Cameroun – Israël : Un dialogue stratégique pour renforcer les droits des femmes

A l’initiative de l’Ambassadeur d’Israël au Cameroun, Amnon Kalmar, et de son épouse, Smadar Kalmar, une rencontre d’échanges s’est tenue le 12 Février 2026 avec des organisations de la société civile camerounaise, à la résidence du Chef de la mission diplomatique à Yaoundé. Invitée spéciale, Tania Ber-Rafaeli, Directrice du Département Afrique centrale et de l’Ouest au Ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, est venue explorer des opportunités de collaboration pour la préservation et la promotion des droits des femmes

Autour de la table, des femmes aux profils variés : responsables d’associations, entrepreneures et sportives engagées.

Dans son propos introductif, Tania Ber-Rafaeli a rappelé l’importance du dialogue direct avec la société civile.

« Il y’a énormément de choses en commun entre les femmes, qu’elles soient d’Israël ou du Cameroun. Il y’a beaucoup de sujets sur lesquels on peut travailler ensemble. C’est une première de l’ambassade, j’espère que cela va se reproduire », a-t-elle déclaré.

L’Ambassadeur Amnon Kalmar a, pour sa part, souligné la volonté d’Israël de renforcer la coopération bilatérale sur des projets à fort impact social.

Santé et inclusion : la Trisomie 21 au cœur des préoccupations

Parmi les thématiques abordées, la santé et particulièrement la prise en charge des enfants atteints de Trisomie 21 ont suscité un vif intérêt.

« On a encore beaucoup de préjugés en ce qui concerne les pathologies rares, donc des plaidoyers au niveau de l’Etat seraient la bienvenue. Nous souhaitons un regard profond sur la personne porteuse de handicap », a plaidé Vanessa Kengne, présidente fondatrice de l’association Triso-cœur.

Agriculture et résilience : la voix de Victorine Feignwui

Autre témoignage marquant, celui d’une femme déplacée interne du fait de la crise dite anglophone, engagée dans l’agriculture. Son intervention a mis en lumière le lien étroit entre autonomisation économique et stabilité sociale.

« Ma préoccupation est liée à l’entrepreneuriat social. Ce n’est pas parce qu’on vit avec un handicap qu’il faut toujours recevoir de l’aide. Nous devons nous-en servir pour impacter la communauté. Je souhaite qu’un partenariat soit noué entre Israël et le Cameroun pour développer des stratégies d’autonomisation des femmes qui ont un statut spécial comme nous les déplacées internes et vivant avec un handicap », confie-t-elle Victorine Feignwi, fondatrice de l’association Rescue and Hopegiving.

Lutte contre les VBG : l’innovation au service de la protection

La dénonciation anonyme des violences basées sur le genre (VBG) via une application numérique a également été présentée comme initiative innovante.

« Nous venons auprès de Madame Tania Ber-Rafaeli parler de cette application que nous souhaitons développer, une application de dénonciation des violences basées sur le genre, parce que la culture du silence est telle qu’on peut être complice d’un phénomène sans savoir comment contribuer à la dénonciation de ce phénomène. Si on a des mécanismes anonymes de dénonciation, le phénomène des VBG pourrait être catalysé dans le meilleur des sens », a expliqué Gaêlle Virginie Tsague N., la promotrice, présidente de She 4 Peace Cameroon, organisation qui aide les femmes à prendre la parole pour défendre ses droits.

Sport et leadership féminin

L’encadrement des femmes dans le sport a été évoquée comme levier d’émancipation.

« C’est un début d’activités pour nous. GWES lutte contre les violences, œuvre pour le renforcement des capacités et le leadership des femmes, une vision partagée avec les femmes d’Israêl. Nous souhaitons un partage d’expériences et d’expertises pour encadrer les femmes sportives au-delà des performances, parce que derrière la compétition, il y’a des paramètres à prendre en compte pour l’épanouissement de la femme athlète », a signalé Victorine Oly Fomum, présidente de Global Women Emancipation in Sports (GWES).

Vers des partenariats concrets

Au terme des discussions, les participants ont exprimé leur volonté de traduire ces échanges en actions concrètes.

« C’est le genre de choses qu’il faut refaire et promouvoir d’autres idées également. La place de la femme dans la société de façon générale, et autour des tables de négociation pour promouvoir la paix, est quelque chose de très important pour nous », a conclu Tania Ber-Rafaeli.

Cette rencontre marque ainsi une étape dans le renforcement du dialogue entre partenaires institutionnels et société civile, avec en ligne de mire un objectif commun, faire progresser durablement les droits et l’autonomisation des femmes au Cameroun.

Judith Ndongo Ngoubè

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