À la grande mosquée de la Briqueterie-Ekoudou, la communauté musulmane rend un hommage solennel au Grand Imam central de la grande mosquée de Douala, Cheik Mouhamad Malik Farouk

La grande Mosquée de la Briqueterie à Yaoundé, a accueilli ce 11 août 2026 une cérémonie d’hommage à l’Imam central de la grande mosquée de Douala,par ailleurs président régional du CIDIMUC pour le Littoral, décédé le 30 juillet dernier à Douala. Organisée par le Conseil des Imams et Dignitaires Musulmans du Cameroun (CIDIMUC), sous la houlette du Coordonnateur général, Dr Moussa Oumarou, la cérémonie a réuni plusieurs dignitaires religieux et personnalités, dans une atmosphère de recueillement, de prière et de communion autour des valeurs de paix et de vivre-ensemble

À la grande Mosquée de la Briqueterie-Ekoudou, les voix des imams se sont élevées pour saluer la mémoire du défunt Imam central de la grande mosquée de Douala.

Venus notamment de Yaoundé, Douala, Limbé, Moutéguéne, Souza et Mbalmayo, les imams ont participé aux prières d’hommage, témoignant ainsi de l’importance de la figure religieuse disparue et de l’unité de la communauté musulmane autour de sa mémoire.

Cette cérémonie, organisée à l’initiative du CIDIMUC, n’était pas seulement un moment de deuil. Elle a également constitué un espace de rassemblement pour les responsables religieux, les partenaires de la communauté musulmane et les représentants de différentes sensibilités.

 « Nous avons compris que c’était un homme multidimensionnel. Voilà pourquoi les hommages sont venus un peu de partout. Et c’est justement parce que c’était un homme de paix qui jetait les passerelles, et détruisait les murs entre les communautés. Nous avons élevé des prières pour demander à Allah d’apaiser son âme. Mais surtout, nous avons imploré Allah par rapport à la relève. Parce que lorsqu’on a perdu une icône de son acabit, on peut se demander qui est celui-là qui va prendre le relais après », a relevé Cheik Moustapha Nouredine Sine, Imam de la Mosquée centrale N°2 de Yaoundé.

Une prière pour le Cameroun et son vivre-ensemble

Au-delà de l’hommage rendu au Grand Imam disparu, la cérémonie a été marquée par une prière spéciale pour le Cameroun.

Les participants ont imploré Allah d’accorder Sa miséricorde au peuple camerounais, de continuer à préserver le pays dans la paix et de consolider le vivre-ensemble.

Une démarche qui donne à cette cérémonie une dimension nationale. Dans un pays marqué par sa diversité religieuse, culturelle et communautaire, la prière apparaît ici comme un message d’unité et de confiance dans les institutions et les autorités du pays.

Des imams venus de plusieurs localités pour une mémoire commune

La présence d’imams venus de différentes villes et localités traduit la volonté de faire de cet hommage un moment de communion au-delà des frontières géographiques.

De Douala à Limbé, de Moutéguéné à Souza, jusqu’à Mbalmayo, les responsables religieux ont convergé vers Yaoundé pour participer à cette rencontre.

Ces déplacements témoignent également des liens qui unissent les différentes composantes de la communauté musulmane camerounaise et de la place qu’occupe le CIDIMUC dans la coordination et la promotion du dialogue au sein de cette communauté.

 « C’est un imam qui a été très fidèle. C’est un imam homme de principe, homme de deal. Il a passé toute sa vie à œuvrer pour la paix. Il a passé toute sa vie à œuvrer pour la spiritualité. Les imams doivent comprendre eux-mêmes que c’est l’œuvre de l’homme qui définit qui il est. S’il n’avait pas été comme il a été, nous n’aurions pas eu l’idée même d’organiser ça. Nous avons besoin d’œuvrer sur la conscience pour que tout le monde sache que la religion n’est pas envoyée à un individu, à une seule communauté ou à une seule tribu. Toutes les religions appartiennent et sont valables à l’être humain parce que c’est du salut de l’être humain qu’il s’agit », a souligné Moussa Oumarou, Coordonnateur général du CIDIMUC.

Le dialogue interreligieux en toile de fond

Parmi les personnalités présentes figurait le Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée Equatoriale, José Avelino Bettencourt.

Sa participation à cette cérémonie d’hommage vient rappeler une autre dimension portée par la rencontre : celle du dialogue interreligieux et de la fraternité entre les communautés religieuses.

Dans un Cameroun où musulmans et chrétiens vivent côte à côte et participent à la construction de la nation, la présence du représentant du Saint-Siège constitue un signal fort en faveur de la compréhension mutuelle, du respect et de la coexistence pacifique.

 « Nous sommes venus à la grande mosquée de Yaoundé pour rendre nos respects à cet imam qui a toujours témoigné de grandes valeurs. Un grand respect, une grande dignité qui a travaillé pour la cohabitation entre peuples, entre communautés de différentes fois, de différentes régions. Et alors, je me sentais dans le devoir de venir en personne pour donner les condoléances aux imams, à la communauté musulmane et prendre ma présence comme un signe concret de solidarité et d’unité avec vous, nos frères, qui nous apprécient beaucoup », a témoigné le Nonce apostolique.

Quand la technologie rapproche aussi les communautés

La cérémonie a également enregistré la présence du représentant résident de l’IAI-Cameroun, partenaire du CIDIMUC.

Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique de modernisation et de renforcement des capacités des responsables religieux. L’IAI-Cameroun est notamment sollicité pour accompagner la formation des imams dans les domaines des technologies de l’information et de la communication (TIC) et, plus récemment, de l’intelligence artificielle.

Une coopération qui illustre l’évolution des besoins de la communauté religieuse, désormais confrontée à de nouveaux enjeux liés au numérique, à la circulation de l’information et à l’utilisation responsable des nouvelles technologies.


« C’est l’heure d’arriver à la modernité. L’IAI, partenaire du CIDMUC, sera toujours là auprès du Dr Moussa pour continuer ce beau travail. Je suis très heureux de ce partenariat entre le CIDMUC et l’Institut Africain d’Informatique, grâce à la formation des imams en technologies de l’information et de la communication et en intelligence artificielle. Nous allons continuer ce travail et je suis très heureux de cela », a indiqué Armand Claude Abanda.

De la mémoire à la transmission

À travers cette cérémonie, le CIDIMUC entend ainsi entretenir la mémoire Imam central grande de la mosquée de Douala, tout en rappelant la nécessité de transmettre aux générations futures les valeurs portées par les guides religieux.

La prière pour le défunt se double d’une prière pour le pays. L’hommage à une personnalité religieuse devient alors un moment de réflexion sur la responsabilité collective : préserver la paix, renforcer le dialogue entre les communautés et accompagner les jeunes générations dans un monde en pleine transformation.

Un hommage, mais aussi un message

À Tsinga, ce 11 août 2026, l’émotion était palpable. Mais derrière le recueillement, un message se dessinait : celui d’une communauté qui entend rester fidèle à la mémoire de ses guides tout en regardant vers l’avenir.

La disparition de l’Imam central de la grande mosquée Douala laisse un vide. Mais les prières élevées en sa mémoire, la présence des imams venus de plusieurs horizons et la participation de personnalités chrétiennes et de partenaires institutionnels témoignent d’une volonté de faire vivre, au-delà du deuil, les valeurs de paix, de fraternité, de dialogue et de vivre-ensemble.

À travers cette cérémonie, le souvenir du défunt Imam central s’inscrit ainsi dans une mémoire collective qui dépasse les murs de la mosquée centrale de Douala.

Judith Ndongo Ngoubè

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