En amont des élections, ONUFEMMES et les élues locales s’attaquent aux violences structurelles

A l’approche des élections législatives et municipales de 2026, les femmes élues locales du Cameroun sont réunies depuis ce Mercredi 03 Décembre 2025 à Yaoundé, pour une importante rencontre nationale consacrée au thème : « Femmes, violences et paix : combattre les violences structurelles pour un leadership féminin transformateurs ». Organisé par la branche camerounaise du Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELACAM), en partenariat avec ONUFEMMES et avec le soutien du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, cet événement s’inscrit dans la dynamique de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes et des filles

Ce premier jour des deux journées de travaux a été officiellement ouvert par l’Inspecteur Général du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, représentant la ministre. Nathalie Ngemba salue la tenue de cette rencontre, à un moment où le pays se prépare à renouveler ses institutions locales et nationales. Le département ministériel en charge de l’épanouissement de la femme manifeste ainsi son soutien indéfectible aux élues locales.

« Cette initiative du REFELACAM est une très grande opportunité pour les femmes élues locales de se retrouver et de pouvoir dire tout haut les violences qu’elles subissent dans les communautés. Sachant que notre société est fondée sur le patriarcat, il est difficile pour les femmes de s’engager pleinement en politique, pourtant les 10% de femmes Maires que nous avons au Cameroun à l’heure actuelle font de leur mieux. Au ministère nous avons élaboré toute une stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre, parce que la violence n’est pas que physique et elle s’exerce dans toutes les sphères de la vie », indique l’IG du MINPROFF.   

Au cœur des échanges, la nécessité de démanteler les violences structurelles, administratives, sociales, politiques ou structurelles, qui freinent l’émergence d’un leadership féminin solide.

« Les violences structurelles se manifestent dans les inégalités persistantes : accès limité aux opportunités économiques, faible représentation dans les instances de décision, difficultés d’accès à certains types de formation ou d’emploi, surtout dans les zones rurales. En politique, la femme occupe les seconds postes. Cette rencontre que nous vivons aujourd’hui est plus qu’un moment de réflexion, c’est une plateforme de renforcement de capacités, de sororité et de visibilité. Un espace où nous partageons nos expériences, nos stratégies et nos solutions innovantes pour combattre les violences qui nous touchent. Un espace où nous affirmons notre rôle essentiel dans la paix, la cohésion sociale et la transformation de nos communautés », Relève Marie Angèle Meyanga Epse Noah, Maire de la commune d’Afanloum, présidente du REFELACAM. 

ONUFEMMES, présente aux côtés des participantes, rappelle l’importance de créer un environnement politique inclusif, garantissant aux femmes un accès équitable aux espaces décisionnels.

« Quand les femmes sont élues, elles transforment leurs communautés, elles transforment leur environnement. Elles sont aussi des modèles pour les autres femmes, pour les filles qui les regardent, pour s’engager aussi dans la politique et la prise de décisions. Cette activité que nous avons avec le REFELACAM et le MINPROFF ce matin est une activité inscrite dans un Agenda d’accompagnement, qui veut sensibiliser, mais aussi faire le plaidoyer pour transformer la mentalité des uns et des autres, faire comprendre que les femmes élues sont des citoyennes avant tout engagées, ce sont des citoyennes courageuses qui s’engagent aussi pour la paix dans les communautés et qui permettent de prendre en charge les besoins de leurs concitoyens et qui peuvent aussi, au niveau politique, changer l’environnement, changer la vie des uns et des autres », réaffirme Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante de l’ONUFEMMES au Cameroun.  

Cette première journée permet de poser les bases d’une réflexion profonde et d’une mobilisation collective destinée à renforcer la participation politique des femmes, à promouvoir la paix et à encourager un leadership transformateur capable d’impulser des changements durables dans la gouvernance locale et nationale.

Judith Ndongo Ngoubè

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