Le 27 Février 2026 à Douala, les professionnels des médias ont pris rendez-vous avec leur responsabilité historique. Réunis à la faveur d’un atelier organisé par l’ONG Un Monde Avenir, ils ont réfléchi à leur contribution pour des élections justes et transparentes. Au cœur des échanges : éthique, rigueur et engagement citoyen
En période électorale, la frontière entre information et influence devient fragile. Les journalistes présents à Douala ont rappelé, sur la base d’un partage d’expériences, que leur rôle n’est pas de choisir à la place du citoyen, mais de leur fournir des éléments fiables pour décider librement.
« Je sors de ce séminaire grandie et bien plus outillée pour assurer la couverture médiatique en matière électorale dans notre pays. La séance de partage d’expériences des aînés m’a beaucoup édifiée. J’ai appris par exemple que le journaliste doit toujours s’appuyer sur le Code électoral avant de s’engager sur les questions électorales. Le journaliste doit être neutre, impartial et objectif. J’ai été édifiée sur les notions d’Etat, citoyen, population, etc. Cette rencontre des hommes et femmes de médias sur la communication en période électorale arrive vraiment à point nommé au moment où le Cameroun s’apprête à organiser les élections locales. Occasion de dire un grand merci à l’ONG Un Monde Avenir pour cette initiative », confie Marie Noël Njamen, journaliste en service à Amplitude FM à Yaoundé.
Edouard Diallo, journaliste officiant pour le média en ligne En route pour le Nkam, souligne :
« La responsabilité en période électorale en tant que journaliste est très lourde. Chasse, vérification, publication de la bonne information en toute équité. Il faut que les points évoqués ce 27 Février à l’occasion du renforcement des capacités de communication des hommes de médias par l’ONG Un Monde Avenir montrent à suffisance que le journaliste est un acteur important dans le traitement de l’information en période électorale. Les médias ont donc le devoir d’être responsables vis-à-vis des candidats, des électeurs, des ONG, des problèmes qu’on rencontrera sur le terrain, traiter les informations avec professionnalisme ».


L’éthique comme boussole
L’atelier a mis en avant les principes fondamentaux : vérification des faits, équilibre dans le traitement des candidats, refus des discours de haine et prudence dans la publication des résultats.
Dans un contexte où la désinformation circule rapidement, les professionnels des médias sont appelés à devenir des remparts contre les rumeurs et les manipulations.
« Il a été question pour les journalistes de discuter sur les grandes lignes qui concernent les élections libres et transparentes pour comprendre aussi les enjeux sur les élections, comprendre l’importance et la nécessité d’accompagner les publics à mieux comprendre les enjeux pour des élections libres et transparentes. La dimension atelier qui consiste à mettre tout le monde à l’œuvre a fait participer des anciens journalistes qui ont partagé leur expérience permettant aux jeunes de mieux comprendre comment accompagner un processus électoral, comment se comporter, quels sont les aspects à prendre avec de l’intérêt au cours d’une élection, ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire, comment contribuer d’une manière ou d’une autre à impacter sur la qualité des résultats, parce que les médias, à travers la communication, les interactions, l’accompagnement des campagnes ont un grand impact sur l’orientation des choix par les publics, étant donné que les gens choisissent des élus parce qu’ils ont écouté à la télé, à la radio, ils ont lu à la presse, la présentation d’une personne. Si l’accompagnement en terme de communication et d’information est mal fait, le choix peut aussi être mal fait, et c’est pour ça que l’atelier a beaucoup travaillé sur le rôle que les médias ont à accompagner les publics à opérer un choix objectif, un choix non intéressé par la proximité tribale, ou encore par ce que nous appelons l’achat des voix », indique Philippe Nanga, Coordonnateur d’Un Monde Avenir.



La presse, un pilier de la confiance publique
Au-delà des techniques journalistiques, c’est la confiance du public qui est en jeu. Des élections justes ne reposent pas uniquement sur l’organisation matérielle du vote, mais aussi sur un environnement médiatique sain et équitable.

A Douala ce 27 Février, les journalistes ont réaffirmé leur engagement : contribuer à la transparence, préserver la paix sociale et renforcer la démocratie. Car au final, informer avec rigueur, c’est déjà protéger le vote.
Judith Ndongo Ngoubè
