auxquels sont confrontés les élues, notamment les obstacles à l’accès aux fonctions de responsabilité, la consolidation politique et la nécessité de bâtir des institutions plus inclusives.
Bien plus que des débats, cette rencontre a également permis de renforcer les liens de solidarité entre les femmes parlementaires et de partager des expériences susceptibles d’inspirer les politiques nationales.
« Notre réseau c’est précisément : une chaîne de femmes déterminées, d’un parlement à l’autres, d’un continent à l’autre, qui refusent que les droits des femmes soient une option, et qui œuvrent, avec constance, pour les faire progresser au cœur des institutions », explique Lydienne Epoube, première Vice-présidente du réseau.


Des avancées, mais un chemin encore long
Les discussions se sont appuyées sur les données du dernier rapport mondial publié en 2026 par l’Union Inter Parlementaire (UIP) et ONU Femmes.
Le document révèle que les femmes occupent désormais 27,5% des sièges dans les parlements nationaux à travers le monde. Si cette proposition traduit une progression graduelle de la représentation féminine, elle demeure éloignée de la parité.
Le rapport met également en évidence un recul de la présence des femmes à la tête des institutions parlementaires. A l’échelle mondiale, elles ne représentent plus que 19,9% des présidences de parlements, soit 4 personnes seulement.
Ces chiffres rappellent que la conquête des responsabilités politiques reste un défi majeur pour les femmes, malgré les avancées enregistrées dans plusieurs pays.
Le Cameroun enregistre une progression encourageante
Le Cameroun figure parmi les pays ayant connu une évolution notable de la représentation féminine au sein de son Assemblée nationale.
Sur les 180 sièges que compte la chambre basse du Parlement, 61 sont occupés par des femmes, soit 33,9% des députés.
Cette proportion marque une progression significative par rapport à 2007, où les femmes ne représentaient que 13,9% des membres de l’Assemblée nationale.
Si cette évolution est saluée comme un signal positif, les participantes ont estimé qu’elle devait désormais se traduire par un accès plus important des femmes aux fonctions de leadership parlementaire et aux instances décisionnelles.


Consolider les acquis pour accélérer l’égalité
La présence de la représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun a illustré l’engagement des partenaires internationaux aux côtés des parlementaires dans la promotion du leadership féminin.
Les participantes ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le plaidoyer en faveur de réformes susceptibles de favoriser une représentation plus équilibrée des femmes dans les institutions politiques.
A Yaoundé, le message porté par le Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie est sans équivoque : les progrès enregistrés sont réels, mais ils demeurent insuffisants. Pour les élues francophones, renforcer la présence des femmes dans les parlements et aux plus hautes fonctions institutionnelles constitue un impératif démocratique et un levier essentiel pour construire des sociétés plus justes, plus inclusives et plus représentatives.
Judith Ndongo Ngoubè
