Entre tensions mondiales et quêtes de paix : L’APF ouvre sa 51e session à Yaoundé

La 51è session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) s’est officiellement ouverte ce Vendredi 10 Juillet 2026 à l’hémicycle du Palais de Verre Paul Biya à Yaoundé. Dans un contexte international marqué par les crises géopolitiques, les conflits et les remises en cause du multilatéralisme, les responsables de l’institution ont réaffirmé la vocation de la Francophonie parlementaire : privilégier le dialogue, renforcer la coopération entre les Etats et faire des parlements des acteurs de la paix et de la stabilité

C’est une Francophonie face aux turbulences du monde qui réunit ses parlements à Yaoundé depuis le 6 Juillet 2026 à Yaoundé. Le président de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie a, dans son propos liminaire, dressé le constat d’un environnement international particulièrement préoccupant, marqué par la multiplication des foyers de tension et l’affaiblissement des mécanismes traditionnels de concertation.

Pour Hilarion Etong, par ailleurs premier Vice-Président de l’Assemblée nationale du Cameroun, cette conjoncture confère une responsabilité accrue aux institutions parlementaires, appelées à maintenir les passerelles entre les peuples et à préserver les espaces de dialogue.

« Jamais, en effet, depuis plusieurs décennies les équilibres mondiaux n’ont semblé aussi fragiles. Dans un contexte de compétitions stratégiques entre puissances, les guerres se prolongent. Les tensions géopolitiques s’intensifient. Les démocraties sont contestées. Les replis identitaires progressent. Les certitudes d’hier vacillent, les tensions internationales se multiplient, qu’elles soient militaires, économiques, climatiques ou technologiques. Et parce que ces enjeux sont transversaux, le doute gagne parfois jusqu’à l’idée même de coopération internationale, toutes choses qui font mal à la Francophonie », relève-t-il.

Le président de l’APF a rappelé que l’organisation entend demeurer un cadre de coopération parlementaire où les divergences peuvent des valeurs démocratiques et de la solidarité francophone. Les thèmes retenus pour cette session, notamment le multilatéralisme, la souveraineté des Etats, les changements climatiques et l’intelligence artificielle illustrent cette volonté d’apporter une réponse parlementaire aux grands défis contemporains.

« Et justement, le multilatéralisme de demain ne pourra durablement prospérer que s’il repose que s’il repose sur un principe simple : aucune culture, aucune civilisation, aucune région du monde ne peut prétendre détenir à elle seule la mesure universelle du progrès humain. La véritable universalité ne naît pas de l’uniformité ; elle naît de la rencontre, du respect et de la reconnaissance réciproque. La Francophonie, par sa diversité même, porte cette conviction précieuse ; il est possible de construire un destin commun sans renoncer à ce qui fait l’identité, la dignité et la souveraineté de chacun », précise-t-il.

Les parlementaires appelés à transformer le dialogue en action

Président de l’Assemblée nationale du Cameroun, Théodore Datouo a, pour sa part, insisté sur le rôle stratégique des représentants des peuples dans la consolidation de la paix et le rapprochement entre les Etats.

Selon lui, les parlementaires ne doivent pas se limiter à accompagner les décisions des exécutifs. Ils ont également la responsabilité de porter les aspirations des citoyens, d’encourager le dialogue entre les nations et de traduire les engagements internationaux en actions concrètes.

« Nous, parlementaires ne pouvons rester de simples observateurs des mutations qui traversent le monde. Notre responsabilité est d’accompagner cette transformation. A ce titre, les Parlements ont un rôle à jouer dans la promotion d’un développement durable conciliant protection de l’environnement, croissance économique et progrès social. L’espace francophone dispose à cet égard, d’atouts considérables : la diversité de ses expertises, la qualité du dialogue entre ses membres. Nous pouvons faire de notre assemblée un véritable laboratoire d’idées, un espace d’échanges de bonnes pratiques, et une force de propositions au service de nos peuples », souligne-t-il.

Pour le président de l’Assemblée nationale du Cameroun, la diplomatie parlementaire constitue désormais un levier indispensable du multilatéralisme, à une époque où les crises exigent davantage de concertation et de coopération.

Yaoundé, capitale de la diplomatie parlementaire francophone

Organisée au Cameroun du 6 au 10 Juillet 2026, la 51e session de l’APF réunit des parlementaires venus des différentes sections de l’espace francophone. Les travaux portent notamment sur le renforcement du multilatéralisme, la souveraineté des Etats, les changements climatiques, le développement durable et la solidarité entre les peuples francophones.

Au-delà des résolutions attendues, cette session entend réaffirmer la place de la diplomatie parlementaire comme instrument de dialogue dans un monde en quête de nouveaux équilibres.

Judith Ndongo Ngoubè

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