Afin de rapprocher l’administration des citoyens et de garantir le droit fondamental à l’identité dès la naissance, un poste d’état civil avancé est installé à l’hôpital central de Yaoundé. Cette initiative est portée par la Commune de Yaoundé 2, mise en œuvre avec le soutien du Bureau National de l’’Etat Civil (BUNEC), et l’accompagnement de l’Hôpital central de Yaoundé, qui abrite désormais ce dispositif stratégique, inauguré le 22 Décembre 2025
Dans un contexte où les déclarations tardives de naissance demeurent un défi majeur, l’implantation d’un poste d’état civil avancé au sein de l’Hôpital central de Yaoundé apparaît comme une réponse adaptée. La proximité du service avec les familles permet d’effectuer les déclarations de naissance sur le lieu même de l’accouchement, réduisant ainsi les contraintes liées aux déplacements et aux délais administratifs. Cette approche favorise une meilleure couverture de l’enregistrement des naissances, en particulier dans une formation sanitaire de référence à forte fréquentation.

Le droit à l’identité, socle de la citoyenneté
L’acte de naissance constitue le premier document juridique d’un individu. Sans lui, l’enfant est privé de reconnaissance légale et se trouve exposé à de multiples formes d’exclusion. Le poste d’état civil avancé contribue à sécuriser ce droit fondamental, en assurant une déclaration rapide et systématique des naissances.
Il s’agit ainsi d’un levier essentiel pour la protection des droits de l’enfant et pour la construction d’une citoyenneté inclusive dès les premiers jours de vie.
« Le défi est immense. Il y’a 237 Millions d’enfants dans le monde qui se trouvent sans actes de naissance. En Afrique Subsaharienne, les statistiques sont tel que 59% d’enfants ne sont pas enregistrés. En Afrique Centrale c’est 49% d’enfants qui ne le sont pas et au Cameroun, notre pays, le taux est de 34%. C’est ainsi donc que des mesures ont été prises pour renverser la tendance, sous impulsion du Président de la République, Paul Biya. Ces mesures tiennent à l’offre et à la demande de l’état civil. Il y’a notamment l’informatisation de l’état civil, il y’a la sensibilisation des populations sur l’importance de l’état civil et la création des bureaux d’été civil dans les formations sanitaires. C’est le cas d’espèce ici à l’Hôpital central », relève le Directeur Général du BUNEC, Alexandre Marie Yomo.

Une initiative municipale soutenue par l’expertise nationale
La Commune de Yaoundé 2, à l’initiative du projet, inscrit cette action dans sa politique de gouvernance de proximité. Le BUNEC apporte, quant à lui, son expertise technique et son appui à la modernisation du système, notamment à travers la digitalisation et la sécurisation des actes. Cette complémentarité institutionnelle renforce la crédibilité et la durabilité du dispositif.
« Il est question pour nous de moderniser l’état civil, ce qui passe par la digitalisation. Dorénavant, une femme qui vient accoucher à l’Hôpital central de Yaoundé n’a plus besoin de parcourir des kilomètres pour faire établir l’acte de naissance de son enfant. Après avoir accouché, elle fournit les documents nécessaires qu’il faut pour établir l’acte de naissance et elle pourra rentrer chez elle avec l’acte de naissance sans passer par la mairie de Yaoundé 2. Nous gagnons en temps, nous nous rapprochons de nos populations, parce que c’est le rôle de l’administration et c’est une volonté du Chef de l’Etat. C’est une réforme très importante, une innovation technique et technologique, une prouesse à l’actif du Chef de l’Etat. Nous remercions le Directeur de l’Hôpital central qui a bien voulu travailler en collaboration avec notre municipalité pour que nous puissions avoir ce local. Nous l’avons équipé avec l’accompagnement du BUNEC », signale le Maire Yannick Martial Ayissi Eloundou.

L’Hôpital central de Yaoundé, un cadre stratégique
En abritant le poste d’état civil avancé, l’Hôpital central de Yaoundé joue un rôle clé dans la réussite de l’initiative. La structure hospitalière offre un cadre idéal pour capter l’événement de naissance en temps réel et garantir un enregistrement immédiat. Ce positionnement stratégique fait de cette formation sanitaire un acteur à part entière de la chaîne de l’identité légale.
Parmi les bénéficiaires des actes de naissance digitalisés, Madame Balep Essomè ne cache pas sa satisfaction.
« Je voudrais féliciter cette initiative, c’est une grande première qui nous facilité beaucoup de choses. Avant on avait des difficultés à avoir des actes de naissance, le processus prenait assez de temps. Par conséquent on se décourageait et on abandonnait les actes de naissance. Malheureusement tous les enfants n’avaient pas d’acte de naissance. Maintenant c’est facile et cela permettra à celui qui n’a pas assez de temps de pouvoir avoir le document de son enfant dans les délais », confie-t-elle en exprimant sa gratitude envers la Commune de Yaoundé 2, du BUNEC et de l’Hôpital central de Yaoundé.

Vers une extension du modèle à d’autres formations sanitaires
Le poste d’état civil avancé de l’Hôpital central de Yaoundé se présente comme une expérience pilote appelée à être consolidée et étendue. A terme, la généralisation de ce modèle dans d’autres hôpitaux pourrait contribuer significativement à l’objectif d’enregistrement universel des naissances au Cameroun.
« Nous avons tout à côté la Fondation Chantal Biya qui a déjà également son poste avancé d’état civil. Dans les jours à venir nous allons programmer une pareille cérémonie. Après nous irons à l’Hôpital de la Cité verte, mettre en place un poste d’été civil pour les actes », annonce le Maire de la Commune de référence du Cameroun.

Une démarche qui allie proximité administrative, innovation institutionnelle et respect des droits humains.
Judith Ndongo Ngoubè
