Gong, Région du Nord. Faire connaître un mécanisme international ne suffit pas. Encore faut-il que son fonctionnement soit compris par celles et ceux auxquels il est destiné. C’est de cette conviction qu’est née l’approche que déploiera Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE Cameroun) dans la localité de Gong, à l’occasion de sa mission de vulgarisation du Mécanisme de Recours Indépendant (IRM) du Fonds vert pour le climat, conduite dans le cadre de l’IRM CSO Grant 2026
Au-delà des sessions de formation prévues pour les communautés, JVE Cameroun fait le choix d’une démarche résolument inclusive en accordant une place centrale aux femmes, souvent les premières concernées par les effets des projets de développement et des changements climatiques, mais encore insuffisamment représentées dans les espaces d’information et de prise de décision.
Un atelier spécifique leur sera consacré afin de créer un cadre d’échange adapté, où elles pourront s’approprier les principes du Mécanisme de Recours Indépendant, comprendre les droits qui leur sont reconnus et acquérir les outils nécessaires pour faire entendre leur voix lorsque des projets financés par le Fonds vert pour le climat affectent leurs moyens de subsistance, leur environnement ou leurs conditions de vie.
Pour JVE Cameroun, promouvoir une gouvernance climatique inclusive passe également par une communication adaptée aux réalités socioculturelles des territoires. C’est pourquoi l’organisation développera, pour cette mission, des supports de sensibilisation en langue locale, afin de rendre les messages plus accessibles et de favoriser une meilleure appropriation du mécanisme par les communautés.
Cette démarche sera portée avec l’appui de Mamout Oumarou, assistant projet à JVE Cameroun et originaire de cette partie du pays. Sa parfaite connaissance des langues, des codes culturels et des réalités locales constituera un atout majeur pour établir un dialogue de proximité avec les populations et garantir une transmission fidèle des informations.
En privilégiant les langues locales, JVE Cameroun fait le choix de lever l’une des principales barrières à l’accès aux mécanismes de recours : celle de la compréhension. Car un droit n’est véritablement effectif que lorsqu’il est compris par celles et ceux qui peuvent en bénéficier
Pour Blondel Silenou, chef de projet à JVE Cameroun, cette approche s’inscrit dans une vision plus large de la justice climatique.
« Nous avons fait le choix d’une approche sensible au genre et adaptée aux réalités locales, parce que l’accès à l’information ne doit laisser personne de côté. Les femmes jouent un rôle essentiel dans la résilience des communautés face aux changements climatiques, mais elles demeurent trop souvent éloignées des mécanismes de participation et de recours. En leur consacrant un espace spécifique et en communiquant dans les langues qu’elles utilisent au quotidien, nous créons les conditions d’une participation plus équitable et plus efficace. Notre ambition est que chaque membre de la communauté, quel que soit son niveau d’instruction ou sa langue, puisse comprendre ses droits et savoir comment les exercer », explique-t-il.
À Gong, cette approche inclusive illustre la volonté de JVE Cameroun de faire de la gouvernance climatique un processus réellement participatif, où les mécanismes internationaux ne sont plus perçus comme des dispositifs éloignés des réalités du terrain, mais comme des outils concrets au service des communautés.
En rapprochant les messages des langues, des cultures et des réalités vécues par les populations, l’organisation rappelle une évidence souvent négligée : la justice climatique ne se construit pas uniquement à travers les financements ou les infrastructures. Elle se construit aussi par une information accessible, une écoute attentive et une participation effective de toutes et de tous, en particulier des femmes, dont la voix est indispensable à un développement véritablement inclusif.
Jeunesse Volontaire pour l’Environnement
