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 « Femme debout », bien plus qu’une posture

Être debout. Marcher, travailler, prendre soin de sa famille, participer à la vie de la société. Mais est-ce suffisant pour dire qu’une femme est véritablement debout ? C’est toute la réflexion portée par l’atelier « Femme debout : leadership, dignité et transformation sociale », organisé le 24 octobre 2026 à Yaoundé par l’Association Un Geste pour mon Prochain, AGESPRO, et l’ONG La Samaritaine.

À quelques semaines de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, Régine NDJIKI BOTOL et Yana Mbenda Edimo ont choisi de mettre l’accent sur un enjeu essentiel : l’autonomisation des femmes.

Car derrière les violences conjugales, les féminicides et les difficultés économiques, se pose aussi la question des moyens dont disposent les femmes pour défendre leurs droits, faire des choix et construire leur avenir.

Pour Régine NDJIKI BOTOL, présidente fondatrice d’AGESPRO, la réponse passe notamment par la formation.

« Pour les autonomiser, il faut enseigner, il faut former, il faut outiller ».

Former, oui. Mais aussi renforcer la confiance en soi, développer les capacités et favoriser l’indépendance. Autant de leviers que les organisatrices souhaitent placer au cœur de leurs actions.

« Dans notre pays le Cameroun aujourd’hui, les femmes sont en proie à la désolation. Elles veulent être aimées, elles ne le sont pas comme il se doit par leurs conjoints, mais victimes de barbarie, exposées à la mort, d’où le nombre croissant des féminicides », regrette-t-elle.

Pour Yana Mbenda Edimo, présidente de l’ONG La Samaritaine, être debout ne relève pas uniquement de la position physique. C’est aussi une question de force intérieure.

« Être debout physiquement et être debout mentalement, il y a un pont que nous avons besoin de combler ».

Cette réflexion donne tout son sens au thème de l’atelier. Le leadership féminin ne se mesure pas seulement aux fonctions occupées ou à la visibilité dans l’espace public. Il commence également dans la manière de se percevoir, de prendre des décisions et d’agir au sein de son propre foyer.

« Le leadership commence en nous, dans notre maison, et se traduit ensuite par ce que nous faisons dehors », souligne-t-elle.

L’agriculture fait partie des domaines d’intervention de La Samaritaine, mais le séminaire du 24 octobre était principalement consacré au développement personnel et au renforcement des capacités des femmes.

Ouverts par Olive Eyango, représentante du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, les travaux ont également mis en évidence la place de la collaboration entre les associations et les institutions publiques.

« Face aux enjeux d’accès à l’emploi et aux financements, la formation pratique à une activité génératrice de revenus offre des perspectives pour développer des initiatives entrepreneuriales avec des moyens limités et améliorer les conditions de vie. C’est dans cette dynamique que le Ministère de la promotion de la femme et de la famille œuvre à la promotion des droits et à l’épanouissement des femmes et des jeunes filles, notamment à travers son réseau de Centres de promotion de la femme et de la famille (CPFF), répartis dans les dix régions du pays », a-t-elle rappelé.

Reste maintenant la question de la continuité. Car un atelier, aussi pertinent soit-il, ne suffit pas à lui seul à transformer les réalités. La formation doit pouvoir déboucher sur des possibilités concrètes, un accompagnement durable et des actions de terrain.

À l’approche des 16 jours d’activisme, le message de Yaoundé est donc clair : lutter contre les violences faites aux femmes, c’est aussi renforcer leur autonomie, leur dignité et leur capacité à agir.

Être femme debout, ce n’est pas seulement tenir debout. C’est aussi pouvoir choisir, décider et vivre sans violence.

Judith Ndongo Ngoubè

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2 commentaires

  1. Merci à Mouaye-info pour l’accompagnement médiatique des OSC au Cameroun.
    Vos articles participent à informer et édifier les populations.

  2. Vraiment très intéressant. Toute il est très important je pense de penser aussi aux jeunes filles (primaire lycée) car c’est à ce niveau que l’esprit d’autonomie doit vraiment être cultivé. Mais qu’à cela ne tienne c’est vraiment une très belle initiative à encourager et surtout à vulgariser

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