Au cœur du parlement, un plaidoyer fort contre les violences basées sur le genre

Dans le cadre de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, la tenue d’une session parlementaire réunissant le caucus des femmes parlementaires, ONUFEMMES et le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, le 9 Décembre 2025, s’impose comme une initiative stratégique. Cette rencontre vise à consolider l’engagement politique et institutionnel face aux violences basées sur le genre, encore largement répandues au Cameroun

Le parlement constitue un espace privilégié de débat, de contrôle et d’élaboration des lois. La tenue d’une session parlementaire dédiée aux violences basées sur le genre permet ainsi d’inscrire cette problématique au cœur de l’agenda législatif. Le caucus des femmes parlementaires, en première ligne de ce plaidoyer, joue un rôle clé pour porter la voix des femmes et des filles victimes de violences au plus haut niveau décisionnel.

« L’objectif de cet atelier est également de faire un état des lieux sur ce qui se passe pour lutter contre ces violences. Dans le code pénal nous disposons d’un certain nombre de dispositions mais ce n’est pas encadré. Avec l’aide de Madame le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, nous avons initié un projet de loi que nous avons déposé dans une structure idoine qui s’occupe de ce genre de problème, et nous voulons saisir l’occasion de cet atelier pour savoir où est-ce qu’on en est avec ce projet de loi. Un autre aspect est également d’encourager les responsables des partis politiques de s’engager dans notre vision, parce que si nous avons 33% de femmes au parlement aujourd’hui, c’est à cause de la volonté politique des hommes politiques et cet exemple doit être suivi par les autres responsables politiques hommes qui, dans le cadre de leurs structures, doivent encourager les femmes à lutter contre ce genre de violence », précise l’honorable Laurentine Mfegue Epouse Mbede, présidente du caucus des femmes parlementaires contre les violences basées sur le genre.   

Une synergie d’acteurs au service de la protection des femmes et des filles

La participation d’ONUFEMMES Cameroun et du Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille confère à cette session une dimension à la fois technique et institutionnelle. ONUFEMMES apporte son expertise en matière de politiques sensibles au genre et d’alignement sur les engagements internationaux, tandis que le MINPROFF présente les actions gouvernementales et les défis persistants dans la prévention et la prise en charge des survivantes.

Cette synergie permet d’harmoniser les approches et de renforcer la cohérence des interventions.

« Le schéma idéal c’est 50-50, ce que nous poursuivons tous parce que c’est dans ce cadre-là que nous pourrions parler d’inclusivité et de démocratie pleine et entière avec la participation égale des hommes et des femmes. La rencontre d’aujourd’hui avec notre accompagnement permettra aussi d’adresser la question des violences dont les femmes sont victimes en politique. Ce sont des formes de violence pernicieuses, parfois invisibles, qui prennent de nouvelles formes en ligne, qui empêchent les femmes d’accéder à certaines positions de leadership parce qu’elles se sentent violentées en ligne, harcelées et c’est une question que nous devons aussi regarder en face, pour voir si nous avons des réponses appropriées pour favoriser la participation des femmes aux instances de décision », signale la représentante résidente d’ONUFEMMES au Cameroun, Marie Pierre Raky Chaupin.    

Un contexte symbolique et mobilisateur : 16 jours d’activisme

Organisée pendant la campagne des 16 jours d’activisme, la session parlementaire revêt une forte portée symbolique. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics et de leurs partenaires de transformer la mobilisation mondiale en actions concrètes et durables au niveau national.

Le bien-fondé de cette session parlementaire réside enfin dans sa capacité de déboucher sur des recommandations et des engagements concrets. Réformes législatives, renforcement des mécanismes de prévention, amélioration de la prise en charge des survivantes et allocation de ressources adéquates figurent parmi les priorités évoquées.

En réunissant parlementaires, gouvernement et partenaires techniques autour d’un même objectif, cette session a contribué à poser les bases d’une réponse plus efficace et coordonnée contre les violences basées sur le genre au Cameroun.

Judith Ndongo Ngoubè

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