Du 12 au 13 Février 2026, la ville de Garoua dans la région du Nord Cameroun, accueille un séminaire atelier de formation dédié aux femmes Maires ainsi qu’aux leaders traditionnels et religieux. Initiée par l’association Femmes du Sahel (FDS) en partenariat avec ONU Femmes Cameroun, la rencontre vise à renforcer les capacités des acteurs clés pour prévenir et combattre efficacement les violences à l’égard des femmes et des filles, dans un contexte où les violences basées sur le genre (VBG) demeurent préoccupantes, avec une prévalence estimée à 68,7% dans les ménages de la partie septentrionale du pays
Durant deux jours, les participantes et participants explorent des outils et approches sensibles au genre, adaptés au contexte socioculturel camerounais. L’ambition : passer d’une prise de conscience à une action structurée et durable. La Représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun insiste sur la nécessité d’intégrer des approches transformatrices, capables de déconstruire les inégalités enracinées dans les pratiques sociales.
« La question des violences faites aux femmes et aux filles n’est pas une question de femmes, c’est une question de société. C’est toute la société qui doit s’engager ensemble, en synergie pour changer la situation, transformer les normes sociales et aider au respect des droits des femmes et des filles qui doivent elles aussi être des actrices à part entière pour le développement de leur pays. C’est dans ce cadre que nous sommes ici à Garoua », souligne Marie Pierre Raky Chaupin.

Un contexte d’urgence dans la partie septentrionale
Avec une prévalence des VBG atteignant 68,7% dans les ménages du Nord, la région apparaît comme un espace prioritaire d’intervention. Les organisateurs rappellent que les violences domestiques, les mariages précoces et les discriminations économiques continuent de freiner l’autonomisation des femmes.
Pour la présidente fondatrice de l’association FDS, par ailleurs écrivaine engagée en faveur de la préservation des droits des femmes et des filles, Ambassadrice ONU Femmes, cette formation répond à une nécessité concrète :
« C’est un sujet d’une importance extrême, et évidemment totalement d’actualité. A chaque fois que je publie un roman, dont les thèmes principaux sont les questions de violence, la question principale qu’on me pose est de savoir si ce n’est pas dépassé, si cela existe encore. Bien-sûr qu’elle reste d’actualité parce qu’on voit les conséquences sur le terrain tous les jours. Il y’a le mariage des enfants, dont des données révèlent un taux de 50 à 60% des cas. Nous voyons les féminicides liées à ces questions de violences sur les femmes tous les jours. Il est donc essentiel qu’on continue de sensibiliser, d’en parler, et qu’on puisse tenir des ateliers comme celui-ci, auprès des leaders communautaires, des femmes Maires etc, pour que tout le monde puisse s’emparer du sujet et évidemment, qu’on puisse réfléchir ensemble sur les solutions à apporter », explique Jaili Amadou Amal.

Des outils pour agir durablement
Au programme, analyse des cadres juridiques nationaux et internationaux, identification des mécanismes de signalement, élaboration de plans d’action communaux et partage de bonnes pratiques.
L’objectif affiché est clair : doter les responsables locaux de compétences pratiques pour prévenir les discriminations et répondre efficacement aux cas de violences.

Au terme de l’atelier, ONU Femmes Cameroun et l’association FDS espèrent voir émerger un réseau d’élues et de leaders engagés à porter le plaidoyer contre les VBG dans leurs communes et chefferies.
En réunissant autorités municipales, chefs traditionnels et partenaires internationaux, le séminaire de Garoua signifie que la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles commence au cœur des communautés.
Judith Ndongo Ngoubè
