Lors du lancement officiel de la campagne internationale « 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes et des filles », axée cette année sur la lutte contre la violence numérique, le système des Nations Unies marque de manière significative sa présence et son engagement. A travers une intervention forte et structurée de Nadine Perrault, représentante du Coordonnateur de l’institution, par ailleurs Représentante résidente de l’UNICEF au Cameroun, l’organisation réitère son soutien au gouvernement et aux acteurs nationaux dans leur combat pour un espace digital plus sûr, inclusif et respectueux des droits des femmes et des filles
Dans son allocution, la représentante du Système des Nations Unies souligne l’ampleur croissante des violences en ligne : cyber harcèlement, discours haineux, manipulation d’images, extorsion et autres formes d’abus qui touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles. Elle rappelle par ces mots du Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, que ces violences, bien que virtuelles dans leur forme, ont des conséquences bien réelles sur la santé mentale, la sécurité, l’accès à l’éducation, à l’emploi et à la participation publique.
« La violence à l’égard des femmes et des filles demeure l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Une femme sur trois continue de subir des violences au cours de sa vie au Cameroun. Les féminicides, la forme extrême de violence physique brise quotidiennement la vie de nombreuses femmes. 76 cas ont été signalées en 2024. Avec l’essor des nouvelles technologies, la violence en ligne à l’encontre des femmes et des filles est en augmentation. C’est dans cette optique que la campagne met l’accent sur la violence numérique à l’égard des femmes et des filles, en rappelant également que la sécurité numérique est un élément essentiel de l’égalité des sexes », déclare-t-elle.
Le Système des Nations Unies insiste également sur la nécessité d’un engagement collectif, impliquant autorités publiques, familles, communautés, société civile et médias. Pour l’ONU, la lutte contre la violence numérique passe par la combinaison d’actions : prévention, sensibilisation, renforcement de la législation, amélioration des mécanismes de signalement, accompagnement des survivantes et éducation au numérique responsable.
« Les discours de haine gagnent du terrain en ligne. La violence qui débute en ligne peut se propager hors ligne sous forme de harcèlement, d’agression voire, de féminicide. Pour mettre fin à cette crise, il nous faut tous agir. Les pouvoirs publics doivent criminaliser la violence numérique et renforcer le soutien aux victimes », signale Nadine Perrault.
Par ailleurs, le Système des Nations Unies soutient le Cameroun dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles à travers plusieurs initiatives, incluant le renforcement des cadres politiques et législatifs, la mise en place de centres d’accueil et de soutien, la formation des professionnels et la sensibilisation des populations. L’objectif est d’améliorer l’accès aux services essentiels, de prévenir les violences et d’engager des changements de comportement grâce à des partenaires et des programmes spécifiques.
En prenant part à ce lancement, le Système des Nations Unies réaffirme ainsi que la lutte contre les violences, sous toutes leurs formes, demeure au cœur de sa mission. Et que dans l’ère numérique, protéger les femmes et les filles c’est protéger leur avenir, leur parole, leur liberté et leur pleine participation à la société.

ONU Femmes en action
Dans le cadre de cette campagne, l’organisation du Système des Nations Unies annonce une série d’activités majeures dans la ville de Yaoundé, marquant ainsi son engagement résolu à soutenir les communautés dans la promotion des droits des femmes et la prévention des violences sous toutes leurs formes. Lesdites activités s’articulent autour d’ateliers de formation et d’éducation numérique, des rencontres communautaires et dialogues publics, des campagnes de sensibilisation dans des établissements scolaires et universitaires, une mobilisation médiatique, des actions de plaidoyer.
A travers cette programmation dense et inclusive, ONU Femmes souhaite impulser une dynamique durable, où chacune et chacun comprend son rôle dans la lutte contre les violences. La ville devient ainsi un véritable laboratoire d’actions concrètes, un espace d’engagement collectif et un exemple de mobilisation pour un avenir où chaque femme et chaque fille peut vivre, s’exprimer et évoluer en toute sécurité, en lige comme hors ligne.
